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Pleins feux sur (i)elles : visibiliser le genre en traduction. Gender in the Spotlight: (In)Visibility in Translation (Sorbonne nouvelle)

Pleins feux sur (i)elles : visibiliser le genre en traduction. Gender in the Spotlight: (In)Visibility in Translation (Sorbonne nouvelle)

Publié le par Marc Escola (Source : Amanda Murphy)

Appel à contributions

Pleins feux sur (i)elles : visibiliser le genre en traduction

Gender in the Spotlight: (In)Visibility in Translation

L’épineuse notion de la visibilité et son pendant négatif, l’invisibilité, hantent depuis longtemps la traduction. Selon Kate Briggs, Helen Lowe-Porter — la traductrice de Thomas Mann vers l’anglais — décrivait sa mission traductive comme celle d’un « instrument inconnu, un outil utile pour le service qu’il fournit, occupé à déshabiller puis à rhabiller avec précaution le texte d’art littéraire afin qu’il convienne à un nouveau marché ; comme une femme de chambre » (Briggs 2018 : 36, notre traduction). Et de fait, c’est ce que déplorait déjà Lawrence Venuti en 1998, à l’encontre d’une traduction « vitre » (Kratz & Shapiro 1986), que la voix de l’auteur sacralisé serait censée traverser sans que l’on décèle qu’elle a changé de système linguistique, de culture-cible, ou même de geste écrivant. Venuti rappelle que c’est justement parce que la traduction est « stigmatisée en tant que forme d’écriture, découragée par les lois sur le droit d’auteur, minimisée au sein du monde universitaire, exploitée par les maisons d’édition et les entreprises, les États et les organisations religieuses » (Venuti 1998 : 1, notre traduction) que les traductaires doivent adopter des stratégies de visibilisation. Ces stratégies de résistance visent à contrer le projet hégémonique et homogénéisant mené par l’Occident, qui n’a fait, pendant les 25 dernières années et avec l’avènement de la traduction automatique, que devenir plus productiviste.

Dans une industrie de la traduction contemporaine où les femmes et minorités de genre représentent 78% des traductaires en activité (Gilbert : 2025), la question de la visibilité se pose à l’intersection de celle du genre. Depuis les années 1970, la traduction trouve sa place au sein des débats sur le genre, grâce notamment à des traductrices militantes féministes canadiennes telles que Barbara Godard et Lori Chamberlain. Ces dernières soulignent le caractère perçu comme secondaire et ancillaire de la traduction, supposément soumise à l’original. Dans son article phare de 1988, Chamberlain démontre notamment que les métaphores genrées, omniprésentes dans le discours portant sur la traduction (telles les “belles infidèles”), contribuent à inscrire la traduction dans un cadre patriarcal. La traduction, considérée comme féminine et dérivative, se devrait ainsi de servir un texte source masculin et autoritaire. Aujourd’hui encore, la figure de la traductrice — envisagée au sens large et incluant l’ensemble des minorités de genre — demeure discrète, et son éthique traductive est souvent régie par l’injonction à la transparence.

Dans un entretien, la poétesse québécoise Nicole Brossard évoque pourtant l’idée que l’écriture permet de « faire exister ce qui existe ». Elle engendre « du réel inédit, qui n’avait pas d’existence à l’intérieur de l’univers patriarcal ». Ainsi, « lancer sur la page quelques énoncés, prendre le risque d’affirmer quelque chose qui n’avait pas droit de cité, bousculait, à mon sens, la loi » (Karim Larose et Rosalie Lessard : 2012). La traduction peut être directement liée à cette idée, en tant que pratique qui, par définition, fait exister dans la langue d’arrivée quelque chose qui n’existait pas dans la langue de départ. Cependant, tout ne trouve pas le droit d’exister à tout moment dans toutes les langues : les écritures du matrimoine ont été et continuent d’être négligées par le canon littéraire. Comme la traductologie nous le montre, les langages de l’inclusivité se développent différemment selon les langues, tandis que certains textes d’autrices tardent à voir le jour, et que d’autres sont sujets à des suppressions ou altérations ne donnant pas toujours au public cible les moyens de pleinement percevoir les enjeux du texte source.

