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Nous et les autres : rapport au non-humain dans les pays du Nord (Ve Congrès de l’Association pour les Études Nordiques, Lausanne)

Nous et les autres : rapport au non-humain dans les pays du Nord (Ve Congrès de l’Association pour les Études Nordiques, Lausanne)

Publié le par Université de Lausanne (Source : Cyrille François)

Nous et les autres :

Rapport au non-humain dans les pays du Nord

Le Ve Congrès de l’Association pour les Études Nordiques (APEN) sera organisé à L’Université de Lausanne du 5 au 7 juin 2023 par l’Institut d’histoire et anthropologie des religions (IHAR), le Centre interdisciplinaire d’étude des littératures (CIEL) et le Centre de traduction littéraire (CTL).

Cet évènement aura la vocation de fédérer les chercheuses et chercheurs issu·e·s de disciplines, d’institutions et de pays divers afin de rendre compte de la richesse des approches utilisées dans le domaine des études nordiques et de renforcer les échanges et collaborations. Le comité d’organisation propose cette année de réfléchir au « rapport au non-humain dans les pays du Nord ». D’autres propositions sont possibles et nous encourageons les chercheuses et chercheurs à présenter également l’avancée de recherches qui ne seraient pas en lien avec la thématique du congrès.

Le non-humain offre un miroir fondamental pour penser l’individu et le collectif. Les rapports construits entre humain et non-humain sont autant d’affirmations éthiques, esthétiques, théologiques et politiques. Le Nord connaît bien sûr son lot de figures, certaines emblématiques tels les tomtar, Mårten/Martin le jars blanc de neige, le fjord ou encore l’état-providence. Mais contrairement au vieux troll figé en montagne, le non-humain varie, se déplace, se démultiplie au gré des circonstances. Le Ve congrès de l’APEN sera ainsi l’occasion d’interroger cette catégorie du non-humain dans le Nord. D’interroger la richesse des formes qu’il peut prendre, les contextes dans lesquels il se déploie et les finalités auxquelles il répond. Ce sera également l’occasion, par le biais de ce miroir déformant, de revenir à l’humain qui le construit.

Les propositions de communication ou de panel pourront s’inscrire dans ces types de non-humains avec qui l’on peut (ou on a pu) entrer en rapport (la liste n’est bien sûr pas exhaustive) :

–      les êtres surnaturels. Les troll, les géants, les tomtar, les petites sirènes et autres créatures merveilleuses hantent non seulement les pages des lettrés nordiques mais aussi les paysages du Nord et les esprits de leurs habitants, qui leur accordent encore de nos jours une place particulière. Quel rôle ont-ils joué dans les discours des habitants du Nord ? Qu’est-ce qu’ils représentent dans les sociétés actuelles ? Qu’ont-ils de commun avec les êtres surnaturels d’autres cultures et qu’est-ce qui les distingue de ces derniers ? Pourquoi leur présence semble-t-elle plus forte dans les pays nordiques que dans d’autres pays européens ? Par ailleurs, nombre d’humains – garçons de ferme, poètes, voyageurs – les ont rencontrés et ont vu leur vie bouleversée. Mais comment ? Sont-ils porteurs d’une morale ? d’un message esthétique ou politique ? Pourquoi les raconte-ton ? Et qui les raconte ?

–      la nature (au sens large). Si la crise climatique a fait de la nature un objet pressant, le rapport à la nature constituait déjà un questionnement fondamental dans le Nord à l’époque médiévale. Que ce soit l’organisation toponymique du paysage, l’anthropomorphisation d’une montagne ou le fait d’envisager la planète comme un système complexe, le rapport d’un groupe à la nature offre une fenêtre ouverte non seulement sur les mécanismes de construction de son identité mais aussi sur sa manière de penser son être au monde. La nature en tant que non-humain, ses rapports avec l’humain, pose de nombreuses questions, par exemple : Comment la nature est-elle représentée dans le Nord (que ce soit dans les sagas des Islandais ou dans la recherche actuelle, sans oublier les romans de Selma Lagerlöf ) ? A-t-on construit une nature nordique typique ? Si oui, comment et dans quels contextes ? Permet-elle de définir une identité nordique, fût-elle unique ou plurielle ? Quelle(s) identité(s) ? Le rapport à la nature des pays du Nord serait-il différent de celui d’autres pays européens ?

