À la demande d’Aragon, Picasso réalise en mars 1953 un portrait de Staline pour illustrer la Une du numéro des Lettres Françaises consacré à la mort du Petit Père des Peuples. À peine publié, ce portrait d’un Staline juvénile provoque un scandale dans les rangs communistes, parmi les militants comme dans la direction du PCF, où certains saisissent l’occasion pour régler son compte au poète Aragon, protégé de Maurice Thorez alors en convalescence à Moscou… Lequel s’empressera dès son retour quelques semaines plus tard de clore l’affaire par un non-lieu tandis qu’Aragon, meurtri par les critiques, parachève sa revanche… Dans Un portrait de Staline. Aragon, Picasso et le parti communiste (La Fabrique), Laurent Lévy fait l'histoire de ce dessin, mais à travers cette anecdote et ses protagonistes, c’est le portrait d’une époque tourmentée – et oubliée – qui se dessine, dans un récit riche en rebondissements : les débats sur l’art et le rôle des intellectuels dans la lutte des classes s’entrecroisent avec les conflits stratégiques dans une pittoresque rhétorique de guerre froide. Fabula vous propose de voir la vidéo de présentation, et à découvrir le sommaire et lire l'introduction de l'ouvrage…