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La « femmelette », figure d’une masculinité en crise ? Littérature, arts et effémination, 1750-1950 (ENS Lyon)

La « femmelette », figure d’une masculinité en crise ? Littérature, arts et effémination, 1750-1950 (ENS Lyon)

Publié le par Marc Escola (Source : Nicolas Duriau)

Journée d'étude, ENS de Lyon, 22 juin 2026

La « femmelette », figure d’une masculinité en crise ? Littérature, arts et effémination (1750-1950)

dir. Camille Islert, Nicolas Duriau et Raphaëlle Brin

Appel à communications (date de réception des propositions : 1er avril 2026)

« Votre Lucien est un homme de poésie et non un poète, il rêve et ne pense pas, il s’agite et ne crée pas. Enfin c’est, permettez-moi de le dire, une femmelette qui aime à paraître, le vice principal des Français ». Ces mots que tient Daniel d’Arthez, type de l’écrivain de génie, à propos de Lucien de Rubempré, journaliste raté, dans Illusions perdues (Balzac 1837-1843), résument à eux seuls l’imaginaire misogyne qu’incarne la « femmelette ». L’homme ainsi désigné ne pense pas mais il sent, il paraît mais il n’agit pas. Cette passivité caractéristique est des plus explicites sous la plume des lexicographes : si l’expression réfère péjorativement, au sens premier, à « une femme d’un esprit très simple et très borné » (Académie 1762), elle s’emploie figurément, à partir de la fin du XVIIIe siècle, pour railler « un homme faible, sans énergie » (ibid. 1835) ; un « homme, sans énergie, mou, efféminé [...] qui a les goûts d’une petite maîtresse » (Larousse 1872) ; un « homme qui a des manières féminines. C’est une vraie femmelette, comment supportera-t-il les fatigues de la guerre s’il est appelé à l’armée ? » (Littré 1874). Aussi tous les dictionnaires du XIXe siècle s’accordent-ils sur une même définition du terme : pour un homme, être une « femmelette » c’est manquer à son intégrité physique et morale en obéissant aux codes (apparence, habitudes, caractère) qui régissent la conduite du sexe opposé. Plutôt qu’à un individu particulier – l’homme efféminé –, le mot renvoie donc à un système de « valence différentielle » (Héritier 1996) déterminant deux modes d’existence entre les hommes et les femmes. Incompréhensible indépendamment des représentations sexuées et sexistes qui président à son usage, la « femmelette » invite à plusieurs questionnements : 

  • Que dit-elle de l’idéologie de la différence et de la hiérarchie des sexes (et que fait-elle à ces représentations) dans un état de société donné ?
  • Quel rôle la littérature, parmi d’autres formes artistiques (comme la danse, la musique ou la peinture), joue-t-elle dans la construction de cette figure ?
  • Dans quelle mesure les catégories de genre, et la crainte d’une effémination du masculin, structurent-elles l’imaginaire de la création littéraire elle-même (comme Balzac semble l’exprimer au sujet de Lucien) ?

Du début des années 1750, marqué par les premières réflexions de Rousseau sur l’« amollissement » de l’homme à l’état social (Discours sur les sciences et les arts), à l’entre-deux-guerres, qui voit le succès de « la garçonne » renverser la problématique (Bard 2021), cette journée d’étude se donne pour objectif d’explorer la construction d’un « discours de crise de la masculinité » (Dupuis-Déri 2012, 2017) – l’effémination du Mâle – dans et par la littérature. Par « discours de crise de la masculinité », il faut entendre, avec Francis Dupuis-Déri, l’idée selon laquelle, parce que « les hommes ne seraient plus des hommes, des “vrais” », ceux-ci doivent « réaffirmer [leur] supériorité et consolider leur pouvoir et leurs privilèges à l’égard des femmes » (ibid.). En examinant la façon dont un personnage-type faillit à incarner la virilité, cet « idéal de puissance et de vertu, assurance et maturation, certitude et domination » (Corbin, Courtine et Vigarello 2011), nous nous proposons, plus largement, d’aborder l’effémination comme un « fléau social » construit par le genre (entendu comme « principe de différenciation qui participe à la construction des rôles sexués et qui les organise dans un rapport de pouvoir », Zanone 2018). Quand, comment et pourquoi la littérature participe-t-elle à produire, refléter ou véhiculer cette peur d’un affaiblissement ou d’un avilissement du sexe fort : telles sont les interrogations qui guident ce projet au croisement des études littéraires, d’une part ; des gender et masculinity studies (voir Carrigan, Connell et Lee 1985 ; Connell 1995), d’autre part.

