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Mémoires et espaces dans les littératures hispano-américaines (revue ReCHERches)

Mémoires et espaces dans les littératures hispano-américaines (revue ReCHERches)

Publié le par Marc Escola (Source : Nathalie Besse)

Mémoires et espaces dans les littératures hispano-américaines 

Toujours, devant l’espace, nous sommes devant du temps, pourrait-on affirmer en nous inspirant des propos de Georges Didi-Huberman[1], ce que ne contredit pas l’étymon « spatium » signifiant non pas seulement une étendue, mais également un laps de temps ou la durée. L’espace, auquel la temporalité apporte une histoire et une profondeur, s’avère donc empreint de mémoire, tandis que celle-ci convoque l’espace si l’on en croit l’assertion de Maurice Halbwachs pour lequel « il n'est point de mémoire collective qui ne se déroule dans un cadre spatial »[2]. La mémoire serait-elle aussi consubstantiellement liée à l’espace qu’elle l’est au temps ? Et quels rapports la littérature entretient-elle avec eux ?

L’« indissolubilité de l’espace et du temps » a amené Mikhaïl Bakhtine à considérer que le chronotope, principale matérialisation du temps dans l’espace, apparaît comme le centre de la configuration figurative, comme l’incarnation du roman tout entier[3] ; de fait, on peut difficilement dissocier temps et espace dans l’étude d’un récit dont ils forment le cadre de l’intrigue, l’espace pouvant participer à cette dernière de façon déterminante. 

Avec la postmodernité, la séparation entre le texte et le réel prônée par les formalistes s’est atténuée, et l’espace fictionnel n’exclut donc plus sa relation avec l’espace réel : sans restreindre l’œuvre au milieu dans lequel elle apparaît, on reconnaît que la littérature parle du monde et s’inspire du hors-texte. L’espace, qu’il soit perçu, conçu ou vécu, s’avère une représentation[4], celle-ci n’étant « ni redoublement mimétique d’un modèle, ni vérité absolue, mais médiation imaginaire entre la conscience et le monde, dont il est impossible de s’abstraire », dit Pierre Glaudes[5]. Il ne s’agit pas d’étudier les référents extra-littéraires ou l’adéquation du texte avec ces derniers, quelque effet de réel qu’ils produisent, mais bien les (re)significations qu’ils proposent, leur mise en écriture et leur mise en mémoire littéraires, en n’omettant pas qu’un espace “de papier” réécrit le hors-texte : l’espace littéraire serait « une composition de lieux arrachés à leur cadre réaliste pour ne plus obéir qu’à des lois littéraires, indifférentes aux contingences du lieu et du temps », selon Michel Collot[6].

Le tournant épistémologique du spatial turn, apparu aux États-Unis dans les années 1980 et dont la postmodernité a créé les conditions, a fait entrer l’époque contemporaine dans une ère de spatialité[7] en revalorisant l’espace, ce qui a conduit à de nouvelles méthodologies parmi lesquelles la géocritique qui offre d’autres perspectives théoriques en opérant une lecture plurielle et critique des espaces – amenant d’ailleurs à se demander, entre réel et fiction, qui, du texte ou de l’espace, crée l’autre. Entre géographie du réel et géographie de l’imaginaire, la géocritique s’intéresse à la relation étroite qui relie espace et texte, ainsi que l’affirme Bertrand Westphal : « l’espace informe le texte lorsque s’agence la représentation fictionnelle d’un référent spatial. Inversement […] l’impact du texte (fictionnel) sur l’espace est patent lorsque se met en place une chaîne intertextuelle qui associe la “réalité” spatiale et la fiction », cette dernière pouvant modifier la perception de l’espace extra-littéraire pris pour référence[8]. C’est l’expérience de l’espace et sa réécriture fictionnelle qui importent.  Espaces de mémoire et mémoire des espaces, traversés par des événements et des mutations, produisent – ou sont produits par – des discours, des récits, dans lesquels l’espace s’avère un signifiant autant qu’un signifié, comme le remarquait Genette.