Le tournant représenté par le féminisme canadien des années 1970 donne lieu à une nouvelle conception de la traduction, sous-tendue par des travaux théoriques comme ceux de Luise von Flotow et de Sherry Simon, ainsi que des pratiques féministes de traductrices telles que Barbara Godard et Susanne de Lotbinière-Harwood. La traduction y est désormais envisagée comme geste symbolique et politique qui met en avant et exploite le pouvoir performatif du langage. Réciproquement, on peut dire que les discours féministes et queer sont traduction. Comme l’explique Godard, la traduction est un élan vers l'altérité ; elle est « mouvance et pluralité » (Lamy, 1979 dans Godard, 1989). « Je suis une traduction », écrira Lotbinière-Harwood (1989), qui dans son ouvrage Re-Belle et Infidèle/The Body Bilingual (1991) expose ses pratiques traductives hétérodoxes. Par exemple, écrire « amante » et le traduire par « lovher » (Barbara Godard, 1986), ou encore écrire « auteure » et le traduire par « auther » (de Lotbinière-Harwood 1995) sont des gestes créatifs s’inscrivant dans une démarche de développement d’un véritable lexique. Il s’agit de rendre visible et dicible l’expérience des femmes et de toute autre minorité de genre, là où les langues et leur historicité tendent à les invisibiliser.

Plus de 50 ans après le numéro “Femme et langage” de la revue littéraire d’avant-garde La barre du jour (1975), nous ne pouvons donc que saluer la tenue de colloques internationaux tels que « Les mots du genre » en partenariat avec le très pertinent Dictionnaire du genre en traduction, ou « L’émancipation par la traduction ? Trajectoires féminines en Europe centrale et orientale », ainsi que de publications telles que Gender and Translation: Understanding Agents in Transnational Reception (2018), le Routledge Handbook of Translation, Feminism and Gender (2020) ou encore la traduction française de l’ouvrage fondateur de Sherry Simon : Le Genre en traduction. Identité culturelle et politiques de transmission (2023). Citons enfin l’émergence du groupe de recherche Feminist Translation Network à l’université de Birmingham, ou la création de la revue Feminist Translation Studies en 2024.

Le colloque Plein feu sur (i)elles : visibiliser le genre en traduction aura lieu du 22 au 23 octobre 2026 à la Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle (4, rue des Irlandais 75005 Paris, Salle Athéna). Il s’inscrit dans une lignée de recherche féministe cherchant à remettre au centre de la scène les voix de praticiennes et de chercheuses. Cet évènement est organisé en collaboration avec le laboratoire PRISMES et le groupe de recherche TRACT (Université Sorbonne Nouvelle), le laboratoire IMAGER (Université Paris-Est Créteil) et l’université d’Oxford Brookes. Il s’inscrit dans le programme de recherche HERMES « Les écritures du matrimoine à l’ère du numérique : (re)découverte, découvrabilité et reconnaissance » de la Sorbonne Nouvelle et a le soutien de l’Institut du Genre. 

Le colloque sera ouvert par nos deux premières conférencières, Luise von Flotow (University of Ottawa) et Charlotte Bosseaux (University of Edinburgh).

Axes de réflexion :

On pourra, dans le cadre des contributions, s’interroger sur de nombreux aspects de la visibilité des traductrices, et sur les processus de visibilisation et d’agentivité qui s’offrent à elles.

