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Littérature, cinéma et culture féministes et queers germanophones (Montréal)

Littérature, cinéma et culture féministes et queers germanophones (Montréal)

Publié le par Esther Demoulin (Source : Flora Roussel)

                                                                 Appel à communications 

                                Littérature, cinéma et culture féministes et queers germanophones

                                Germanophone Feminist and Queer Literature, Film, and Culture

                                              Centre canadien d'études allemandes et européennes

                                                      Colloque international, Montréal (Canada)

                                                                   25-27 octobre 2023

* English follows

Organisatrices                 Flora Roussel (Université de Montréal) et Martine Béland (Université Sainte-Anne)

Conférences plénières   Katharina Oguntoye avec Carolyn Gammon, Melanie Raabe et Ervin Malakaj

 

ich male dir

ein dunkles gedicht

für dein weißes

gesicht

mit einem rahmen

aus dem du

               fällst

so wie ich

 

may ayim, “aus dem rahmen”

blues in schwarz weiss (1996 [1995], 67)

 

Esquissant un portrait aux multiples facettes, may ayim invite le lectorat à surmonter sa peur du « noir » (1996, 67) — une peur qui a été inculquée par la colonisation et l’impérialisme. ayim propose une forme d’activisme littéraire et espère que, même si certaines personnes sont plus privilégiées en raison de leur couleur, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leur statut social, nous reconnaîtrons que nous faisons partie de la vie des autres.

Les politiques féministes et queers transforment les sociétés en les ouvrant à l’inclusion et aux alliances dans un processus de décolonisation. Le militantisme est au cœur de ces processus de déconstruction et de reconstruction. C’est notamment le cas avec le livre Farbe bekennen : Afro-deutsche Frauen auf den Spuren ihrer Geschichte (ayim, Oguntoye, Schultz 1986) : salué par la critique, il aborde les questions historiquement négligées de la race et de la classe par rapport à l’identité de genre. Mais aussi, le plus récent Queer-Feminismus : Label und Lebensrealität (Brezt, Lantzsch 2013) traite des dynamiques de pouvoir inhérentes au langage et relie le féminisme queer à l’activisme. La littérature (par ex., ayim ou Abini Zöllner) et le cinéma (par ex., Monika Treut ou Angelika Nguyen) contribuent à susciter l’activisme du public en ce qui a trait au racisme, au sexisme et à la queerphobie.

Pourtant, comme le notent Regine Criser et Ervin Malakaj dans leur introduction à Diversity and Decolonization in German Studies, l’« intensification des efforts orientés vers la diversité dans presque toutes les sphères de la vie publique s’accompagne d’un renforcement des mouvements politiques dédiés à la suprématie blanche [et à l’affiliation cishétéronormative] » (2020, 3). Par exemple, la littérature et le cinéma féministes contemporains ont souvent été associés à la tendance pop-féministe (Eismann 2007, Haaf, Streidl, Klingner 2008) qui, cependant, n’est pas véritablement inclusive (McCarthy 2017) : le pop-féminisme a en effet été comparé au postféminisme qui s’efforce de déconstruire les normes tout en les reconstruisant (McRobbie 2009).

Les discussions sur le pop-féminisme et le postféminisme ignorent toutefois les mouvements féministes parallèles qui s’attaquent au racisme et à la queerphobie. Ce colloque vise à interroger la « construction » mouvante des politiques féministes et queers dans la littérature, le cinéma et la culture en tant que voies d’action et voix d’activisme. Il proposera à la fois un regard critique sur les réactions (« textes » réactionnaires, intrigues stéréotypées, etc.) et un regard nouveau sur les actions (activisme, « textes » expérimentaux, subversion des genres), participant ainsi à la reconnaissance croissante des personnes de couleur, des personnes queers, des Autochtones, des personnes trans, des personnes non-binaires et des femmes — puisque, pour reprendre l’expression de bell hooks, « le féminisme est pour tout le monde » (2015), tout comme le sont les politiques queers.

