Francophonies et traduction. Circulation des littératures francophones : singularités, traductions et réception (Mons, Belgique, 12-13 novembre 2026)
Présentation des responsables de l’organisation :
L’Association des Études Francophones (AEEF) rassemble les chercheurs et chercheuses qui étudient les littératures francophones contemporaines, qu’elles soient européennes, africaines, américaines, asiatiques ou océaniennes. L’AEEF entend promouvoir « une nouvelle façon de penser l’histoire des textes produits en langue française, y compris en France, et donc sortir des lectures hexagonales trop souvent déformantes » (Association des Études Francophones, s.d.). Les colloques que l’AEEF a organisés depuis 2003 traitent le plus souvent de thématiques, de « Violence et vérité » (Paris, 2008) à « Autour de l’écopoétique » (Nabeul, 2025), en passant par « Résilience et modernité » (Bruxelles, 2018). Ils ont donné lieu, systématiquement, à des publications.
Les membres de la Faculté de Traduction et d’Interprétation (FTI-EII) de l’Université de Mons, créée en 1962 sous le nom d’École d’Interprètes internationaux, et de son centre de recherche TELL (Traduction, enseignement, langues et lettres) organisent leurs activités de recherche sous l’égide de l’Institut Langage et de l’Institut Soci&ter. Au sein de la FTI-EII, le laboratoire Lettres & Traduction rassemble les chercheur·es qui s’intéressent aux interactions entre littérature et traduction dans une perspective résolument interdisciplinaire. Enfin, le Service d’Études françaises et francophones de la FTI-EII fédère le travail de chercheur·es dans les domaines des langues, des cultures ainsi que des littératures de la « francophonie » – au sens de « communauté des peuples qui parlent le français ».
En 2018, la FTI-EII (Catherine Gravet) et le groupe de recherche TRICS de l’Université d’Anvers (Katrien Lievois) ont organisé conjointement un colloque intitulé « Traduire la littérature belge francophone » qui a également donné lieu à deux publications. Les deux universités renouvellent aujourd’hui leur collaboration pour étendre ces réflexions à toutes les francophonies.
Objectifs du colloque 2026
Souvent envisagée comme un bloc homogène – la « littérature de langue française » – ou au contraire décrite comme un ensemble éclaté de « littératures francophones », la production littéraire en français révèle, dès qu’on s’intéresse à ses conditions de diffusion, une dynamique fondamentalement plurielle. Dès lors que l’on interroge la circulation transnationale des œuvres, cette pluralité apparaît non seulement incontournable, mais structurante.
Si les littératures francophones continuent à jouir d’une considération importante dans le monde, c’est notamment parce qu’elles sont traduites. Elles traversent plusieurs frontières, y compris internes, avant d’exister et d’être reconnues dans d’autres ensembles linguistiques et culturels que les leurs. En dressant la carte des pérégrinations des textes francophones, nous constaterons que les frontières constituent tantôt des murs infranchissables ou contournables, tantôt des passerelles.
Le présent colloque entend faire dialoguer littéraires, traductologues, linguistes, didacticiens et comparatistes au sujet des œuvres littéraires écrites en français et traduites. Les interventions porteront soit sur les œuvres francophones à condition qu’elles aient été traduites, soit sur leurs traductions.
Nous souhaitons que les communications tentent de répondre aux questions posées ci-dessous, en fonction des spécialités de chacun·e et en s’inscrivant dans l’un des trois axes proposés.
Axe 1 — Singularités des œuvres francophones en circulation
Les contributions s’attacheront à analyser les caractéristiques récurrentes des œuvres littéraires francophones en circulation, en portant une attention particulière aux cinq aspects suivants : plurilinguisme, présence de l’« autre », intertextualité, connotations et métaphores.
Ces dimensions peuvent être envisagées comme des formes de traduction opérant à l’intérieur même du texte source. Le plurilinguisme (y compris langues régionales ou dialectales) engage des processus de médiation, d’explicitation ou de reformulation visant à rendre accessibles des réalités linguistiques et culturelles hétérogènes ; la présence de l’« autre » suppose un travail de mise en discours de l’altérité reposant sur des stratégies de transposition, d’ajustement ou de négociation du sens ; enfin, l’intertextualité implique souvent des procédés de recontextualisation de références implicites. Quant aux connotations et aux métaphores, elles peuvent enrichir la compréhension d’un texte en ajoutant de l’implicite et des émotions, en concrétisant l’abstrait, en aidant à la conceptualisation.
En ce sens, ces pratiques linguistiques, textuelles et stylistiques mobilisent des outils traditionnellement associés à l’activité traductive — tels que la paraphrase, l’équivalence fonctionnelle, la compensation ou l’explication — et invitent à repenser les frontières entre écriture et traduction.