Inclusion et visibilité : Quelles stratégies pratiques, granulaires, professionnelles ou artistiques permettent la visibilisation des femmes et autres minorités de genre dans les travaux de traduction féministe ? Quelles sont les spécificités des traductions littéralement visibles, quoique pas toujours visibilisées, comme la traduction en langue des signes, la traduction audiovisuelle, ou les formes d’interprétation performées et incarnées ? En quoi les jeux sur les contraintes formelles (écriture inclusive, néologismes, subversion des normes typographiques, etc.) peuvent-ils constituer autant de gestes de résistance féministe et/ou queer ? Quelle influence peut avoir la traduction dans la résistance politique, à l’intersection des questions féministes, queer, postcoloniales et éco-critiques ? Comment pratiquer, penser, enseigner la traduction au prisme du genre, dans un rôle de passeuse interculturelle ? Quelle est la place aujourd’hui de pratiques interventionnistes telles que le « hijacking » (von Flotow 1991), par exemple dans le cas de femmes traduisant des hommes ? La correction elle-même peut-elle contribuer à invisibiliser le sexisme du texte source de façon contre-productive (Zoberman 2014) ?

La traductrice dans le monde professionnel : Comment les femmes et autres minorités de genre se voient-elles représentées dans les métiers de la traduction et le monde de l’édition aujourd’hui ? Dans quelle mesure sont-elles agentes de leur propre stratégie de visibilité lors de traductions commissionnées par un·e client·e ou un·e éditeur·rice? Quel rôle jouent les instances de légitimation (prix, jurys, collections, festivals...) dans   la reconnaissance ou, au contraire, l’invisibilisation des traductrices et de leurs choix de traduction ? Quid de l’interprétation et de l’audiovisuel, où le travail de la traductrice est littéralement visible et audible ? Sans oublier l’impact que peut avoir la généralisation de la traduction automatique et de la post-édition, et plus récemment de l’intelligence artificielle avec son lot de biais genrés, sur les conditions de travail, la visibilité et la reconnaissance des traductrices.

Nouveaux enjeux de visibilisation des traductrices : Quels sont les nouveaux lieux, acteurs, formats et procédés de visibilisation de la traductrice aujourd’hui ? Quels rôles jouent la collaboration, les tiers-lieux, les nouveaux outils de cette visibilité et de ces échanges ? On pourra réfléchir, par exemple, à la multiplication des collectifs de traduction indépendants et engagés, tels que UnderCommons ou Cases Rebelles. On pourra aussi s’intéresser à la multiplication de mémoires de traduction sur la scène littéraire, tel A Ghost in the Throat de Doireann Ní Ghríofa, ou encore à l’utilisation des réseaux sociaux pour visibiliser le processus traductif, comme l’a fait Emily Wilson sur Twitter tout au long de sa traduction de l’Odyssée et de l’Iliade. On pourra également s’interroger sur le rôle des paratextes (préfaces, postfaces, notes de bas de page, quatrièmes de couverture, entretiens, etc.), et sur la façon dont les maisons d’édition, rééditions et nouveaux supports numériques (bibliothèques, corpus en ligne…) redéfinissent la place accordée à la traductrice dans ces espaces.

La traductrice-créatrice : Comment mettre en valeur le rôle actif de création qu’opère la traductrice ? En quoi cette dimension créatrice peut-elle contribuer à rendre la traductrice plus audible ? On pourra notamment s’interroger sur les pratiques d’auto-(re)traduction, ainsi que sur les formes de traduction performative et incarnée (lectures, performances scéniques, surtitrage en direct, etc.), où le corps et la voix de la traductrice deviennent partie intégrante du geste créateur. On pourra également explorer les apports de la recherche-création ou de la transcréation, ainsi que le rôle des outils de conservation (anciens et nouveaux) des archives de traductrices dans la préservation et mise en lumière de leurs processus créatifs.