Comment pouvons-nous démanteler des forces oppressives par l’action littéraire? Comment les politiques féministes et queers peuvent-elles riposter au backlash? Quel pouvoir les mots nous donnent-ils pour que nous résistions à l’oppression et à la marginalisation? Avec ce colloque, nous nous penchons sur ces notions et (re)lançons une discussion sur les identités et les corps vis-à-vis des pratiques et des réalités littéraires, cinématographiques et plus largement culturelles. Les propositions de communication peuvent suivre les axes suivants, sans toutefois s’y limiter :

  • Alliance, sororité, réconciliation
  • Inclusivité, diversité, reconnaissance
  • Imaginaires, expériences, esthétiques
  • Mots, constructions, actes
  • Backlash, écarts, confrontation
  • Décolonisation, résistance, survie

 

Soumissions

Nous acceptons les propositions d’étudiant·e·s des cycles supérieurs et de membres du corps professoral. Les communications (20 min. max.) peuvent être en français ou en anglais, et seront suivies d’une période de questions du public. Veuillez envoyer une proposition de 300 mots avant le 15 octobre 2022 à : flora.roussel@umontreal.ca. Les propositions doivent être envoyées dans deux fichiers distincts : (1) dans le 1er, veuillez inclure le titre de votre proposition et le texte de la proposition lui-même; (2) dans le 2e, veuillez inclure votre nom, votre institution ou organisation, votre courriel, une courte biographie (150 mots) et le titre de votre proposition.

L’inclusivité est au cœur du colloque. Nous voulons offrir un espace favorisant l’équité. Nous encourageons les propositions de la part de personnes qui ont été ou sont marginalisées en raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle, de leur identité ou expression de genre, de leur race, de leur handicap, de leurs convictions politiques, de leur religion, de leur âge ou de leur statut de membre des Premières Nations, de Métis, d’Inuit ou d’Autochtone : merci de le préciser dans le second fichier, si vous le souhaitez.

 

Références

ayim, may. 1996 [1995]. blues in schwarz weiss. Berlin: Orlanda Frauenverlag.

ayim, may, Oguntoye, Katharina, Schultz, Dagmar (dir.). 2020 [1986]. Farbe bekennen: Afro-deutsche Frauen auf den Spuren ihrer Geschichte. Berlin: Orlanda Frauenverlag.

Brezt, Leah, Lantzsch, Nadine. 2013. Queer-Feminismus: Label und Lebensrealität. Münster: unrast.

Criser, Regine, Malakaj, Ervin (dir.). 2020. Diversity and Decolonization in German Studies. Cham: Palgrave Macmillan.

Eismann, Sonja (dir.). 2011 [2007]. Hot Topic. Popfeminismus heute. Mayence: Ventil Verlag.

Haaf, Meredith, Klingner, Susanne, Streidl, Barbara. 2009 [2008]. Wir Alphamädchen: Warum Feminismus das Leben schöner macht. Hambourg: Hoffmann & Campe.

hooks, bell. 2015 [2000]. Feminism Is for Everybody. Passionate Politics. New York: Routledge.

McCarthy, Margaret. 2017. Mad Mädchen: feminism and generational conflict in recent German literature and film. New York: Berghahn Books.

 

                                                                      Call for Papers

                                Littérature, cinéma et culture féministes et queers germanophones

                                Germanophone Feminist and Queer Literature, Film, and Culture

                                              Centre canadien d'études allemandes et européennes

                                                      Colloque international, Montréal (Canada)

                                                                   25-27 octobre 2023

Organizers     Flora Roussel (Université de Montréal) & Martine Béland (Université Sainte-Anne)

Keynotes        Katharina Oguntoye with Carolyn Gammon, Melanie Raabe, & Ervin Malakaj

 

Sketching a multi-facetted portrait, may ayim invites readers to overcome their fear of “black” (1996, 67)—a fear that has been instilled through colonization and imperialism. She proposes a literary form of activism and hopes readers will acknowledge how although some of us are more privileged because of color, sexual orientation, gender identity, or social status, we are part of one other’s lives.

Feminist and queer politics are changing societies by opening them to inclusivity and alliance within a decolonizing process. Activism is at the core of such processes of deconstruction and reconstruction. This is particularly the case of the critically acclaimed book Farbe bekennen: Afro-deutsche Frauen auf den Spuren ihrer Geschichte (ayim, Oguntoye, Schultz 1986) which addressed the neglected historical issues of race and class in relation to gender identity, or the more recent Queer-Feminismus: Label und Lebensrealität (Brezt, Lantzsch 2013) which discussed power dynamics inherent to language and aimed to relink queer feminism with activism. Literature (e.g., may ayim, Abini Zöllner) and film (e.g., Monika Treut, Angelika Nguyen) have helped to actively engage audiences with issues of racism, sexism, and queerphobia.

