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Appels à contributions
Afterlives of Colonialism: Transatlantic Perspectives on Contemporary Cultural Production

Afterlives of Colonialism: Transatlantic Perspectives on Contemporary Cultural Production

Publié le par Marc Escola (Source : M. Ibanez)

Appel à contributions (proposition de dossier)

Afterlives of Colonialism: Transatlantic Perspectives on Contemporary Cultural Production

Au cours des dernières décennies, les histoires coloniales sont revenues au centre des débats culturels et politiques en Europe, en Afrique et dans les Amériques. Les controverses publiques autour des monuments, des musées, des réparations historiques et de la mémoire de l’esclavage montrent que les passés coloniaux demeurent profondément inscrits dans les sociétés contemporaines. Loin de relever exclusivement du domaine de l’histoire, le colonialisme continue de structurer les imaginaires culturels, la mémoire publique et la production artistique à l’échelle de l’espace atlantique.

De la littérature et du cinéma aux arts visuels, aux expositions muséales et aux pratiques patrimoniales, la production culturelle contemporaine s’est largement saisie des héritages de l’esclavage, du colonialisme et de l’empire. Ces œuvres revisitent les archives coloniales, les marchandises, les paysages et les récits afin d’interroger la manière dont les histoires impériales continuent d’organiser les hiérarchies sociales, les identités culturelles et les débats politiques dans le présent.

Le monde atlantique constitue un cadre particulièrement fécond pour analyser ces dynamiques. Dès l’époque moderne, l’expansion coloniale a relié l’Europe, l’Afrique et les Amériques à travers des réseaux denses d’échanges commerciaux, de travail forcé, de migrations et de circulations culturelles. Ces connexions ont produit non seulement des systèmes économiques, mais aussi des formations culturelles durables, telles que les classifications raciales, les géographies symboliques de l’empire et les récits du progrès. Les structures historiques issues de ces processus continuent de façonner les pratiques culturelles et les formes de représentation dans l’espace atlantique.

Les recherches récentes invitent à repenser le colonialisme au-delà de son cadrage traditionnel comme période historique ou régime politique. Plutôt que d’appartenir au passé, le colonialisme peut être compris comme un ensemble de structures durables qui continuent d’organiser la vie sociale et culturelle dans le présent. Dans cette perspective, les relations coloniales persistent comme des formations matérielles et épistémiques actives, qui façonnent les sociétés contemporaines et les cadres d’interprétation du passé.

Ce dossier propose d’explorer ces questions à partir d’une perspective transatlantique. Tout en accueillant des études de cas situées, il vise à dépasser les cadres nationaux en mettant en avant les connexions historiques entre l’Europe, l’Afrique, les Caraïbes et les Amériques. Cette approche permet d’analyser la circulation des histoires coloniales entre différents contextes culturels, ainsi que les réponses comparables ou entremêlées qu’elles suscitent dans la production culturelle et intellectuelle.

La production culturelle contemporaine constitue aujourd’hui un espace central où ces héritages sont interrogés et contestés. Les œuvres littéraires revisitent les archives de l’esclavage et de la violence coloniale ; les artistes réinterprètent les marchandises et les paysages coloniaux ; les musées et les institutions patrimoniales reconfigurent les récits à travers lesquels ces histoires sont présentées au public. Ces pratiques révèlent comment les passés coloniaux sont sans cesse réélaborés à travers des processus de mémoire, de critique et de réinterprétation.

En se concentrant sur la production culturelle, ce dossier entend analyser la manière dont les histoires coloniales sont mobilisées dans les pratiques symboliques contemporaines. Les œuvres culturelles apparaissent comme des lieux d’articulation entre mémoire historique, critique politique et expérimentation esthétique, où les héritages coloniaux sont à la fois rappelés, contestés et reconfigurés.

Le dossier invite ainsi des contributions portant sur les « après-vies » du colonialisme dans l’espace atlantique. Les articles pourront porter sur un large éventail d’objets et de pratiques culturelles — littérature, cinéma, arts visuels, expositions, sites patrimoniaux ou débats publics — et sont encouragés à situer leurs analyses dans des dynamiques transatlantiques plus larges.

Axes possibles :

• représentations culturelles des histoires coloniales dans la littérature, le cinéma et les arts visuels
• musées, expositions et mémoire publique de l’esclavage et de l’empire
• marchandises coloniales et leurs prolongements culturels
• articulations entre capitalisme et esclavage dans la production culturelle
• héritages de la plantation dans les imaginaires contemporains
• pratiques artistiques en dialogue avec les archives coloniales
• monuments, mémoriaux et patrimoines coloniaux contestés
• hiérarchies raciales et identités postcoloniales dans la production culturelle
• circulations transatlantiques de récits, d’objets et de symboles
• tourisme, patrimoine et politiques culturelles de la mémoire coloniale

En réunissant des contributions issues de l’histoire, des études culturelles, de l’anthropologie, des études littéraires et de l’histoire de l’art, ce dossier vise à ouvrir un dialogue interdisciplinaire sur les héritages culturels du colonialisme. En inscrivant la production culturelle contemporaine dans le cadre historique de l’espace atlantique, il entend éclairer la manière dont les passés coloniaux continuent de façonner les pratiques culturelles, les paysages symboliques et les formes de conscience historique dans le présent.

Les propositions d’articles (titre provisoire et résumé) peuvent être envoyées en anglais jusqu'au 30 avril 2026.

Pour toute question ou manifestation d’intérêt, merci de contacter :

Miguel Ibáñez Aristondo
Instituto de Lengua, Literatura y Antropología (ILLA), CSIC
miguel.ibanez@cchs.csic.es