On doit à Laélia Véron une thèse sur le trait d'esprit chez Balzac, récemment publiée sous le titre Le Mot fatal (Classiques Garnier), mais aussi des essais incisifs sur les liens entre langage et pouvoir : Le français est à nous ! co-signé avec Maria Candea (La Découverte) et, avec Karine Abiven, Trahir et venger (La Découverte encore), dont Jérôme Meizoz avait rendu compte pour Acta fabula. Elle publie aujourd'hui avec Guillaume Fondu (à La Découverte toujours) sous le titre assez parlant de "T'es sérieuse ?" un nouvel essai sur les Problèmes politiques de l'ironie. Réputée critique par essence, en ce qu'elle permet par exemple de reconsidérer de manière critique les discours dominants en jouant des effets de mention et d'écho, l'ironie est-elle bien le ressort d'une parole politique ? Permet-elle vraiment de souder une communauté politique ou plutôt d'entretenir certains préjugés dans le confort de l'entresoi ? Est-elle un instrument d'émancipation susceptible de renverser les hiérarchies ou bien l'expression d'un privilège (genré, lettré, etc.) ? Loin des distinctions faciles entre la "bonne" et la "mauvaise" ironie (ce qui revient, en réalité, à distinguer l'ironie qui nous plait et celle qui ne nous plait pas), le livre mène l'enquête sur les ambigüités politiques de l'ironie dans le monde contemporain. Fabula vous invite à découvrir un extrait de l'ouvrage…