Appel à communications
George Sand, une écrivaine face à la démocratie
Paris, université Sorbonne Nouvelle, 13-15 mai 2027
À l’occasion d’un échange avec son ami Charles Duvernet, républicain comme elle mais peu convaincu par le premier numéro de la Revue Indépendante que George Sand vient de lancer avec Pierre Leroux et Louis Viardot à la fin de 1841, l’écrivaine débat de la question du sujet historique ; ce dernier doit créer les institutions nouvelles dont devra se doter la société égalitaire du futur :
Qui fera donc ces lois ? un Messie ? Nous n’y croyons pas. Des révélateurs ? Nous ne les avons pas vus apparaître. Nous ? Nous ne lisons pas dans l’avenir et ne savons pas quelle forme matérielle devra prendre la pensée humaine à un moment donné. Qui donc fera ces lois ? Nous tous, le peuple d’abord, vous et nous, par-dessus le marché. Le moment inspirera les masses[1].
On touche là à une conviction enracinée dans la pensée sandienne et qui façonne en profondeur son attitude démocratique : l’idée que toute philosophie, toute solution politique envisagée à un moment historique donné, est le fruit d’une maturation collective, à laquelle toutes et tous participent. Les grands hommes, d’esprit ou d’action, puisent donc leurs ressources de pensée et d’initiative moins dans leur géniale individualité que dans un réservoir plus vaste, qui nourrit leur inspiration et se nourrit de leur contribution. La confiance dans l’action des masses populaires y trouve un argument de plus :
[T]u verras que tu n’as guère connu les masses jusqu’ici. Tu les verras pleines d’ardeur et de trouble, les unes (c’est le grand nombre) animées de ces bons et grands sentiments sans lesquels, ni Leroux, ni toi, ni moi ne les aurions (puisque rien n’est isolé dans l’ordre moral ou physique de l’humanité)[2].
Cette foi profonde dans la démocratie, George Sand n'y a jamais renoncé et elle mérite d’être examinée plus systématiquement qu’on ne l’a fait jusqu’alors. Les historiens et les littéraires ont certes déjà pris en compte le militantisme politique de Sand (M. Perrot, M. Hecquet, B. Hamon, J.-P. Lacassagne, A. Poli, P. Vermeylen : voir la bibliographie). Celui-ci se caractérise par un engagement républicain indéfectible à partir des années 1830, avec une phase de radicalisation idéologique socialiste autour de 1848 et, vers la fin de sa vie, par l’incompréhension de la Commune. Des pièces importantes ont été versées au dossier, bien que le chantier de la contribution de Sand à l'histoire politique, française et européenne, soit loin d’être vraiment clos.
Sans éliminer cet horizon plus proprement militant de l’autrice, ce colloque voudrait se concentrer sur un aspect de son œuvre qui nous semble capital et qui a à voir avec ce choix précoce et fécond de la démocratie. Il faut certainement convoquer, avec Michelle Perrot, le métissage social de George Sand[3], qui a toujours revendiqué avec orgueil sa double ascendance, aristocratique et populaire ; mais reconnaître l’ancrage d’une sensibilité à la valeur, à la dignité, au droit de citoyenneté des classes travailleuses dans l’expérience intime et douloureuse d’une enfant déchirée entre une grand-mère patricienne et une mère humble modiste, n’épuise évidemment pas le sujet. En premier lieu, en effet, toute l’œuvre de Sand ‒ en tant que romancière, dramaturge, critique, épistolière ‒ est traversée par une pensée sur la démocratie : sur ses principes, sur ses conquêtes et sur ses obstacles, sur ses promesses et sur ses défaites, sur ses protagonistes et sur son futur. Sand parle ainsi, à propos de l’Amérique, d’une « fausse démocratie, qui, en proclamant l’égalité et la liberté, n’a oublié qu’une chose, la fraternité, qui rend les deux richesses stériles et même nuisibles » (lettre à Armand Barbès, 8 janvier 1862). Il s’agit là de remarques qui naissent de l’analyse de l’histoire récente d’un siècle fertile en bouleversements politiques et sociaux, remarques qui peuvent également s’ouvrir sur des perspectives de longue, voire très longue durée, en impliquant la mobilisation d’une philosophie de l’histoire fortement teintée de foi religieuse, bien que cette foi soit hétérodoxe par rapport à la théologie catholique de l’époque. Des romans tels que Spiridion ou le diptyque qui a Consuelo comme héroïne en sont un exemple frappant. Cependant, cette pensée sur la démocratie évolue : l’autrice de 1830 ou celle qui proclame Proudhon « utile et vigoureux champion de la démocratie » en mai 1849 (lettre à Théophile Thoré) n’est plus celle de l’après 48 et moins encore celle de l’après-Commune.