–      les objets. Si l’on doit aux pays du Nord l’invention de certains objets tels que le rabot à fromage (ostehøvel/osthyvel/ostehøvl), l’allumette de sûreté ou la Tetra Brik, c’est principalement dans le domaine du design qu’ils sont internationalement reconnus. Le « minimalisme scandinave » représente une valeur sûre en termes de décoration d’intérieur, ce qui n’est pas dû uniquement à la popularité d’IKEA. Les entreprises nordiques innovent depuis de nombreuses années sur les formes et les matériaux, et proposent une vision fonctionnaliste du design, où l’esthétique ne prévaut pas sur le confort et l’aspect pratique. Des designers comme Alvar Aalto, Olav Haug, Arne Jacobsen, ou encore Bruno Mathsson ont contribué à faire des pays du Nord une avant-garde du design.

–      les institutions, notamment l’état. Depuis Saxo Grammaticus et les sagas des rois, l’état a fait l’objet de récits, a été mis en scène que ce soit pour l’attaquer ou au contraire pour le défendre. La monarchie, le commonwealth islandais, l’état-nation ou encore l’état-providence représentent ainsi autant de manière de penser, voire pour certaines de ces constructions d’identifier le Nord. Ceci pose ainsi des questions comme qui raconte l’état et les institutions, et comment ? Avec quels médias, et quelles finalités ? Comment l’état a-t-il été constitué comme facteur identitaire du Nord ?

–      autre. Cette sélections d’objets n’est évidemment pas exhaustive, et nous invitons les participant.e.s à proposer d’autres dimensions du non-humain et d’interroger leurs formes, leurs constructions et les usages auxquels ils sont astreints.

Le comité d’organisation espère que la diversité des disciplines représentées au sein de l’APEN et des approches choisies offrira de riches discussions sur cette thématique qui traverse la plupart de nos recherches, mais l’appel à communications est également ouvert à tout autre sujet qui s’inscrit dans le domaine des études nordiques.


 
Soumission des propositions :

Les propositions de communication (de 20 minutes, suivies de 10 minutes de discussion) ou de panel (de trois ou six communications) devront être déposées sur le site du congrès :  https://apen2023.sciencesconf.org avant le 31 janvier 2023.

Les propositions comprendront : un titre, un résumé de 200 à 300 mots, 5 mots-clés ainsi qu’une courte notice biographique. Une proposition de panel doit contenir un résumé de max. 300 mots de la problématique commune du panel et les résumés de chaque communication.

Langues de travail : La langue principale du congrès est le français. Les communications en anglais ou dans une langue scandinave sont aussi les bienvenues.

Droits d’inscription : 25 euros (gratuit pour les membres de l’APEN).

Site du congrès : https://apen2023.sciencesconf.org

Courriel de contact : apen2023@sciencesconf.org

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Comité d’organisation

Cyrille François (UNIL) et Nicolas Meylan (UNIL)

Comité scientifique

Yohann Aucante (EHESS)

Alessandra Ballotti (bureau de l’APEN ; Sorbonne Université)

Frédérique Toudoire-Surlapierre (Sorbonne Université)

Lisa Castro (Université Toulouse II – Jean Jaurès)

Alexandre Chollet (Université de Caen Normandie)

Laurent Di Filippo (Université de Lorraine)

Outi Duvallon (INALCO)

Frédérique Harry (Sorbonne Université)

Raphaël Jamet (bureau de l’APEN ; Université de Strasbourg)

Annelie Jarl Ireman (Université de Caen Normandie)

Anders Löjdström (Université de Lille)

Thomas Mohnike (bureau de l’APEN ; Université de Strasbourg)

Lena Rohrbach (Universités de Zurich et de Bâle)

Pierre-Brice Stahl (bureau de l’APEN ; Sorbonne Université)

Anna Svenbro (bureau de l’APEN ; Bibliothèque Sainte-Geneviève)

Bénédicte van Gysel (Université de Mons).