Bertrand Westphal observe une constante de l’espace contemporain : sa mobilité et, avec elle, un état permanent de transgression, de franchissement, une « transgressivité » donc, qui ferait de tout espace un ensemble non plus statique mais fluctuant et fluide[9]. Certaines dénominations postmodernes désignent, par ailleurs, des espaces qui se distinguent des autres : « hétérotopies » foucaldiennes, « non-lieux » de l’ethnologue Marc Augé, « hyper-lieux » du géographe Michel Lussault qui évoque ces « lieux-événement » soumis à une mémoire qui modifie la valeur symbolique de l’espace[10] : si l’espace constitue un produit social, il peut devenir contre-espace, espace du refus, résistant à l’espace public comme représentation du pouvoir, ainsi que l’envisageait Habermas[11]. La littérature qui réécrit l’espace peut donner voix aux marges invisibilisées, opposer aux espaces hégémoniques ces espaces oppositionnels qui défient les représentations dominantes et les mémoires autorisées. Interstices et frontières, qui représentent également des espaces autres, renvoient eux aussi à la mémoire et à des identités sociales et culturelles : « Les frontières sont du temps inscrit dans l’espace ; elles restent des buttes-témoins du passé ou des fronts vifs, selon les conjonctures locales, toujours des lieux de mémoire et parfois de ressentiment », affirme le géographe Michel Foucher[12].  

L’espace, imprégné de mémoire (historique, sociale, culturelle) et parcouru d’imaginaires et de discours, n’existe que par la référence à un sujet, un groupe, un point de vue, autant dire qu’il n’est pas neutre mais chargé de sens pour celui qui s’y trouve (ou qui s’en éloigne si l’on songe aux espaces envisagés depuis l’exil, l’absence ou la perte) ; métaphore du système social et champ de valeurs partagé par une communauté, il existe par ce qui le remplit et devient à son tour source de comportements, selon Abraham Moles et Élisabeth Rohmer dans Psychosociologie de l’espace[13], participant à la construction de l’individu et à l’idée qu’il se fait de lui-même. Une dimension sensorielle de la mémoire spatiale peut émaner du lien affectif entre les personnes et le lieu : le géographe Yi-Fu Tuan a popularisé le terme de « topophilie » pour désigner cet attachement émotionnel aux lieux qui structure notre rapport au monde et notre mémoire des espaces[14]. Les textes littéraires peuvent précisément mobiliser les sons, les odeurs, les textures ou les sensations comme déclencheurs mémoriels et comme façons d’habiter l’espace ou de s’en souvenir. Gaston Bachelard, pour lequel il y a un sens à dire qu’on « lit » un espace[15], a d’ailleurs montré, notamment dans La Poétique de l’espace, combien l’imagination et les rêveries sensorielles participent de l’expérience des lieux. 

Un nouveau discours ou de nouveaux imaginaires construisent un nouvel espace et, avec lui, de nouvelles mémoires, qui produiront à leur tour d’autres imaginaires, resémantisant l’espace. En Amérique latine, dont territoires et nations ont été parcourus ou façonnés par une histoire de conquêtes et de colonisations, de dictatures et de révolutions, entre autres violences directes et productrices de violences structurelles, mais qui ont connu également, pour certains, des procédures de réconciliation ou des processus de paix, des (contre-)récits mémoriels tendent à ébranler la version officielle ou se mettent au service de luttes sociales et identitaires qui rendent les marges créatrices, par exemple au moyen de collectifs ou grâce à de nouvelles solidarités. Selon quels jeux d’espaces et quelle mémoire, confrontative et revendicatrice, ou résiliente et plus apaisée, ces récits s’élaborent-ils ? 

Si l’espace est pétri de mémoire(s), la mémoire émane à son tour de l’espace. Maurice Halbwachs, fondateur d’une sociologie de la mémoire, pose l’importance du « cadre », à savoir l’ensemble des notions, du contexte, des pensées qui entourent les souvenirs, et qui sont faits en grande partie par la société ; autant dire que les cadres sont sociaux et que l’individu se souvient en fonction d’un certain sens donné par le langage, la famille, la religion, la classe sociale, entre autres exemples de facteurs de cohésion des groupes sociaux[16] : « Si la mémoire collective tire sa force et sa durée de ce qu’elle a pour support un ensemble d’hommes, ce sont cependant des individus qui se souviennent, en tant que membres d’un groupe. Nous dirions volontiers que chaque mémoire individuelle est un point de vue sur la mémoire collective […] », dit Halbwachs qui distingue deux mémoires : l’une, intérieure et personnelle, la mémoire autobiographique, l’autre extérieure et sociale, la mémoire historique[17]. Mais si « l’individu évoque ses souvenirs en s’aidant des cadres de la mémoire sociale », les divers groupes sociaux peuvent à chaque instant reconstruire leur passé[18].  

