"Carriérisme et sororicide. Les menées des sœurs Sainval", par Sabine Chaouche (Séminaire Les Contemporaines, en ligne)
Dans le cadre du séminaire « Les Contemporaines » (2025-2026), le 21 janvier prochain, à 10h du matin (France), une séance consacrée au XVIIIe siècle, aux sœurs Sainval et à Mme Vestris, et aux prémisses de la "cancel culture".
Deuxième session.
Lien Zoom :
https://us06web.zoom.us/j/82095264003?pwd=FWxfhxSlHP1MgbSJfJCZFaXpKfkZ9y.1
ID: 820 9526 4003
Mot de passe : 956742.
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Résumé :
La « Querelle des Reines » opposa, dans les années 1770, deux tragédiennes de la Comédie-Française : Mlle Sainval l’aînée et Mme Vestris. Reçues à un an d’écart (1767 et 1768), leurs trajectoires furent pourtant profondément dissymétriques. Tandis que Mme Vestris accéda dès l’âge de trente ans au rang d’actrice en chef, Mlle Sainval dut attendre 1776, à la suite du départ à la retraite de Mlle Dumesnil, pour atteindre le premier rang de l’emploi des reines — à vingt-neuf ans.
Désireuse de s’imposer durablement dans le registre tragique, Mlle Sainval entreprit alors de contester la position dominante de Mme Vestris, en revendiquant certains rôles au nom de son ancienneté. Cette rivalité ne se limita pas à la scène : elle s’étendit à l’espace public par le recours à des stratégies d’influence, de rumeur et de discrédit.
À travers l’exemple emblématique des manœuvres des sœurs Sainval, cette communication se propose d’analyser l’histoire d’une véritable tentative de sororicide artistique. Elle mettra en lumière les logiques du carriérisme féminin dans le monde théâtral de la fin de l’Ancien Régime, notamment l’usage précoce d’une presse à scandale capable de façonner l’opinion, voire de « faire et défaire » une célébrité. L’étude éclaire ainsi les mécanismes de survie et de concurrence dans un univers du spectacle de plus en plus structuré par le vedettariat et la célébrité.
Sabine Chaouche est historienne et spécialiste de la littérature et des arts du spectacle des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles. Docteure de l’Université d’Oxford en histoire et de l’Université Paris-Sorbonne en littérature française, elle est actuellement membre associé du CELLF, à l’Université Paris-Sorbonne. Auteur de plus de vingt ouvrages et de nombreux articles, elle a publié plusieurs livres de référence sur le théâtre français d’Ancien Régime, l’histoire du jeu et l’histoire de la consommation. Elle dirige des collections aux Éditions Classiques Garnier et la revue European Drama and Performance Studies, qui compte aujourd’hui près de trente numéros. Ses recherches ont été présentées dans de nombreux colloques internationaux et discutées dans plusieurs langues.