La question de la violence politique, de sa légitimation ou de son refus, explique en partie l’évolution de Sand vers le réformisme. De plus, si elle conserve dans ses feuilletons de la Revue des Deux Mondes où elle côtoie des romanciers conservateurs comme Octave Feuillet, toute sa liberté de point de vue, notamment à l’égard du rôle de l’Église (en témoigne la publication de Mademoiselle La Quintinie en réponse à l’Histoire de Sibylle de Feuillet), elle n’en est pas moins une représentante de la littérature bourgeoise qui s’y publie. N’y a-t-il pas alors pour elle nécessité d’une forme d’euphémisation ou d’atténuation, voire d’oblicité dans ses prises de position politiques ? Il sera intéressant d’examiner les procédés de ce discours démocratique : il se dit dans des scènes, qu'on pourrait qualifier de topoï démocratiques (repas, banquet, situation de contage, scènes de veillée…), ou dans des moments de débats, parfois conflictuels entre les personnages (voir par exemple Mauprat ou Les Maîtres sonneurs). La langue même de la romancière n’est-elle pas aussi le meilleur véhicule de la démocratie ? Les travaux de Nelly Wolf autour de la notion de contrat permettraient sans doute d’éclairer son projet romanesque.
L’invention poétique d’une langue « berrichonne » dans le roman ou au théâtre vise aussi à intégrer des mots et des voix dans une langue littéraire élargie et enrichie. On pourrait également relever que la reprise des schémas attendus du romance ouvre au lecteur et à la lectrice un horizon de familiarité qui concourt à cette contractualisation : en terrain de reconnaissance, il ou elle ne peut qu’entrer de plain-pied dans l’œuvre et en adopter d’autant plus aisément les valeurs. L’éthique démocratique, qui passe par l’identification à des personnages positifs, en particulier féminins, s’y diffuse ainsi efficacement, et ce d’autant dans le cadre du roman d’apprentissage. C’est aussi le théâtre qui doit se faire « grand moyen d’expansion », « moralisation douce et honnête » selon George Sand, qui célèbre l’action de l’« artiste démocrate » Bocage à la tête du théâtre de l’Odéon sous la 2e République (lettre à Armand Barbès, 27 août 1850).
En second lieu, toutefois, l’œuvre fictionnelle de George Sand constitue, en elle-même, une pensée de la démocratie, en entendant par là une façon d’élaborer littérairement les métamorphoses d’une société en voie de démocratisation, de travailler les discours publics et l’imaginaire social qui accompagnent les processus de transformation économique, politique et sociale dont elle est témoin. Philippe Dufour a récemment démontré comment « le réalisme pense la démocratie[4] » ; mais l’esthétique réaliste n’est pas seule à s’en charger ! L’œuvre de Sand présente, en effet, une autre tentative de raconter l’Histoire selon des catégories démocratiques, en prenant en compte les conséquences de la nouvelle mobilité sociale inaugurée par la Révolution française, ainsi que l’expérience des laissés-pour-compte du libéralisme économique et politique : les femmes, d’abord, que le Code de 1804 a privées des droits civiques ; les travailleurs manuels, paysans ou ouvriers ; les artisans et les artistes, de condition obscure ou vivant à l’écart de la célébrité ; les marginaux, jusqu’aux vagabonds et aux fous.
En accueillant leurs voix, leur regard, parfois leur langue, en imaginant leurs parcours de vie et leurs destins, en les figurant sur scène, Sand cherche à élaborer une contre-histoire, ou une histoire contre-factuelle, qui les place au cœur de l’événement (comme c’est le cas dans Nanon en particulier). Parallèlement à l’entreprise réaliste qui redonne leur place aux subalternes et aux invisibles, elle œuvre à les présenter en héros de l’histoire. Si cette volonté de prendre très au sérieux les gens de peu a ses limites, elle demeure néanmoins éloignée de tout misérabilisme comme de l’emploi esthétique des ressources du code mélodramatique, même dans son théâtre, qu’elle souhaite intimiste et « intérieur ». Poser la question de la démocratie sociale va pour Sand de pair avec la construction d’un regard autre qui facilite la reconnaissance qu’il n’y a pas de vie commune satisfaisante sans le concours de toutes et de tous. L’écriture de son autobiographie porte, notamment, cet effort d’un récit nouveau et inclusif jusque sur le terrain de sa propre histoire personnelle. Sa pratique de la critique littéraire, même, pratiquée « autour de la table », se fonde sur l’échange horizontal et égalitaire des points de vue.