Les espaces n’échappent pas à une réécriture subjective, et l’idée d’une construction spatiale des souvenirs a été démontrée par Pierre Nora dans son incontournable Les lieux de mémoire, ces lieux qui sont « notre moment de l’histoire nationale », la mémoire ayant d’autant plus besoin « de supports extérieurs et de repères tangibles d’une existence qui ne vit plus qu’à travers eux », qu’elle est moins vécue de l’intérieur[19]. Ces lieux de mémoire le sont dans un sens matériel, symbolique et fonctionnel : ils sont investis « d’une aura symbolique »[20].

Paul Ricœur et ses travaux de référence sur la mémoire et l’histoire, ont montré ou rappelé la nécessité d’un devoir de mémoire qui est un devoir de rendre justice, par le souvenir, à un autre que soi[21], une mémoire juste et responsable mais délivrée de la culpabilité et qui ne trébuche pas sur l’écueil de l’injonction ou d’autres abus tels que la mémoire empêchée, la mémoire manipulée ou la mémoire obligée[22]. Sacraliser la mémoire est un autre moyen de la rendre stérile, affirmait Tzvetan Todorov pour lequel la question était de savoir de quelle manière on se sert du passé et dans quel but ?[23] Elizabeth Jelin, qui s’est intéressée aux mémoires de la répression en Amérique latine dans Los trabajos de la memoria, reprend ces questions avec les « entrepreneurs de mémoire » qui, recherchant la reconnaissance sociale et la légitimité politique de leur interprétation du passé, diffusent certains récits mémoriels dans l’espace public, défendant ou contestant – et reconstruisant donc – des mémoires collectives[24].

La mémoire familiale, elle aussi collective et plurielle, spatialisée et symbolique, n’échappe pas à ces remarques et tensions dans la transmission – et donc la narration – du passé. Anne Muxel propose une distinction entre une « mémoire intime » et une « mémoire constituée », la première étant personnelle, émotionnelle et sensorielle et pouvant ressurgir inopinément, la seconde étant moins affective et plus codifiée, émanant du groupe et transmise entre générations[25]. On songe, en l’occurrence, aux travaux de Marianne Hirsch qui propose le terme de « postmémoire » pour désigner la transmission des traumatismes (de la guerre ou du génocide) chez ceux qui n’ont pas vécu l’événement mais qui ont grandi en écoutant les récits de ceux-ci[26], la « génération-charnière » (hinge generation). On ne peut d’ailleurs omettre les recherches des psychanalystes Nicolas Abraham et de Maria Torok sur les « fantômes » et les « cryptes » laissés par des traumatismes ou des secrets, entre autres formes de hantise du passé[27]. Les concepts et catégories ne manquent pas dans ces réflexions inépuisables et toujours renouvelées sur la mémoire.

Ce tournant mémoriel (memory turn) a constitué, autour des années 1980, un changement majeur dans l’appréhension du passé qu’il n’approche plus depuis la perspective des faits ou de l’histoire événementielle – encore moins avec l’idée d’une vérité historique objective –, mais depuis celle de la mémoire collective (témoignages et commémorations, silences ou trop-pleins de la mémoire qui ne l’empêchent pourtant pas d’être en partie lacunaire), de la manière dont les sociétés se souviennent et transmettent le passé, autrement dit la manière dont elles le mettent en récit. Pour Ricœur, qui trouvait légitime « de traiter les structures profondes de l’imaginaire pour des matrices communes à la création d’intrigues romanesques et à celles d’intrigues historiennes » tout en rappelant qu’« il devient urgent de spécifier le moment référentiel qui sépare l’histoire de la fiction »[28] et en soulignant les différences fondamentales qui distinguent histoire et mémoire dans leur rapport au passé, la mémoire est toujours narrativisée. Or, la relecture et la réécriture de l’événement cristallisent certains enjeux, entre récupération, tension et réfutation, sur un plan politique ou social, mais également littéraire, ce qui nous intéresse étant la manière dont la littérature (re)construit l’événement et l’espace, remodèle leur perception et leur sens, les “met en mémoire”.

Pierre Laborie s’intéresse à ces phases de construction de l’imaginaire social de l’événement et de reconstructions successives des mémoires collectives, en invitant à s’interroger sur le rôle des modes de réception dans la construction de l’événement et de la fabrication du sens qui lui est attribué, mais également sur la réception comme structure, comme procédure sélective des faits et comme lieu de formation des effets structurants de l’événement, sur ses limites dans « l’invention du sens », sur le poids des temporalités qui orientent ou décident du mode de réception[29]. Le présent reconfigure le passé, se reconfigurant à travers ce dernier. La lecture du passé suppose un « décantage » – pour parler comme Marc Bloch – opéré par la mémoire : « C’est elle qui décante le passé de son exactitude », rappelle Georges Didi-Huberman[30]. La mémoire, pétrie d’affects et ignorant la chronologie, édulcore ou dramatise, dénie ou surinvestit, comprime ou dilate, un passé avec lequel elle n’entretient qu’un rapport partiel ou relatif.