Axe 2 —Traductions et circulations des œuvres littéraires francophones
Il s’agira également d’analyser les mécanismes qui rendent possibles – ou, au contraire, entravent – la transmission et la circulation des littératures francophones. Une série de questions guidera notre réflexion : par qui, où, quand et surtout comment les œuvres littéraires francophones sont-elles traduites – retraduites ou auto-traduites ?
Pour comprendre les modes de circulation et de réception des écrivain·es de langue française à l’échelle mondiale, il importe d’aborder les littératures francophones en articulant plusieurs niveaux d’analyse : leur inscription dans un espace national spécifique ; leur positionnement dans un champ littéraire francophone transnational, traditionnellement centralisé autour de Paris ; enfin leur présence dans des espaces littéraires non francophones.
Les textes qui retiendront notre attention franchissent ainsi diverses frontières, symboliques ou matérielles, avant de trouver un lectorat ou une reconnaissance dans d’autres contextes culturels. L’examen de leurs trajectoires montre que ces frontières peuvent tour à tour servir d’obstacles ou devenir des points d’accès. Il n’est d’ailleurs pas rare que des œuvres très visibles dans leur pays d’origine demeurent peu diffusées, voire méconnues, ailleurs.
Axe 3 — Réceptions, influences et capital symbolique dans les littératures d’accueil
D’autres œuvres, cependant, sont accueillies avec enthousiasme dans les champs littéraires d’autres cultures ou d’autres pays. Dans ce cas, il s’agira d’analyser quelle(s) influence(s) peuvent avoir les textes des auteur·ices francophones au sein de ces littératures autres : mesurer leur capital symbolique, analyser les formes de réception, et déterminer leur place dans le chœur de la littérature monde. Cet axe vise à comprendre non seulement comment les œuvres sont reçues, mais aussi comment elles contribuent à transformer, enrichir ou interroger les traditions littéraires qui les accueillent.
Nous invitons donc les participant·es à mobiliser une diversité d’approches – relevant de la sociologie de la littérature, de la littérature comparée, des théories de la réception, des études de la traduction ou encore des recherches consacrées à la didactique puisque l’enseignement des littératures francophones constitue souvent un défi au sein des institutions autant qu’un passage entre cultures.
L’objectif est de réfléchir, à partir de ces disciplines et méthodologies variées, aux transferts littéraires et culturels (ainsi qu’à leur histoire) qui dynamisent les espaces francophones, aux conditions permettant leur accomplissement, et aux mécanismes – esthétiques, sociaux, institutionnels, linguistiques et pédagogiques – qui structurent la circulation et la réception transnationale des littératures de langue française.
Bibliographie
NB les disciplines et les méthodologies convoquées étant très variées, et le corpus particulièrement vaste, les références qui suivent concernent essentiellement la traductologie et sont purement indicatives.
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Wecksteen, Corinne & El Kaladi, Ahmed (dir.), La traductologie dans tous ses états. Arras, Artois Presses université, 2007.
Instructions
Si vous souhaitez participer à ce colloque, veuillez envoyer un résumé de votre communication (500 mots max.), un titre, ainsi qu’une notice bio-bibliographique vous concernant avant le 1er juin 2026 aux adresses suivantes : catherine.gravet@umons.ac.be et katrien.lievois@uantwerpen.be .
En objet de votre courriel, merci d’indiquer « Francophonies et traduction » + vos NOM et prénom, ainsi que dans le titre du fichier joint. Dans le corps du mail, indiquer l’axe dans lequel vous vous inscrivez.
Un lien vers l’appel : https://web.umons.ac.be/app/uploads/sites/200/2026/01/Colloque-francophonies-et-traduction-et-logos.pdf
Catherine Gravet vous communiquera la réponse du comité fin juin.
Les comités se composent de :
- UMONS – académiques : Élisabeth Castadot, Béatrice Costa, Olga Gortchanina, Catherine Gravet, Kevin Henry, Juan Jimenez-Salcedo, Audrey Louckx, Laurence Pieropan, Bénédicte Van Gysel.
Autres : Stéphanie Delneste, Tiffany Jandrain, Laure Kazmierczak, Giulia Marinucci, Olivier Odaert, Isabelle Piette. - UAntwerpen : Katrien Lievois.
- AEEF : Olfa Abdelli, Abdelouahed Mabrour, Marc Quaghebeur, Cristina Robalo Cordeiro
- FWB : Laurent Béghin (Saint-Louis UCLouvain) (Céline Letawe (ULiège), Vincent Louis (ULB), Thea Rimini (ULiège), Hubert Roland (UCLouvain).