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Chez-soi chez nous en Afrique(s) : configuration(s), interprétation(s), transformation(s) (Saint-Louis, Sénégal, & en ligne)

Chez-soi chez nous en Afrique(s) : configuration(s), interprétation(s), transformation(s) (Saint-Louis, Sénégal, & en ligne)

Publié le par Marc Escola (Source : www.ugb.sn)

Chez-soi chez nous en Afrique(s) :

configuration(s), interprétation(s), transformation(s) 

Journée d’étude en bimodal à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis

Mardi 28 avril 2026

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Appel à communications

Le GRECIREA, REMELICE et FIGURA se sont engagés à développer à partir de 2024 un questionnement sur les mobilités internationales, les expériences diasporiques et les dynamiques interculturelles en suivant deux axes structurants :« décentrements : dynamiques créatives et critiques » et « cultures et citoyennetés ». Les deux premières journées d’étude à Orléans et à Concordia se sont intéressées d’un côté aux croisements des approches du « chez soi » renvoyant aux multiples interprétations des notions connexes de foyer, de famille, d’hospitalité et mettant au centre le migrant ; de l’autre aux populations autochtones du Canada dont la spoliation des terres pendant la colonisation était bien plus qu’un vol puisque leur chez-soi est devenu un « sans chez eux ». 

Prolongeant ces deux journées d’étude, cette troisième a l’ambition de questionner la tension entre le ‘’chez-soi’’ et le ‘’chez nous’’ en Afrique(s) en cherchant dans leur ambivalence et leur équivalence de possibles élargissements et renversements de sens.  Alors que des voix s’élèvent dont celle d’Achille Mbembe pour appeler l’Afrique à libérer les circulations et à élaguer les frontières héritées de la colonisation, dans un contexte de durcissement des frontières, un recentrement du regard a permis de voir, depuis quelques années, le fossé se creusant entre espaces urbains et ruraux. 

Continent enregistrant le taux de croissance urbaine le plus rapide au monde, l’Afrique pose un défi aux sciences sociales et humaines parce que des dynamiques en son sein forcent un changement épistémologique. Bien que convoquant de multiples dimensions sociales, culturelles, économiques et politiques que la situation géographique, démographique et l’actualité africaine d’aujourd’hui rendent plus difficiles à appréhender, nous envisageons le chez-soi d’abord comme cet espace qui devient par la suite le lieu qu’Abraham Moles nomme comme le point « ici ». La réflexion qu’il développe fait échos aux connaissances scientifiques qui se sont focalisées sur les manières dont les êtres humains habitent et sont habités. Lieu de départ sans lequel aucune réalisation de l’individu ne semble possible, le chez-soi est à la fois ancrage et tissage puisque, même quand on en est loin, il laisse longtemps 

vivaces en nous le souvenir et l’imaginaire modelés au gré des constructions identitaires, religieuses, politiques inscrites dans un temps mouvant.  

Même si seuls les départs depuis l’Afrique font l’actualité des médias pour informer sur les migrations internationales, le continent voit ses filles et fils « revenir à la maison » ou même ne jamais partir, seulement « en rêve ». Dans le rêve d’Autrui  dont Joseph Tonda définit les contours, il pointe les imaginaires globalisés qui auront raison du « monde pauvre » auquel nous appartenons et qui lui fait dire que l’« on vit dans l’univers délirant d’autrui » qui nous plonge dans une modernité inquiétante et dystopique poussant les jeunes à une fuite hystérique que les pires moyens rendent possible.  

Face aux incertitudes du soi et aux (ré)pressions politiques, la science commence à être convoquée par les acteurs : à l’appel de l’ancien président du Ghana Nana Akufo-Addo et de l’actuel président du Burkina-Faso le Capitaine Ibrahim Traoré, plusieurs Africains nés ou établis hors du continent ont répondu. Entre 2024 et 2025, ils furent environ 700 Afro-descendants venant des États-Unis, d’Europe et des Caraïbes à être reçus ; dans le cadre de l’initiative « Roots to glory », motivée par cet appel officiel, qui a permis à plus de 8.000 Afro-américains de réaliser des tests ADN qui leur ont fait découvrir des racines africaines dont ils ont suivi les traces au Ghana, au Bénin, au Nigéria, au Libéria, en Sierra Leone et au Cameroun.

