Agenda
Évènements & colloques

"Recherches d'un théâtre du geste et du masque chez le mime Farina, J. Copeau et Ch. Dullin", conf. L. Burgholzer (Paris)

Publié le par Marc Escola (Source : Françoise QUILLET QUILLET Françoise)

« Âme de tigre, maîtrise cornélienne de soi »

Recherches d'un théâtre du geste et du masque chez le mime Farina, Jacques Copeau et Charles Dullin

Par Laurette Burgholzer (Université de Vienne)

 

Comment sortir de la littérature, telle est l’une des questions centrales dans la pensée et la pratique scénique de Jacques Copeau au Théâtre du Vieux-Colombier autour de 1920. Son contemporain Charles Dullin au théâtre de l’Atelier vise également à réinventer un théâtre « moins livresque », tandis que les discours sur la pantomime blanche, genre en voie de disparition, est marqué d’éloges nostalgiques, clamant que cet art muet pourrait être bienfaisant dans une époque des « verbiages ».

Pour en finir avec les acteurs déclamateurs de textes, maints praticiens et théoriciens européens du début du 20ème siècle envisagent des formes théâtrales nouvelles ou ressuscitées, afin de rendre à l’acteur sa maîtrise et son expressivité corporelle. Ces essais de réinventer les techniques du jeu et l’esthétique de la scène se caractérisent par leurs inspirations éclectiques. Chez Copeau et Dullin, les acteurs-acrobates de la Commedia dell’arte rencontrent les masques rituels africains, les comédiens évocateurs des lieux de l’ère de Shakespeare se mêlent aux danseurs javanais, les farceurs des foires parisiennes font face aux acteurs du Nô japonais.

Lors de cette conférence, nous retracerons à partir de recherches historiques dans les fonds d’archives de la BnF, les recherches corporelles et conceptuelles d’un théâtre des masques et des gestes chez le mime Farina, Jacques Copeau et Charles Dullin dans les années 1910 – 1920, ainsi que les enjeux d’un exotisme parfois ostentatoire dont l’un des résultat est le discours d’un mime français sur le présumé « masque tragique et sobre » de l’acteur japonais Sessue Hayakawa, qui exprimerait la « maîtrise cornélienne » de sa cruelle « âme de tigre ».