Cartographies et réceptions de la traduction féministe : Comment les pratiques de traduction féministe et queer se déploient-elles dans des contextes non occidentaux et/ou dans des langues minorisées ? Quels récits critiques, médiatiques, universitaires ou militants se construisent autour de ces traductions ? On pourra par exemple explorer dans quelle mesure les circulations transnationales des traductions féminines et féministes (particulièrement sud–sud et sud–nord) redessinent les hiérarchies entre langues et aires culturelles. On pourra également s’interroger sur la façon dont les attentes et les goûts des différents publics contribuent à orienter, encourager ou au contraire freiner certaines pratiques traductives féministes ou interventionnistes dans différents contextes culturels.

Le colloque Plein feu sur (i)elles : visibiliser le genre en traduction accueillera des présentations et intervenant·e·s variées. Nous acceptons des propositions de communications de recherche (20 minutes environ), en anglais ou en français, mais aussi des propositions hétérodoxes comme, entre autres, des témoignages de praticien·ne·s en traduction, en édition ou au sein de collectifs transcréatifs ; des lectures performatives de traduction ; des propositions de table-rondes ; des ateliers sur les pratiques de féminisation ou de queerisation de la langue, sur la traduction et la diffusion numérique de matrimoines, etc.

Les propositions de 300 mots et les courtes bio-bibliographies correspondantes seront envoyées avant le 1er mars 2026 aux trois organisatrices, Pauline Jaccon, Enora Lessinger et Amanda Murphy, à l’adresse suivante colloquegenretraduction@gmail.com. Les propositions peuvent être rédigées en anglais ou en français.

Call for Papers

Gender in the Spotlight: (In)Visibility in Translation

Plein feu sur (i)elles : visibiliser le genre en traduction

The complex question of visibility and its counterpart, invisibility, has troubled the study and practice of translation for a long time. According to Kate Briggs, Thomas Mann’s English translator Helen Lowe-Porter described her own task as that of an “an unknown instrument: a tool to be used, a service provider, engaged in undressing and carefully redressing the literary work of art for the purposes of a new market … Like a lady’s maid” (Briggs 2018: 36). This fantasy of invisibility, whereby the voice of the sanctified author would be expected to pass through a translational “glasspane” (Kratz & Shapiro 1986) into a new language without the reader becoming aware that the text has been transformed through linguistic, cultural and stylistic shifts, is a phenomenon that Venuti already rose against in 1998. Venuti reminds us that if translators must adopt strategies of visibility, it is precisely because translation is “stigmatized as a form of writing, discouraged by copyright law, depreciated by the academy, exploited by publishers and corporations, governments and religious organisations” (Venuti 1998: 1). These strategies of resistance aim to counter the homogenising and hegemonic project of the West, which has only grown more productivist in the past 25 years with the advent of machine translation.

In today’s translation industry, where women and other gender minorities account for 78% of practising translators (Gilbert 2025), the question of visibility directly intersects with that of gender. Since the 1970s, translation has found its place in gender debates, for example through the works of feminist activist translators such as Barbara Godard and Lori Chamberlain. These translators have highlighted the perceived secondary and ancillary status of translation, supposedly subordinate to the original. In her seminal 1988 article, Chamberlain demonstrates that gendered metaphors – such as the so-called “belles infidèles” – are pervasive in translation-related discourse, and contribute to anchoring translation within a patriarchal framework. Translation, construed as feminine and derivative, is then expected to serve a masculine, authoritative source text. The figure of the translator, The figure of the translator, and especially a translator belonging to a gender minority, remains discreet even today, and translational ethics is often governed by the pressure to be “transparent”.

In an interview, the Québecoise poet Nicole Brossard touches on the idea that writing allows one “to bring into existence what already exists”. Writing generates “a new kind of reality, one that had no existence within the patriarchal universe”. Thus, “casting a few sentences onto the page, taking the risk of asserting something that had no right to exist, was, in my view, a way of disturbing the law” (Karim Larose and Rosalie Lessard 2012, our translation). This statement largely applies to translation too, as a practice that literally brings into existence something that did not previously exist in the target language. However, not every text is granted the right to exist at any given time in every language: many works by women and gender minorities have been and are still neglected by the literary canon. As demonstrated by Translation Studies, languages of inclusivity develop differently across languages, while some texts written by women take longer to emerge, or undergo suppressions and alterations that fail to give the target audience the means to fully grasp the source text in all its complexity.