Les programmes de retour(s) en Afrique(s), présentés par les politiques qui les accompagnent comme aides à la recherche des racines, reconnexion à un héritage et à une histoire ou encore formes de réparation ; ouvrent d’innombrables champs de réflexion et des questions fondamentales parmi lesquelles celle du territoire d’origine des ancêtres et de la légitimité d’une appartenance à un groupe élargi dans les contextes où ce retour est choisi ou non. En effet, lorsqu’Emmanuelle Maunaye et Elsa Ramos montrent que la cohabitation, quelle qu’elle soit, met en mouvement plusieurs chez-soi gérés et définis directement dans les rapports d’interaction ; l’une des hypothèses qu’elles formulent est celle d’un chez-soi qui serait le reflet de la position qu’occupe l’individu dans l’ordre familial. 

Au carrefour de plusieurs chez-soi et de nombreuses possibilités qui se présentent, il convient de voir comment le chez nous renvoie à des territoires individuels qui sont transformés par un investissement collectif ; à la demeure et à la terre, mais aussi  au terreau de la construction d’un « nous ». Alors que le chez-soi est étudié comme un espace concret dont la matérialité permet de percevoir les limites et les seuils constituant des lignes de démarcation ou des zones intermédiaires, le chez nous semble, à priori à la portée de tous mais peut s’avérer aussi hors de portée si l’on s’en tient à ses nombreuses limites mouvantes, en constante évolution et redéfinies sans cesse. 

Cette journée d’étude n’a pas pour ambition de revenir sur ce que nous savons du chez- soi et du chez nous, mais espère transcender les champs de recherches relatifs aux migrations, aux constructions identitaires, aux constructions de soi, aux politiques des déplacés/rapatriement (etc) pour proposer une réflexion à partir d’un déplacement du regard. Elle s’intéresse aux incidences de l’un dans l’autre et aux tensions définitoires qu’ils provoquent. Elle souhaite répondre aux questions suivantes :  comment le chez-soi et le chez nous cohabitent-ils en Afrique(s) et comment résistent-ils l’un à l’autre ou l’un dans l’autre ? Comment penser leur articulation dans la mobilisation du sujet par le collectif et du collectif par le sujet ? Comment repérer le chez-soi dans le chez nous et comment l’un et l’autre se construisent ou se déconstruisent-ils en Afrique(s)  ? Quels imaginaires les rendent (im)possibles ?

 Les contributions peuvent explorer les axes de réflexion non exhaustifs que voici : 

 - Expériences du chez-soi et du chez nous en Afrique(s) 
 - Formes du chez nous : organisation, désorganisation, limites, frontières     
 - Illusions et désillusions du chez nous : liens, parentèles, solidarités, conflits  
 - Récits du chez nous : littérature, cinéma, chanson, conte
 - Formes du chez nous même loin de nous : exils, immigration, déracinement  
 - Libertés et contraintes du chez nous
 - Imagerie et stéréotypes du chez nous en Afrique(s) 

Modalités de soumission 

Les propositions de communication sont à envoyer avant le 7 avril 2026 à grecirea@ugb.edu.sn 

 Format : communications de 20 minutes suivies de 10 minutes de discussion

Modalités : présentiel et distanciel  

Lieu : UFR des Civilisations, Religions, Arts et Communication. Université Gaston Berger de Saint-Louis

Notification des réponses : 10 avril 2026

 Date de la journée d’étude : Mardi 28 avril 2026

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Comité d’organisation :   Sellou Diallo, Université Gaston Berger, Saint-Louis, Sénégal, Frédérique Louveau, Université Gaston Berger, Saint-Louis, Sénégal, Kalidou Sy, Université Gaston Berger, Saint-Louis, Sénégal, Françoise Naudillon, Université Concordia, Montréal, Canada, Geneviève Guetemme, Université d’Orléans, France, Delphe Kifouani, Université Gaston Berger, Saint-Louis, Sénégal.