Dans La mémoire saturée, Régine Robin interroge précisément la multiplicité de discours et de représentations sur un passé non critiqué, l’indifférenciation des événements, certains mécanismes d’inversion ou de symétrie (on valorise ce qui avait été dévalorisé), ou encore une oscillation entre différentes formes de mémoire en conflit[31], par exemple entre l’effacement des traces[32] et le fantasme de tout conserver visible dans la passion de l’archivage[33], les nouveaux musées, expositions et cérémonies, entre autres saturations patrimoniales qui ne refusent pas la falsification de l’histoire[34].

Régine Robin, lorsqu’elle considère ces « relectures » ou « réinterprétations » qui « formulent de nouvelles hypothèses, mettent en place de nouvelles interrogations, produisent de nouvelles lectures »[35], évoque une « mémoire hypertexte » et, dans son sillage, les hypertextes de fiction, pouvant émaner de nouveaux genres – ou même d’écritures hors genre, ni fictionnelles, ni historiques – à même de représenter des espaces d’écriture qui “rendent compte” de l’événement[36], la fiction constituant un riche et suggestif espace de mémoire(s).

Il s’agira de voir comment les littératures de l’aire hispano-américaine s’emparent de ces questions, dans quelle mesure mémoire et espace sont mis en relation, entre eux et avec d’autres éléments du texte, de quelle manière ils s’insèrent et opèrent dans le récit (ou le poème, ou la pièce de théâtre), et quelle est leur fonction, ou encore quels discours ils produisent, selon quelles stratégies narratives et pour quels enjeux.

Mémoire et espace participent-ils à la vraisemblance du récit, portent-ils un savoir, des significations, des valeurs ? Apparaissent-ils en concordance ou en dissonance ? Dévoilent-ils des espaces en tension, des espaces reconquis, réhabilités, resignifiés ? Quelles nouvelles constructions de l’espace et/ou de la mémoire (collective, familiale, individuelle) proposent-ils ou quels imaginaires révèlent-ils ? Quelle place accordent-ils aux questions des minorités et du genre ? On démasquera de possibles récupérations, instrumentalisations ou nouveaux manichéismes, s’il y a lieu.

Quelles incidences des relations entre mémoire et espace sur la forme et les techniques narratives observe-t-on ? Privilégient-elles des formes particulières – par exemple, une syntaxe malmenée ou un texte morcelé pour exprimer la mémoire du trauma ; ou la polyphonie multipliant les perspectives et témoignant de mémoires plurielles et d’espaces variés ? Dans le cas spécifique du théâtre où l’espace de la scène et celui du corps s’ajoutent à l’espace textuel, par quels dispositifs scéniques sont représentés et dramatisés espaces et mémoires, et comment dialoguent-ils ?

Quels que soient les aspects étudiés, mémoires et espaces seront considérés corrélativement, dans leurs interactions, voire leurs causalités.

Les propositions d’articles inédits porteront sur la littérature récente ou contemporaine : le roman, la nouvelle, la poésie, le théâtre, voire l’autofiction.

Le résumé, d’une dizaine de lignes environ, en français ou en espagnol, sera adressé avant le 14 avril 2026 à Nathalie Besse et Julie Martz :

nbesse@unistra.fr, martzj@unistra.fr  

Le résumé sera accompagné de :

                   - 4-5 mots-clés

                   - l’établissement de rattachement et le mail professionnel

                   - une notice bio-bibliographique de 5 lignes

Une réponse sera donnée en mai et les articles seront attendus pour le 30 septembre 2026 en vue d’une publication à l’automne 2027 dans le numéro 39 de la revue ReCHERches.