The shift brought about by Canadian feminism in the 1970s introduced a new conception of translation, underpinned by theoretical works such as that of Luise von Flotow and Sherry Simon, as well as feminist practices by translators like Barbara Godard and Susanne de Lotbinière-Harwood. Translation was then redefined as a symbolic and political gesture foregrounding and making use of the performative power of language. Conversely, feminist and queer discourses are arguably translations in and of themselves: in Godard’s words, translation is an impetus towards the other; it is both “movement and plurality”. “I am a translation,” wrote de Lotbinière-Harwood (1989) in Re-Belle et Infidèle/The Body Bilingual (1991), where she analyses her own dissident translational practices, such as writing “amante” and translating it as “lovher” or translating “auteure” as “auther”, a creative gesture that contributes to building a visibly gendered vocabulary. These practices aim to give a voice and visibility to the experiences of women and all other gender minorities, when languages and their histories tend to erase them.

More than 50 years after the special issue “Femme et langage” of the avant-garde journal La barre du jour (1975), we can only welcome the organisation of international conferences such as “Les mots du genre”, in partnership with the World Gender IRN, or “L’émancipation par la traduction? Trajectoires féminines en Europe centrale et orientale”, as well as publications such as Gender and Translation: Understanding Agents in Transnational Reception (2018), the Routledge Handbook of Translation, Feminism and Gender (2020), and the recent translation into French of Sherry Simon’s foundational Gender in Translation (2023). Equally encouraging are the creation of the Feminist Translation Network at the University of Birmingham and the Feminist Translation Studies journal in 2024.


The conference Gender in the Spotlight: (In)Visibility in Translation, to be held on 22–23 October 2026, is part of this lineage of feminist research aiming to (re)centre translation around the voices of women and queer practitioners and scholars, and more generally to give more visibility to gender minorities. This event is supported by PRISMES and TRACT at the Sorbonne Nouvelle University, IMAGER at Paris-Est Créteil University and Oxford Brookes University. It is part of the HERMES research programme “Les écritures du matrimoine à l’ère du numérique: (re)découverte, découvrabilité et reconnaissance” at the Sorbonne Nouvelle and has the support of the Institut du Genre. 

The conference will feature two keynote presentations by Luise von Flotow (University of Ottawa) and Charlotte Bosseaux (University of Edinburgh).


Possible themes and topics:

Inclusion and visibility

Participants may wish to explore the many aspects of the visibility, visibilisation and empowerment of translators belonging to gender minorities. What practical, professional or artistic strategies enable the visibility of women and other gender minorities in feminist translation practices? What specificities emerge for translations that are literally visible, though not always visibilised, such as sign language translation, audiovisual translation, or any form of performed and corporeal interpretation? How can formal innovation (inclusive writing, neologisms, subversion of typographical norms, etc.) be a feminist and/or queer act of resistance? How can translation influence political resistance at the intersection of feminist, queer, postcolonial, and ecocritical concerns? How can translation be practised, conceptualised, and taught through a gendered lens? How much scope is there today for interventionist practices such as “hijacking” (von Flotow 1991) – for instance in the case of women translating men? Might interventionism itself contribute to the counter-productive invisibilisation of sexism in the source text (Zoberman 2014)?

Translation as a professional practice

How are women and gender minorities represented in translation and publishing industries today? To what extent do they act as agents of their own strategies of visibility when working on translations commissioned by clients or publishers? What role do official and awarding bodies such as juries or festivals play in either recognising or invisibilising translators and their translational choices? What about interpreting and audiovisual translation, where the translator’s work is literally visible and audible? Also crucial to consider is the impact of machine translation, post-editing, and more recently artificial intelligence with its well-documented gendered biases, on translators’ working conditions, visibility, and recognition.