« Partie prenante d’un travail des représentations où se produisent (se manifestent et se fabriquent) les conflits relatifs aux normes de sexe et aux effets de pouvoir qui s’y attachent » (Lotterie 2016), la littérature constitue un terrain privilégié pour explorer les attentes, les doutes et les désillusions qui pèsent sur la masculinité dans un contexte sociohistorique déterminé. Bien avant La Comédie humaine, la production littéraire de la seconde moitié du XVIIIe siècle en donne un excellent exemple. En 1787, dans Le Paysan et la paysanne pervertis, Restif de la Bretonne décrit Edmond Rameau, l’anti-héros du roman, comme « une pauvre femmelette » : que ce jeune apprenti ait renoncé à devenir peintre – comme Lucien renoncera à devenir écrivain – pour préférer les jouissances d’une vie facile (les femmes, l’argent) lui vaut le qualificatif d’« efféminé ». Quinze ans plus tard, Mercier fait entrer les mots « effémination » et « efféminiseur » dans sa Néologie, ou Vocabulaire de mots nouveaux (1801). Et l’auteur d’illustrer : « Tous ces prétendus Anacréons qui ne chantent que la paresse et la volupté, ne sont-ils pas nos Efféminiseurs ? » Ces craintes à l’idée d’un déclin des valeurs masculines (force, bravoure, tempérance, parmi d’autres) s’inscrivent notamment dans l’héritage d’une philosophie rousseauiste, associant la « mollesse » au progrès des sciences, des arts et des lettres, qui pousserait les hommes à l’oisiveté (Challandes 2011 ; Martin 2013). Comme Geneviève Fraisse l’a montré dans Muses de la raison. La démocratie exclusive et la différence des sexes (1989), les physiologues et les moralistes du XIXe siècle se souviennent de cette association, qu’ils cherchent à combattre, en élevant le travail au rang de vertu masculine. 

Certes, ce discours de crise et les présupposés qui le sous-tendent ne sont pas neufs et nous pourrions remonter à l’Antiquité gréco-latine pour montrer que la construction des catégories sexuées masculin (actif) / féminin (passif) a aussitôt induit l’angoisse existentielle d’une contamination de la première par la seconde (Boehringer et Sebillotte Cuchet 2011, 2015). L’adjectif latin mollis (mou, faible), apparenté par Isidore de Séville au même radical que mulier (femme), pour faire référence à un homme « efféminé » en témoigne (Polo de Beauliau 1999). Le XVIIe siècle fait d’ailleurs la part belle à cette expression : « Mol. Se dit fréquemment, en choses morales, de ce qui est flasque et sans vigueur, tant à l’égard du corps que de l’esprit. C’est un homme mol et efféminé, qui n’est pas capable de grande fatigue, qui n’a point de cœur ni de fermeté » (Furetière 1690). Mais les Lumières constituent un point de départ particulier : leur rationalisme n’a-t-il pas participé a pétrifier les rôles homme / femme dans un dimorphisme sexuel à l’origine du discours qui nous intéresse ? Les travaux de Michel Foucault (1974), puis de Thomas W. Laqueur (1990) ont décrit comment l’avènement de la bourgeoisie moderne, et sa volonté de contrôler la reproduction des individus – au sens économique et sexuel –, a non seulement conduit à la naturalisation des sexes, mais aussi à la pathologisation des identités troubles : il en va ainsi de la « femmelette ». En situant la réflexion dans l’intervalle des années 1750-1950, nous nous proposons de faire dialoguer la littérature avec l’histoire de l’effémination telle qu’elle s’est affirmée sous la plume des philosophes, des juristes et des médecins depuis la fin de l’Ancien Régime. 

Synonyme d’altération physique et morale, l’effémination s’affirme également comme un jugement esthétique. Ainsi, tout au long de la période étudiée, l'adjectif « efféminé » ne qualifie pas seulement des individus, mais aussi des productions littéraires, des manières d’écrire, de parler, voire la langue elle-même (Pavy-Guilbert 2023 ; Nancy 2025). Rappelons encore Rousseau, qui parle des romans comme de « ces livres efféminés qui respir[ent] l’amour et la mollesse » (1782). Cet emploi révèle à la fois les frontières du genre et du bon / mauvais goût dans un parallélisme bien connu, celui du « genre des genres » (Planté 1989, 2002) : aux hommes la production des genres nobles ; aux femmes celle des genres bâtards, comme le roman. Avant que les romanciers réalistes (Stendhal, Balzac) ne la virilisent par le sérieux de leur projet (écrire l’histoire des mœurs), l’écriture romanesque soumet l’homme qui s’y adonne à la menace d’un double efféminement : de son style, d’abord – le roman échappant à toute règle poétique – ; de sa raison, ensuite – le roman s’apparentant à la peinture des sentiments (Cohen 2002). Dans Portrait de l’artiste en fille de joie. La littérature publique (2016), Éléonore Reverzy a montré comment cette inquiétude envers une littérature efféminisante tend à se généraliser au XIXe siècle : publier en régime industriel, soit se vendre au plus grand nombre, n’est-ce pas toujours condescendre au rôle de « femme publique » ? « Effémination, énervement, perte d’une énergie qui pourrait être mieux employée » (ibid.) : ces accusations se font de plus en plus courantes à l’encontre des écrivains-prostituées (bien souvent journalistes) qui cherchent à faire feu de tout bois. 

