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Appels à contributions
« Progrès, Dégénérescence, Stagnation » /

« Progrès, Dégénérescence, Stagnation » / "Improvement, Degeneration, Stagnation” (Université Paul Valéry)

Publié le par Mihai Duma (Source : MARINE BASTIDE DE SOUSA)

Appel à communications : « Progrès, Dégénérescence, Stagnation »

18e Journées des Doctorants, doctorantes et Jeunes Chercheurs et Chercheuses de la SEAA 17-18 et de la SFEDS, organisées en partenariat avec la British Society for Eighteenth Century Studies (BSECS)

3-4 septembre 2026, Université de Montpellier Paul-Valéry

 

Comité d’organisation :

-       Emma Pearce (BSECS, Glasgow School of Art)

-       Hardeep Dhindsa (BSECS, Birmingham Museum and Art Gallery)

-       Rachel Bynoth (BSECS, Bath Spa University)

-       Marine Bastide de Sousa (SFEDS, Université de Lille)

-       Sarah Vidal (SEAA 17-18, Université de Montpellier Paul-Valéry)

-       Alice Marion-Ferrand (SEAA 17-18, Université de Montpellier Paul-Valéry)

 

Le 17 août 2020, la Faculté de Médecine de Montpellier a célébré le 800ème anniversaire de sa création, ce qui en fait le plus ancien lieu d’enseignement de la médecine encore en activité aujourd’hui. Tout au long de sa riche histoire, la Faculté de Médecine a permis de vastes échanges internationaux ainsi qu’un grand nombre d’innovations dans les domaines de l’anatomie, de la botanique, de la chirurgie et de la pharmacie. Certaines de ces innovations ont façonné jusqu’à l’architecture même de la ville : créé en 1593, le Jardin des Plantes fut le premier jardin botanique universitaire de France. Il est encore aujourd’hui l’un des lieux emblématiques de la ville.

En lien avec le rôle joué par Montpellier dans le développement des connaissances médicales en Europe, le colloque de cette année étudiera les notions de progrès, de dégénérescence et de stagnation ou, en anglais, « improvement, degeneration, stagnation ».

Le scientifique français du XVIIIᵉ siècle Antoine-Laurent de Lavoisier est souvent associé à un principe qu’il entendait ériger en fondement de la chimie moderne : il formule l’idée selon laquelle lors d’une réaction chimique, la matière ne disparaît ni ne naît, elle se transforme. La formule devenue célèbre — « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » — condense l’esprit de son héritage intellectuel. Elle éclaire les résonances multiples des trois termes qui composent le titre de ce colloque, lesquels peuvent se rejoindre sous le signe du changement ou être envisagés comme trois dynamiques distinctes.

Notion cardinale de la pensée européenne de la première modernité, le progrès trouve dans le monde anglophone une déclinaison singulière à travers le terme improvement. Ce dernier, fréquent dans les discours anglais des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, renvoie à un processus d’amélioration progressive, mais ne recoupe pas exactement le sens que revêtent en français les notions de progrès ou d’amélioration. Cette nuance de traduction invite à s’interroger : que révèle cette spécificité lexicale sur la manière dont les sociétés britanniques conçoivent le développement matériel, moral et intellectuel ? Le progrès — ou son équivalent anglais — prend-il partout les mêmes formes ? Et inversement, les idées de stagnation ou de dégénérescence appellent-elles des distinctions semblables selon les contextes géographiques, culturels ou politiques ?

La notion de progrès possède également une dimension plus sombre. En lien avec la philosophie des Lumières, les puissances coloniales du xviiie siècle cherchèrent à « améliorer », c’est-à-dire à « civiliser » la plupart des peuples auxquels elles imposèrent leur domination, ce qui mena à la destruction de communautés et de cultures. Dans le contexte de l’esclavage aux Caraïbes par les Britanniques, les prétentions à « l’amélioration » (inscrites dans la loi Amelioration Act de 1798) furent un moyen pour les défenseurs du commerce d’esclaves de rejeter et donc de repousser l’abolition. De telles vues remettent en question les objectifs du « progrès » et mettent en lumière ses connotations potentiellement racistes et coloniales.

Nous invitons les participants à interpréter les termes de progrès, de dégénérescence et de stagnation de façon large, sans restrictions géographiques, étymologiques ou conceptuelles. Les propositions pourront s’intéresser aux questions suivantes (liste non-exhaustive) :

  • La matérialité de ces termes
  • Le bien-être social, moral et économique
  • Les perspectives médicales, incluant le développement de la médecine psychologique ou psychiatrique et des (pseudo-)sciences comme le spiritualisme ou l’alchimie
  • La question du goût, des mentalités, des valeurs et des distinctions entre groupes, tant dans le domaine social que littéraire
    Les débats et évolutions concernant le langage
  • Les identités et comparaisons nationales, ainsi que la place des notions de progrès, de stagnation et de dégénérescence dans les rivalités entre nations
  • Le rythme du progrès et/ou de la dégénérescence
  • Science, innovation et développement des savoirs
  • Exploitation coloniale et esclavage
  • Religion, sécularisation et pensée des Lumières
  • Genre, sexualité et perception du corps féminin
  • Conception du progrès et de la dégénérescence dans l’art, le design et l’architecture ; ainsi qu’en littérature et philosophie
  • La notion de changement et la vision téléologique du progrès
  • Les ambiguïtés autour de la notion de progrès et les frontières incertaines entre le progrès, la dégénérescence et la stagnation


Les propositions de communication, en français ou en anglais, sont à envoyer à l’adresse montpellierconference2026@gmail.com, sous la forme d’un résumé de 250 mots assorti d’une courte biobibliographie. Les propositions d’ateliers, de tables rondes ou de séances complètes (entre 3 et 4 intervenants) doivent être accompagnées d’un résumé pour chaque proposition (250 mots) et d’une courte présentation du thème, des intervenants, et du/de la président.e de séance pressenti.e. Les propositions sont à envoyer avant le 13 mars 2026.


