Disparue en décembre dernier, Michèle Audin était mathématicienne mais reste membre de l’Oulipo (où elle est simplement excusée pour cause de décès). Passionnée par l'histoire de la Commune de Paris, elle a longtemps animé le blog macommunedeparis.com. Elle a publié des livres de littérature et d'histoire, sur les anonymes de la Commune, sur les oubliées de sa famille, sur son père Maurice Audin, assassiné par l'armée française en 1957… Mais on lui doit aussi de beaux essais sur Paris, récemment parus et dûment salués par Fabula : Paris, boulevard Voltaire, suivi de Ponts (Gallimard), Rue des Partants. Paris, Ménilmontant 1848-1953 (Terres de feu). Paraît aujourd'hui aux éd. de l'EHESS Berbessa. Mes ancêtres colons, fruit d'une conversation entamée dès février 2021 avec Marie Laborit, et dont le manuscrit achevé peu avant sa disparition a été accompagné par Juliette et Claude Sabbah. Berbessa est le lieu où se nouent son identité complexe et notre histoire collective, le village des destins croisés de la France et de l'Algérie en contexte colonial. Dans ce récit sans concessions, Michèle Audin poursuit son entreprise historique et littéraire : c'est à une autre écriture de soi en même temps qu'à une autre histoire de la colonisation qu'elle nous invite. Les éditions de Minuit rééditent de leur côté La Maison hantée dans la collection "Double", qui était venu l'an passé ouvrir une fenêtre sur le quotidien de la capitale alsacienne annexée sous l’Occupation.