New forms of visibilisation

What are the new sites, actors, formats and processes impacting translators’ visibility today? What, in particular, is the role of collaboration, marginal and collective spaces, and new digital tools in this work of visibilisation? Participants might want to examine the rise of independent translation collectives (such as UnderCommons or Cases Rebelles); the emergence of translation memoirs (among many others, Doireann Ní Ghríofa’s A Ghost in the Throat); or the use of social media to make one’s translational process more visible, as Emily Wilson did on Twitter during her translation of The Odyssey and The Iliad. Papers addressing the question of paratexts (prefaces, afterwords, notes, book-jackets…) are also welcome, as well as those exploring how publishers are redefining the translator’s place within these spaces, and how new digital platforms can develop the visibilisation of their work (online corpus, online libraries…).

Feminist translation as creation

Recognising the translator’s active agency and creativity is equally central to making the translator more visible and her voice more audible. Participants may want to explore self-(re)translation, performative and embodied forms of translation (readings, stage performances, live surtitling…), in which body and voice become integral to the creative gesture; the contributions of practice-based research and transcreation; or the role of archives and conservation tools in bringing to light creative processes often rendered invisible.

Reception and transnational mapping

How do feminist and queer translation practices unfold in non-Western contexts and/or in minority languages? What narratives emerge among critics, activists or in the media around these translations? Contributors may examine how transnational circulations – particularly south–south and south–north – reshape linguistic and cultural hierarchies, or how audience expectations and tastes shape or hinder feminist or interventionist translation practices across cultural contexts.


Guidelines for submission

The conference Gender in the Spotlight: (In)Visibility in Translation will take place on 22–23 October 2026 at the Maison de la Recherche of the Sorbonne Nouvelle (4, rue des Irlandais 75005 Paris, Salle Athéna) and aims to welcome a wide range of presentations and speakers. We accept 20-minute research papers (in English or French), as well as less traditional forms of contributions such as practitioner testimonies, performative readings, roundtables, workshops, etc.

Abstracts (300 words) and short bios should be sent before 1 March 2026 to colloquegenretraduction@gmail.com, in English or in French.


Comité d’organisatrices/Organizing Committee:

Pauline Jaccon (Maîtresse de conférences, IMAGER, LanguEnact, Université Paris-Est Créteil)
Enora Lessinger (Senior Lecturer, Oxford Brookes University, CIOL) 
Amanda Murphy (Maîtresse de conférences, PRISMES, TRACT, Université Sorbonne Nouvelle)

Comité scientifique/Scientific Committee:

Charles Bonnot, Université Sorbonne Nouvelle
Olga Castro, Universitat Autònoma de Barcelona & University of Warwick
Audrey Coussy, McGill University
Amélie Florenchie, Université Bordeaux-Montaigne
Anne-Isabelle François, Université Sorbonne Nouvelle
Hepzibah Israel, University of Edinburgh
Julie Loison-Charles, Université Sorbonne Nouvelle
Jean-Charles Meunier, Université Paris-Est Créteil
Lily Robert-Foley, Université de Montpellier
Sara Ramos Pinto, University of Leeds
Sara Salmi, ESIT Paris
María Laura Spoturno, Universidad Nacional de La Plata & Oxford Brookes University 


Bibliographie indicative/Bibliography:

Álvarez Sánchez, P. (Ed.). (2022). Traducción literaria y género: estrategias y prácticas de visibilización, Editorial Comares, Universidad de Alcalá

Arrojo, Rosemary (1993). "A Tradução Passada a Limpo e a Visibilidade do Tradutor," Tradução, Desconstrução e Psicanálise. Rio de Janeiro, Ática, pp. 71-89

Arrojo, Rosemary (1994) “Fidelity and the gendered translation”. TTR, 7(2), 147–163

Bosseaux, Charlotte et Lee Ling (dir.) (2023) Surviving Translation, A Multilingual Documentary, University of Edinburgh. https://ethicaltranslation.llc.ed.ac.uk/full-online-versions/

Bosseaux, Charlotte (2025) ‘Surviving Translation: why we need feminist ethics in translation research and practice’, Feminist Translation Studies, 2(1), pp. 91–98. doi: 10.1080/29940443.2025.2561561.

