Cette édition, comprenant une préface inédite d’Aurore Evain, met à l’honneur trois œuvres majeures de l’autrice.
L’histoire littéraire n’a pas « oublié » Catherine Bernard, la première femme dramaturge à avoir été jouée à la Comédie-Française. Elle l’a effacée. De son vivant déjà, on lui refusait la paternité de ses œuvres, les attribuant à ses prétendus amants, ce qui ne les empêchaient pas d’être plagiées, car reconnues par tous comme des chefs-d’œuvre. Plusieurs années après sa mort, son nom n’apparaîtra plus dans les dictionnaires et anthologies de la littérature, entérinant la disparition d’une des plus grandes autrices de son temps.
Avec Frédéric de Sicile, Catherine Bernard explore un triangle amoureux d’une modernité brouillant les frontières des genres. C’est à un amour interdit qu’elle s’intéresse dans son recueil Inès de Cordouetout en proposant avec Riquet à la houppe la première évocation du conte avant que Charles Perrault ne s’en empare. Avec Le Commerce galant, elle signe le premier roman épistolaire de la littérature française, dont les échanges pleins d’esprit inspireront Les Liaisons dangereuses.
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Catherine Bernard est née vers 1663 à Rouen, dans une famille protestante qui lui assure l’éducation d’une femme de qualité. Galvanisée par ses premiers succès littéraires, à dix-sept ans à peine, elle monte à Paris. Lauréate du prix de poésie de l’Académie française à trois reprises, membre de l’Académie des Ricovrati de Padoue, cette autrice appartenant au courant de la préciosité, devient l’une des plumes les plus reconnues de son temps jusqu’à ce que son nom soit sciemment oublié.