Éloignée de toute confiance dans « l’homme supérieur » ou dans des élites, n’accordant pas de privilèges aux milieux intellectuels auxquels elle savait appartenir, George Sand « pense » donc la démocratie dans une œuvre qui, pour ne pas être pessimiste, n’a rien à voir avec un contentement lénifiant et conformiste face à la réalité. Si cette œuvre « console », comme elle-même l’écrivait à Flaubert, c’est par l’offre de perspectives existentielles, idéologiques et éthiques alternatives tant au cynisme du capitalisme libéral qu’au désespoir suscité dans toute une génération par les apories de l’histoire et les misères de la nature humaine. En incitant ses lectrices et ses lecteurs à modifier leur regard sur les sujets sociaux marginalisés et promus citoyens, en inventant des intrigues qui travaillent les problèmes posés par le projet démocratique, en explorant par son imagination des éventualités de vie alternatives à celles qu’on observe dans la réalité, mais non fantastiques (des couples parfaitement paritaires, des femmes entrepreneuses, des ouvriers philosophes ou artistes, des paysans utopistes, des aristocrates communistes…), Sand sollicite une lecture critique de la réalité ambiante dont l’analyse littéraire doit encore prendre vraiment la mesure, travail auquel ce colloque voudrait contribuer.
L’approche sandienne de l’idée démocratique n’est pas exempte de transformations dans le temps dont il est indispensable de dessiner les contours. La longévité de l’écrivaine nous oblige, en effet, à nous confronter à des phases historiques et existentielles très différentes : la décennie qui voit son entrée dans le champ littéraire, celle qui précède la révolution de 1848, le moment 1848 et son tournant conservateur, les années du Second Empire, la naissance de la Troisième République voient son art se renouveler, son image publique se modifier, ses convictions politiques évoluer. Comment changent-elles, alors, sa méditation sur la démocratie, et sa façon de « penser » la démocratie par son œuvre et de la mettre en pratique ?
Parmi les directions possibles à explorer :
Une pensée démocratique
➢ Le rapport avec la pensée démocratique du XVIIIe siècle (Rousseau, Voltaire, Montesquieu, Robespierre, mais aussi d’autres). L’apport de la pensée du XIXe (Leroux, les saint-simoniens, Louis Blanc, Armand Barbès, les fouriéristes et autres socialismes utopiques). Quelles tensions ou oppositions peut-on déceler avec d’autres pensées démocratiques et républicaines de son époque ?
➢ La portée politique et démocratique de sa philosophie de la nature.
➢ Les usages des mots « démocratie » et « démocrate » sous la plume de George Sand, l’évolution de leurs significations en relation avec les termes « république » et « socialisme ».
➢ L’extension et le degré d’« inclusivité » de la démocratie selon Sand (question du suffrage universel, des femmes, des minorités, des exclu(e)s de la citoyenneté). Quelle démocratie accomplir – représentative ou directe, selon quel régime et dans quel cadre constitutionnel ?
➢ Le jugement (historico-politique) de Sand sur les tentatives effectuées : quelle démocratie réalisée en 1789-1793, en 1830, en 1848, pendant la Commune.
Des politiques démocratiques
➢ Quelles « batailles » idéales pour faire avancer la démocratie ?
➢ Le rôle de l’éducation et la conception d’une éducation démocratique / à la démocratie.
➢ La place des femmes, des travailleurs (ouvriers et paysans) conviés aussi à l’écriture, des bourgeois et des aristocrates, des artisans/artistes dans la société nouvelle.
➢ Quel rôle et quelles actions pour un « artiste démocrate » ?
Une poétique démocratique
➢ Quelles intrigues ? quels héros/héroïnes ? Quelles formes littéraires romanesques pour « penser » la démocratie ? (le dialogue ? la lettre ? l’expérimentation ?)
➢ Quels choix énonciatifs, entre délégation de voix et polyphonie, y compris dans l’écriture médiatique ?
➢ Quelles formes médiatiques pour une pratique démocratique du journal ?
➢ Quelles formes et quelles pratiques dramatiques, entre théâtre de société et théâtre officiel, théâtres principaux et salles populaires ?
➢ Quels supports éditoriaux, quels choix à visée démocratique à l’intérieur du marché de l’édition ? Quelle langue pour faire « parler » la démocratie ?
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Les propositions de communication sont à adresser à Olivier Bara (olivier.bara@univ-lyon2.fr), Éléonore Reverzy (eleonore.reverzy@sorbonne-nouvelle.fr) et Agnese Silvestri (asilvestri@unisa.it) avant le 15 septembre 2026. Les réponses du comité scientifique seront communiquées le 15 octobre 2026.
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Comité scientifique :
Pascale Auraix-Jonchière, Olivier Bara, Marie Baudry, Laura Colombo, Brigitte Diaz, François Kerlouégan, Isabelle Naginski, Catherine Nesci, Elisabeth Plas, Michelle Perrot, Paule Petitier, Éléonore Reverzy, Vincent Robert, Agnese Silvestri.
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Bibliographie sélective :
Corpus primaire :
Gustave Flaubert-George Sand, Correspondance, éd. Alphonse Jacob, Paris, Flammarion, 1981.
