Édition
Nouvelle parution
J.-H. Rosny aîné, La mort de la Terre (éd. Kevin Pelladeaud)

J.-H. Rosny aîné, La mort de la Terre (éd. Kevin Pelladeaud)

Publié le par Marc Escola (Source : Kevin Pelladeaud)

En 1910, Rosny aîné fait paraître l'une de ses fictions scientifiques les plus importantes : La mort de la Terre. Ce récit de fin des temps raconte la disparition lente de l'humanité par l'assèchement du monde, mais aussi par l'invasion progressive d'une espèce étrange - les "ferromagnétaux" - qui contaminent peu à peu l'ensemble de la planète. Les protagonistes, contraints de se rassembler en oasis, s'engagent alors dans une lutte contre ces êtres nouveaux, qui détruisent peu à peu l'habitat humain.

Jalon incontournable des histoires de fin des temps en France, La mort de la Terre est aussi une oeuvre qui renouvelle l'écriture de la fiction d'inspiration scientifique, par une approche du "merveilleux-scientifique" originale (cf. Fleur Hopkins-Loféron). Ce "genre" particulier, décrit notamment par Maurice Renard, plonge son imagination dans l'inconnu et les mystères de l'univers encore à explorer, en prenant ses distances avec d'autres formes de fiction scientifiques déjà existantes à l'époque - celles de Jules Verne ou Émile Zola par exemple.

L'ouvrage de Rosny aîné est surtout l'occasion d'explorer de façon originale les peurs générées par la civilisation technique et industrielle à la Belle-Époque. Les "ferromagnétaux", création poétique et scientifique de Rosny aîné, sont en réalité des êtres vivants issus de l'activité humaine et technique, dans lesquels se lit les craintes de toute une génération littéraire face à un pouvoir humain désormais capable de créer, plus ou moins directement et consciemment, des êtres artificiels devenant pleinement autonomes, menaçant l'homme et la Nature.

Cette fiction brève s'inscrit également dans un renouvellement important des formes fictionnelles du début du XXe siècle et dans les recherches narratives menées par la littérature de la Belle-Époque. Refusant explicitement le roman long, Rosny aîné se sert de ce récit de fin des hommes pour explorer des propositions fictionnelles nouvelles inspirées par la démarche philosophique et poétique.

Cette nouvelle édition, préfacée et annotée par Kevin Pelladeaud (UGA, Litt&Arts), est accompagnée des illustrations originales de Guillot de Saix publiées lors de la parution initiale dans les Annales politiques et littéraires.