Briggs, Kate (2018). This Little Art, Fitzcarraldo Editions: London.

Castro, Olga, & Ergun, Emek (Eds.) (2017). Feminist Translation Studies: Local and Transnational Perspectives, Routledge.

Castro, Olga, Ergun, Emek, von Flotow, Luise, & Spoturno, María Laura (2020). Towards transnational feminist translation studies. Mutatis Mutandis. Revista Latinoamericana de Traducción, 13(1), 2–10. https://doi.org/10.17533/udea.mut.v13n1a01.

Chamberlain, Lois (2018). “Gender and the Metaphorics of Translation”. In Rethinking Translation (pp. 57-74), Routledge.

DeLisle, Jean (2022). Portraits de traductrices, Ottawa, coll. « Regards sur la traduction », Les Presses de l'Université d'Ottawa.

Dictionnaire du genre de la traduction. (n.d.). World Gender [CNRS]. https://worldgender.cnrs.fr/.

von Flotow, Luise (1991). Feminist translation: Contexts, practices, and theories. TTR: Traduction, terminologie, rédaction, 4(2), 69-84. https://doi.org/10.7202/037094ar.

von Flotow, Luise, & Kamal, Hala (Eds.). (2021). The Routledge handbook of translation, feminism and gender, Routledge.

Gilbert, Marion (2025). Analyse de l’enquête sur les conditions de travail en traduction d’édition de l’ATLF, www.atlf.org.

Godard, Barbara (1989). “Theorizing feminist discourse/translation”, Tessera, 6, pp. 42-53.

 Hildalgo, Marian Panchón (2026). “(In)visibilised women translators: recovery through the use of archives”, Parallèles, issue 38:1 (à paraître).

hooks, bell (1990). Yearning, South End Press.

hooks, bell (1994). Teaching to Transgress: Education as the Practice of Freedom, Routledge.

Kratz, Dennis (1986). “An Interview with Norman Shapiro,” Translation Review 19: pp. 27–28.

Larose, Karim, & Lessard, Rosalie (2012). Entretien avec Nicole Brossard, Voix et Images, 37(3), pp. 13-29. https://doi.org/10.7202/1011281ar.

López Isis Herrero, Alvstad Cecilia, Akujärvi Johanna et Lindtner Synnøve Skarsbø (Eds) (2018), Gender and Translation: Understanding Agents in Transnational Reception, Montréal : Vita Traductiva.

Lotbinière-Harwood, Susanne de (1991). Re-belle et infidèle / The body bilingual: Translation as a rewriting in the feminine, Women’s Press.

Robert-Foley, Lily (2018). “Vers une traduction queere”, Revue Trans- [En ligne], https://journals.openedition.org/trans/1864.

Simon, Sherry (2023). Le Genre en traduction. Identité culturelle et politiques de transmission, trad. par Corinne Oster, Artois, Artois, Presses Université.

Spivak, Gayatri Chakravorty (2008). Outside in the Teaching Machine, Routledge.

Venuti, Lawrence (1998). The Translator’s Invisibility: A History of Translation, 2nd Edition, Routledge : New York.

Waquil, Marina Leivas (2025). Traducción literaria y género: estrategias y prácticas de visibilización: édité par Patricia Álvarez Sánchez, Albolote, Spain, Editorial Comares, 2022, Feminist Translation Studies, 2(1), pp. 99–101.

Zoberman, Pierre (2014). "“Homme” peut-il vouloir dire “Femme”? Gender and Translation in Seventeenth-Century French Moral Literature." comparative literature studies 51.2: 231-252.