L’avènement du paradigme romantique, et ce dès les premières décennies du siècle, s’accompagne de critiques dont le fil d’Ariane repose sur la crainte d’un infléchissement féminin du genre poétique, phénomène qui se renforce après 1850 et se systématise autour de 1900 (Islert 2025). Si Proudhon surnomme déjà « les grandes figures romantiques » des « femmelins » (1858), la période de Crise des valeurs symbolistes (Décaudin 1960) coïncide avec un durcissement remarquable de cette dénonciation : la génération de 1830, avec son « impressionnabilité infinie », est volontiers tenue pour responsable d’avoir « effémin[é]» les « âmes et les esprits français » (Maurras 1903). Le développement conjoint de la critique littéraire nationaliste et des théories antiféministes concourent à associer les influences étrangères et l’augmentation de la présence féminine dans les lettres à une supposée « dégénérescence littéraire » (De Castellane 1895), elle-même présentée comme l’équivalent d’un « total abandon à l’esprit féminin » (Lasserre 1907). Plus généralement, la question de l’effémination et de la revirilisation de la poésie accompagne tous les débats esthétiques qui jalonnent le siècle : pensons à Leconte de Lisle qui, en pleine ascension du Parnasse, évoque « la langue molle, efféminée et incorrecte » de Lamartine (1864). Étudier l’effémination à travers la littérature impose d’aborder la manière dont la littérature participe, en tant que système de catégorisation (des œuvres, des auteur·trices, des mouvements), à la distinction masculin / féminin et au fantasme de leur confusion permanente. 

Dans Crise de l’identité masculine, 1789-1914, André Rauch (2001) a posé des balises utiles pour contextualiser les œuvres qui retiendront notre attention. Disparition des repères politiques, triomphe d’une nouvelle classe sociale, développement de l’industrie lourde, défaite militaire de la France, émergence des mouvements féministes : autant d’éléments qui, de la seconde moitié du XVIIIe siècle à l’entre-deux-guerres, favorisent l’expression d’« une crise identitaire masculine » dont le rejet du féminin est symptomatique. Pour exorciser cette peur, s’instituent de nouveaux rites (gymnastique, service militaire, visite médicale, etc.) amenant les hommes, dès l’adolescence, à s’affirmer comme tels : « Qui est le plus fort est le plus homme ; qui est chétif et malingre [...] porte là un vice d’origine qui le fera railler et souffrir toute sa vie : il ne sera pas un homme » (Sohn 2009). Condamné à l’instabilité depuis la Révolution (Astbury, 2004 ; Maira et Roulin 2013), qui correspond à « un moment d’ajustement, de renégociation et de correction du masculin » (ibid.), le XIXe siècle est hanté par ce « vice d'origine » : l’homme efféminé n’est-il pas le signe d’un système qui dysfonctionne ? À la fois cause et effet d’un « mythe », le « viriarcat » (compris comme « le pouvoir des hommes sur les femmes », Mathieu 1985, Gazalé 2017), soutenu par l’État-nation, cette figure cristallise les anxiétés sociales, économiques et politiques  des contemporains.

Ainsi, Proudhon, dans La Pornocratie, ou Les Femmes dans les Temps Modernes (1875), dénonce cette « effémination sociale » dans laquelle la France se serait vautrée depuis l’essor du libéralisme. « Enfiévrée [...] de dilettantisme, d’industrialisme, de bancocratie, de plat jacobinisme[ : à] mesure qu’elle a marché dans sa dépravation, ses qualités viriles ont faibli. Aujourd’hui, c’est une prostituée ». Même constat chez Barbey d’Aurevilly qui, en 1878, dans son essai Les Bas-bleus, s’alarme de l’avènement d’un « hermaphrodisme social », degré « d’effémination suprême, qui précède la disparition d’un peuple ». Nous lisons à travers ces deux exemples combien la question du rôle social – et littéraire – des femmes se trouve au cœur des inquiétudes qui rejaillissent sur l’homme « efféminé ». Il revient alors au « bon » citoyen d’incarner ou de « performer » (Butler 1990, 1993) cet idéal de force, de travail, de philosophie, en s’affirmant contre un certain « esprit féminin », poison pour les « intelligences d’hommes » (Lasserre 1907), modèle comportemental auquel la « femmelette » déroge. 