 

Call for papers: “Improvement, Degeneration, Stagnation”

BSECS/SEAA 17-18/SFEDS Postgraduate and Early Career Researcher Conference

3-4 September 2026, University of Montpellier Paul-Valéry

 

Conference Organisers:

-       Emma Pearce (BSECS, Glasgow School of Art)

-       Hardeep Dhindsa (BSECS, Birmingham Museum and Art Gallery)

-       Rachel Bynoth (BSECS, Bath Spa University)

-       Marine Bastide de Sousa (SFEDS, Université de Lille)

-       Sarah Vidal (SEAA 17-18, Université de Montpellier Paul-Valéry)

-       Alice Marion-Ferrand (SEAA 17-18, Université de Montpellier Paul-Valéry)

 

We invite proposals for papers for this year’s collaborative Postgraduate and Early Career Researcher Conference between the British Society for Eighteenth-Century Studies, the Société d’Études Anglo-Américaines des XVIIe et XVIIIe siècles and the Société Française d’Études du XVIIIe siècle, held at the University of Montpellier Paul-Valéry.

On 17 August 2020, the Faculté de Médecine de Montpellier celebrated the 800th anniversary of its foundation, making it the oldest medical university in the world still in operation. Throughout its long history, the Faculté de Médecine fostered vast international connections and promoted a large number of innovations in the fields of anatomy, botanics, surgery and pharmacy, some of which are reflected in the very architecture of the city: the Jardin des Plantes, for instance, was France’s first university botanical garden. Created in 1593, it is still a highlight of the city today.

Inspired by Montpellier’s role in the advancement of medical knowledge in Europe, this year’s conference will centre on the notions of improvement, degeneration and stagnation or, in French, progrès, dégénérescence et stagnation.

French eighteenth-century scientist Antoine-Laurent de Lavoisier held the reasoning that matter is neither destroyed nor created during a chemical reaction, but that it instead undergoes change. He naturally sought to make it into a law of modern science, and the coinage “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme” helps shed light on the complex and multiple aspects of this three-worded conference theme that may appear to describe one unique process as well as three distinct ones.

Referring to a process of gradual betterment, the notion of improvement became a key feature of English discourse during the seventeenth and eighteenth century. While improvement is close to the French progrès (progress) or amélioration (amelioration), there is no equivalent translation. We ask delegates to consider - is the concept of improvement inherently British? What shape does the drive towards material, moral and intellectual improvement take in various early modern contexts and places? Do degeneration and stagnation carry similar distinctions for different countries and communities?

Concepts of improvement also had a darker side. Aligned with Enlightenment thought, European colonial powers in the eighteenth century aimed to ‘improve’ and ‘civilise’ many of the people around the world whom they claimed dominion over, leading to the loss of native communities and cultures. In the context of British Caribbean slavery, claims of ‘amelioration’ (legislated through the Amelioration Act of 1798) were a means for supporters of the slave trade to delay abolition. Such views call into question the aims of ‘improvement’, or progrès, and highlight their potential racist and colonial connotations.

We invite delegates to interpret the terms improvement, degeneration and stagnation widely, with no geographical, etymological and conceptual bounds. Topics considering improvement, degeneration and stagnation could include, but are not limited to: 

  • The materiality of any of, or all, these terms
  • Social, economic, moral and physical wellbeing
  • Medical perspectives, including the development of psychiatric and psychological medicine and alternate (pseudo-)scientific endeavours such as alchemy or spiritualism
  • Ideas around taste, attitudes, values and class, both in the social and literary domains
  • Debates and evolutions regarding language
  • National identities and comparisons, as well as the place of notions of improvement, stagnation and degeneration in national rivalries
  • The pace of improvement and/or degeneration
  • Science, innovation and the improvement of knowledge
  • Colonisation and slavery
  • Religion, secularisation and Enlightenment thought
  • Gender, sexuality and the perception of the female body
  • Conceptions of improvement or degeneration in art, design and architecture; as well as in literature and philosophy
  • The notion of change and teleological narratives of progress
  • The ambiguities surrounding the notion of progress and the uncertain boundaries between improvement, stagnation and degeneration


All submissions should be sent to montpellierconference2026@gmail.com for consideration. Submissions can be in either French or English. For individual papers, please send abstracts of 250 words and a short biography. For fully formed panels, (3-4 speakers), roundtables or workshops please send abstracts of 250 words for each paper along with brief details of the proposed theme, biographies of speakers, and proposed chair. CFP opens 7th January 2026 and closes 13th March 2026.