« Devenir DJ, c’était fuir, me rebeller contre un ordre diurne du temps et des corps. Déserter la norme. Vivre quand les autres dorment. Me lever tard. Flâner dans la ville, sortir de boîte, me glisser dans une autre, prolonger les nuits jusque dans le jour. Échapper à la classe, au bureau. Échapper à ma classe, sortir de mon état, de mon milieu, pour plonger dans cet étrange milieu, le milieu de la nuit, le milieu des femmes. »
Un voyage éblouissant dans la mémoire d’Anne F. Garréta qui revient sur les lieux de son premier livre écrit en 1986, à l’âge de 23 ans : Sphinx, roman virtuose devenu culte, disséquait dans une langue classique la passion, sur fond de boîtes de nuit, entre deux personnages de sexe indécidable.
Quarante ans après, l’envers du décor se dévoile. Anne F. Garréta, nous plonge de façon abrupte et radicale dans la nuit des années 1980, où elle fit l’apprentissage du métier de DJ au Katmandou, boîte de la rue du Vieux-Colombier. Vertige, beauté, éclat de ce parcours initiatique entre Paris, New York et Berlin ; traversée nocturne, nomade où les gestes de la DJ se diffractent avec élégance dans ceux de l’écriture, de la danse et de l’amour.
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On peut lire sur en-attendant-nadeau.fr un article sur cet ouvrage :
"Le tedium et la transe", par Cécile Dutheil de la Rochère (3 avril 2026)
Il y a longtemps, à la fin du siècle dernier, parut un récit qui créa une zébrure dans le ciel de la littérature française. Il s’appelait Sphinx et émanait d’une autrice dont les coordonnées chahutaient toutes les normes. Anne F. Garréta, à qui on demande pardon de la renvoyer, une fois de plus, à ce premier roman, a ceci de rare : elle marie les contraires. Elle comprend en elle, dans sa tête, son corps et ses attirances, des éléments qui chez la plupart se repoussent, s’annulent ou rendent fou. C’est eux que son dernier livre, DJ. Portrait de l’artiste en animale nocturne, expose et ausculte : on est sidéré.