Il s’agit donc d’étudier l’effémination et ses figures dans ce qu’elles témoignent du genre en tant qu’« agencement unique et particulier de rapport de sexes dans un contexte historique, documentaire et relationnel spécifique » (Lett 2012). « Hommes-femmes » (Coyer 1754), « femmelins » (Proudhon 1858), « hommes-filles » (Maupassant 1883) et autres « femmelettes » : qu’est-ce que ces personnages représentent dans la littérature et par-delà ? En quoi dépendent-ils d’une tradition esthétique, d’une part ; d’une histoire sociale et politique, d’autre part ? Sont-ils nécessairement caractérisés par d’autres formes de « déviances sexuelles » auxquelles l’efféminement est communément associé – homosexualité (Revenin 2005 ; Pastorello 2011 ; Jaouen 2018), androgynie (Monneyron 1994, 1996), prostitution (Duriau 2025) ou travestissement (Steinberg 2001 ; Bard 2010) ? Ne fonctionnent-ils pas comme autant d’alter ego de l’écrivain, comme Lucien de Rubempré, trahissant le statut ambigu de l’artiste tiraillé entre son travail de création – sa part masculine (agir) – et sa publicisation – sa part féminine (paraître) ? Ne révèlent-ils pas également la division sexuée du champ littéraire et artistique, qui prête aux hommes des pratiques (genres, thèmes, styles) différentes de celles des femmes-auteurs ? Participent-ils finalement à remettre en question l’ordre des sexes ou bien, au contraire, à réaffirmer la supériorité des uns sur les autres ? Comme le rappelle Rousseau dans Émile ou De l’éducation (1762), « le mâle n’est mâle qu’en certains instants ». Cette journée vise, au prisme de la littérature, à éclairer tous ces autres moments où le mâle n’est plus mâle en manquant au rôle qu’un récit mythique, celui du Premier Sexe, l’oblige à rejouer indéfiniment. 

Pistes de réflexion

  • Approche lexicale : de quels mots disposent les écrivain·es des années 1750-1950 pour dire l’effémination ? quelle place leur œuvre accorde-t-elle aux néologismes et comment ces derniers sont-ils construits ? qu’est-ce que la création de nouvelles expressions dit au sujet des termes disponibles, voire des manquements du lexique ? ces mots sont-ils systématiquement péjoratifs ou bien peuvent-ils réinvestir l’homme efféminé de connotations positives ?
  • Approche narratologique : dans quelle(s) situation(s) un personnage se voit-il stigmatisé pour avoir forfait à sa virilité ? dans quelle mesure ce péril de l’efféminement participe-t-il à la construction de l’intrigue ? cette crainte concerne-t-elle le protagoniste ou des figures secondaires : dans le premier cas, ne trahit-elle pas une préoccupation majeure de l’auteur·trice pour la confusion des sexes ? quelle portée morale le dénouement du récit confère-t-il à l’effémination ?
  • Approche sociocritique : quels types de textes (religieux, juridiques, médicaux, par exemple) informent la figure de la « femmelette » ? les auteur·trices des œuvres étudiées font-ils et elles preuve d’originalité par rapport à ces discours extra-littéraires ? La littérature ne participe-t-elle pas à faire évoluer les représentations sociales de l’homme efféminé ? Le cas échéant, comment sont-elles réinterprétées par les lecteur·trices ?
  • Approche intermédiale : qu’en est-il de la danse, de la musique ou de la peinture ? ces médias véhiculent-ils leur propre imaginaire de l’effémination ou bien, au contraire, entrent-ils en dialogue avec la littérature ? certains sous-genres (chorégraphiques, musicaux, picturaux) ne sont-ils pas plus susceptibles de mettre en scène l’efféminement que d’autres ? Si oui, selon quelles modalités (mouvements, rythmes, couleurs, entre autres) ?
  • Approche métapoétique : l’effémination d’un personnage vaut-elle, allégoriquement, pour l’effémination de l’auteur ? quelles sont les caractéristiques des œuvres considérées comme efféminées, voire efféminisantes pour les hommes qui les produisent / ceux qui les lisent ? si certaines productions (s’)efféminent, par quels procédés peuvent-elles (se) reviriliser ? comment ces dynamiques de re/dévalorisation des œuvres contribuent-elles à la hiérarchisation des genres littéraires et sexués ? 
    Modalités de soumission 

Modalités de soumission

Les propositions de communication, dont on appréciera l’ancrage théorique en études littéraires de genre, doivent compter plus ou moins 300 mots et inclure une notice bio-bibliographique (les jeunes chercheur·euses sont les bienvenu·es). Ces propositions sont à envoyer à camille.islert@ens-lyon.fr, nicolas.duriau@ens-lyon.fr et raphaelle.brin@ens-lyon.fr avant le 1er avril 2026 : une réponse sera communiquée aux éventuel·les participant·es le 8 avril au plus tard. 

Bibliographie indicative 

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