Sous le titre Prendre la parole. L'histoire orale entre récits, imaginaires et dialogues, les éditions marseillaises Agone offre à la fois une somme polyphonique du travail d’Alessandro Portelli et une introduction à son œuvre, inédite en français. Le livre repose sur deux lignes directrices. La première d’ordre social et politique : elle aborde l’histoire de la ville ouvrière et de l’usine en Italie, en lien avec l’histoire des conflits sociaux et politiques à l’époque contemporaine ; elle se déploie également vers l’analyse de l’histoire syndicale et des luttes pour les droit civiques aux États-Unis. La seconde ligne est celle du rôle de l’histoire orale comme moteur du récit historique et comme révélateur des pratiques de la langue. La richesse des terrains s’étend à l’étude des musiques populaires américaines et italiennes ; à l’histoire de la résistance ouvrière italienne pendant la Seconde Guerre mondiale face aux répressions fascistes ; à l’histoire de conflits plus récents et des mouvements étudiants contemporains. Le recueil est notamment constitué des matériaux inédits issus des deux terrains majeurs de Portelli : la mémoire ouvrière des mines de la région des Appalaches à Harlan County (Kentucky, États-Unis) et celle de la ville sidérurgique de Terni (Ombrie, Italie). Ces deux terrains ont fait l’objet de publications de référence qui paraîtront aux mêmes éditions dans les mois qui viennent. Fabula vous invite à feuilleter l'ouvrage…
Sur la question de l'histoire orale, rappelons le récent numéro de Gradhiva, supervisé par Irene Albers et Éléonore Devevey et déjà salué par Fabula : "Paroles spoliées. Itinéraires de la littérature orale".