George Sand, Emmanuel Arago, Notre fraternité est scellée à jamais par des liens sacrés, éd. Paul Baquiast et Bertrand Sabot, Paris, le Passeur éditeur, 2022.
Sand-Barbès : correspondance d'une amitié républicaine, 1848-1870, préf. et notes par Michelle Perrot, Lagarde-Fimarcon, Éd. Le Capucin, coll. « Lettres d’hier et d’aujourd’hui », 1999.
George Sand critique, 1833-1876, textes de George Sand sur la littérature ; présentés, édités et annotés sous la direction de Christine Planté, Tusson, du Lérot, 2007.
George Sand, Politique et polémiques : 1843-1850, présentation par Michelle Perrot, Paris, Imprimerie nationale, 1996.
Corpus secondaire :
Maurice Agulhon, 1848 ou l'Apprentissage de la République, Paris, Seuil, 1984.
Julie Anselmini et Corinne Saminadayar-Perrin (dir.), « Qu’est-ce qu’une littérature démocratique au XIXe siècle ? », Autour de Vallès, n° 55, 2025.
Olivier Bara, Le Sanctuaire des illusions : George Sand et le théâtre, Paris, PUPS, 2010.
Olivier Bara et Christine Planté (dir.), George Sand critique, une autorité paradoxale, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2011.
Brigitte Diaz et Agnese Silvestri (dir.), « L’utopie sociale dans la littérature française du XIXe siècle », Francofonia, n° 81, 2021.
Philippe Dufour, Le Réalisme pense la démocratie, Genève, La Baconnière, coll. « Langages », 2021.
Corinne Grenouillet, Éléonore Reverzy (dir.). Les Voix du peuple dans la littérature des XIXe et XXe siècles, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 2006.
Bernard Hamon, George Sand et la politique, préf. de Michelle Perrot, Paris, L’Harmattan, 2001.
Bernard Hamon, George Sand et le prince Napoléon. Histoire d’une amitié (1852-1876), Vendœuvres, Lancosme éditeur, 2008.
Michèle Hecquet, Poétique de la parabole : les romans socialistes de George Sand : 1840-1845, Paris, Klincksieck, 1992.
Jean-Pierre Lacassagne, Histoire d'une amitié : d’après une correspondance inédite, 1836-1866 / Pierre Leroux et George Sand, Paris, Klincksieck, 1973.
David Marcel, Le Printemps de la fraternité : genèse et vicissitudes, 1830-1851, Paris, Aubier, 1992.
Catherine Mariette-Clot (dir.), « George Sand face à la violence de l’histoire », Cahiers George Sand, n°37, 2015.
Michelle Perrot, George Sand à Nohant : une maison d’artiste, Paris, Seuil, 2018.
Annarosa Poli, George Sand et les années terribles, Bologna, R. Pàtron / Paris, Librairie A. G. Nizet, 1975.
Jacques Rancière, La Haine de la démocratie, Paris, La Fabrique éditions, 2005.
Jacques Rancière, La Nuit des prolétaires. Archives du rêve ouvrier, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », 2012.
Michèle Riot-Sarcey, Le Réel de l’utopie. Essai sur le politique au XIXe siècle, Paris, Albin Michel, 1998.
Michèle Riot-Sarcey et Martine Reid (dir.), George Sand, Littérature et politique, Nantes, éd. Pleins Feux, coll. « Horizons littéraires », 2007.
Vincent Robert, La Petite-fille de la sorcière : enquête sur la culture magique des campagnes au temps de Georges Sand, Paris, les Belles lettres, 2015.
Pierre Rosanvallon, Le Peuple introuvable : histoire de la représentation démocratique en France, Paris, Gallimard, 2002.
Pierre Rosanvallon, La Démocratie inachevée : histoire de la souveraineté du peuple en France, Paris, Gallimard, 2003.
Alain Vergnioux, George Sand et l’éducation populaire : Leroux, Nadaud, Perdiguier, Limoges, Lambert-Lucas, 2014.
Pierre Vermeylen, Les Idées politiques et sociales de George Sand, Bruxelles, Éd. de l’université de Bruxelles, 1984.
Nelly Wolf, Le Peuple dans le roman français de Zola à Céline, Paris, PUF, 1990.
Nelly Wolf, Le Roman de la démocratie, Saint-Denis, Presses Universitaires de Vincennes, 2003.
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[1] George Sand, Correspondance, éd. Georges Lubin, Paris, Classiques Garnier, t. V, 2013, p. 542.
[2] Idem, p. 538.
[3] Michelle Perrot, « Sand : une femme en politique », dans George Sand, Politique et polémiques : 1843-1850, Paris, Belin, 2004, p. 11.
[4] Philippe Dufour, Le Réalisme pense la démocratie, Genève, La Baconnière, coll. « Langages », 2021.