Yet, as Regine Criser and Ervin Malakaj note in their introduction to Diversity and Decolonization in German Studies, the “increase in diversity-focused efforts in nearly every sphere of public life is accompanied by a strengthening of political movements dedicated to white supremacy [and cisheteronormative affiliation]” (2020, 3). For instance, contemporary feminist literature and cinema have often been associated with the pop-feminist trend (Eismann 2007, Haaf, Streidl, Klingner 2008) which, however, is not truly inclusive (McCarthy 2017). In fact, pop-feminism has been compared to postfeminism, which strives to deconstruct norms while actually reconstructing them (McRobbie 2009).

Discussions on pop-feminism and postfeminism, however, ignore parallel feminist movements that tackle racism and queerphobia. This symposium seeks to interrogate the changing “construction” of feminist and queer politics in literature, film, and culture as forms and voices of activism. It will propose both critical insights on reactions (reactionary “texts,” clichéd plots, etc.) and new insights on actions (i.e., activism, experimental “texts,” genre subversion) and thereby participate in the increasing recognition of people of color, queer people, Indigenous people, trans people, non-binary people, and women—for, in bell hooks’ words, “feminism is for everybody” (2015), as are queer politics.

How can we dismantle oppressive forces through literary action? How can feminist and queer politics counter backlash? What power do words have in resisting oppression and marginalization? With this symposium we wish to engage with such notions and (re)enter a discussion about identities and bodies with regard to literary, cinematographic, and larger cultural practices and realities. Paper proposals can focus on but are not limited to the following topics:

  • Alliance, sorority, reconciliation
  • Inclusivity, diversity, recognition
  • Imaginaries, experiences, aesthetics
  • Words, constructs, acts
  • Backlash, gaps, confrontation
  • Decolonization, resistance, survival

 

Proposal Submission

We welcome proposals in English or in French by graduate and postgraduate students and by professors. Each talk will be allocated 20 minutes followed by a Q&A. Please send a 300-words proposal by 15 Oct. 2022 to: flora.roussel@umontreal.ca. Proposals must be sent in two distinct files: in the 1st, please include the title of your proposal and the proposal text itself; in the 2nd, please include your name, institution or organization, email address, a short biography (150 words), and the title of your proposal.

Inclusivity is at the core of the symposium. We want to provide a space fostering equity. We encourage proposals from persons that have been or are marginalized based on sex, sexual orientation, gender identity or expression, race, disability, political belief, religion, age, and/or status as a First Nation, Metis, Inuit, or Indigenous person: you are invited to specify this in the second file, if you so wish.

 

References

ayim, may. 1996 [1995]. blues in schwarz weiss. Berlin: Orlanda Frauenverlag.

ayim, may, Oguntoye, Katharina, Schultz, Dagmar (Eds.). 2020 [1986]. Farbe bekennen: Afro-deutsche Frauen auf den Spuren ihrer Geschichte. Berlin: Orlanda Frauenverlag.

Brezt, Leah, Lantzsch, Nadine. 2013. Queer-Feminismus: Label und Lebensrealität. Münster: unrast.

Criser, Regine, Malakaj, Ervin (Eds.). 2020. Diversity and Decolonization in German Studies. Cham: Palgrave Macmillan.

Eismann, Sonja (Ed.). 2011 [2007]. Hot Topic. Popfeminismus heute. Mainz: Ventil Verlag.

Haaf, Meredith, Klingner, Susanne, Streidl, Barbara. 2009 [2008]. Wir Alphamädchen: Warum Feminismus das Leben schöner macht. Hamburg: Hoffmann & Campe.

hooks, bell. 2015 [2000]. Feminism Is for Everybody. Passionate Politics. New York: Routledge.

McCarthy, Margaret. 2017. Mad Mädchen: feminism and generational conflict in recent German literature and film. New York: Berghahn Books.