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[1] « Toujours, devant l’image, nous sommes devant du temps », Georges Didi-Huberman, dans l’ouverture de Devant le temps. Histoire de l’art et anachronisme des images, Paris, Les Éditions de Minuit, 2000, p. 9.
[2] Maurice Halbwachs, La mémoire collective, Paris, Presses Universitaires de France, 1968, p. 146.
[3] Mikhaïl Bakhtine, Esthétique et théorie du roman, Paris, Gallimard, 1978, p. 237 et 391.
[4] Nous reprenons ici la catégorisation d’Henri Lefebvre dans La production de l’espace (1974).
[5] Pierre Glaudes (dir.), « Introduction », La représentation dans la littérature et les arts, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 1999, p. XXI.
[6] Michel Collot, Pour une géographie littéraire, Paris, Éditions Corti, 2014, p. 95.
[7] Bertrand Westphal, La géocritique. Réel, fiction, espace, Paris, Les Éditions de Minuit, 2007, p. 45.
[8] Ibid., p. 273. L’auteur est le fondateur de la géocritique.
[9] Ibid., p. 17. On trouve cette représentation mobile des espaces chez le philosophe Gilles Deleuze et le psychanalyste Félix Guattari avec les concepts de déterritorialisation et reterritorialisation, dans Mille Plateaux. Capitalisme et schizophrénie 2, Paris, Les Éditions de Minuit, 1980, p. 635.
[10] Voir Michel Foucault, Le corps utopique suivi de Les hétérotopies, Éditions Lignes, Paris, 2009 ; Marc Augé, Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité, Paris, Seuil, 1992 ; Michel Lussault, Hyper-lieux. Les nouvelles géographies de la mondialisation, Paris, Seuil, 2017.
[11] Jürgen Habermas, L’espace public, Payot, 1988.
[12] Michel Foucher, L’obsession des frontières, Paris, Perrin, 2007, p. 28.
[13] Abraham Moles et Élisabeth Rohmer, Psychosociologie de l’espace, Paris, L’Harmattan, 1998, p. 11, 22, 25.
[14] Yi-Fu Tuan, Topophilia. A Study of environmental perception, attitudes and values, Englewood Cliffs (New Jersey), Prentice Hall, 1974.
[15] Gaston Bachelard, La poétique de l’espace, Paris, Presses Universitaires de France, 1957, p. 95.
[16] Alexandre Abensour, La mémoire, Paris Flammarion, Collection Corpus, 2014, p. 202 et 203.
[17] Maurice Halbwachs, La mémoire collective, op. cit., p. 33 et 37.
[18] Maurice Halbwachs, Les cadres sociaux de la mémoire, Alcan, 1925, p. 206.
[19] Pierre Nora (dir.), Les lieux de mémoire. I La République, Paris, Éditions Gallimard, 1984, p. XLI et XXVI.
[20] Jean-Hugues Déchaux, Le souvenir des morts. Essai sur le lien de filiation, Paris, Presses Universitaires de France, 1997, p. 179.
[21] Catherine Coquio, Le mal de vérité. Ou l’utopie de la mémoire, Paris, Armand Colin, 2015, p. 137.
[22] Paul Ricœur, La mémoire, l’histoire, l’oubli, Paris, Seuil, 2000.
[23] Tzvetan Todorov, Les abus de la mémoire, Paris, Arléa, 2004, p. 33.
[24] Elizabeth Jelin, Los trabajos de la memoria, Madrid, Siglo XXI de España Editores, 2002.
[25] Jean-Hugues Déchaux, op. cit., p. 157
[26] Marianne Hirsch, Family Frames. Photography Narrative and Postmemory, Cambridge, Harvard University Press, 1997, p. 22. 
[27] Nicolas Abraham et Maria Torok, L’écorce et le noyau, Paris, Flammarion, 1978.
[28] Paul Ricœur, op. cit., p. 328.
[29] Pierre Laborie, Penser l’événement : 1940-1945, Paris, Gallimard, 2019, p. 30 et 35.
[30] Georges Didi-Huberman, op. cit., p. 36 et 37.
[31] Régine Robin, La mémoire saturée, Paris, Éditions Stock, 2003, p. 18-19, et 109 pour les mécanismes d’inversion.
[32] Les intitulés des sections offrent des termes choisis : entre détournements, dénégations et déplacements, il s’agit de démolir, amnistier, effacer, substituer.
[33] Ibid., p. 19-20. Or, l’archive, selon Jacques Derrida, n’est pas seulement un lieu de conservation d’un contenu passé : « l’archivation produit autant qu’elle enregistre l’événement ». Voir Mal d’archive. Une impression freudienne, Paris, Éditions Galilée, 1995, p. 34.
[34] Régine Robin, op. cit., p. 113 et 121. Quoique ces remarques concernent essentiellement l’appréhension de la Shoah ou de certains événements et formes mémorielles en France, elles s’appliquent dans l’aire hispano-américaine où la notion de trauma n’est pas étrangère et qui possède elle aussi ses histoires, ses événements et ses réélaborations.
[35] Ibid., p. 196.
[36] Ibid., p. 277.