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Littérature de jeunesse à la croisée des arts: perspectives sémiotique, linguistique et numérique pour un renouveau didactique

Littérature de jeunesse à la croisée des arts: perspectives sémiotique, linguistique et numérique pour un renouveau didactique

Publié le par Marc Escola (Source : Lounis Zakia )

Littérature de jeunesse à la croisée des arts : Perspectives sémiotique, linguistique et numérique pour un renouveau didactique

15 -16 avril 2026

Université Djilali Liabes Sidi Bel Abbes- Algérie, Faculté des lettres, des langues et des arts, Département de langue française

Responsables du colloque :

Dre. Zakia Lounis  zakialounis4@gmail.com">zakialounis4@gmail.com

Dre Medjaoui Ouafa: medjaouiouafa@yahoo.fr">medjaouiouafa@yahoo.fr

Les premiers apprentissages des enfants s’installent doucement via la lecture plaisir d’albums jeunesse. Ce moment délicieux et insaisissable offre un divertissement intense aux enfants qui, en découvrant les images et en écoutant les histoires lues, jouées ou chantées par le lecteur adulte (enseignant, parent, animateur), voyagent dans l’imaginaire collectif, rencontrent des héros, partagent des émotions et développent leur rapport à la fiction et à la parole.

Loin d’un apprentissage formel, cette pratique précoce crée un espace d’écoute, d’échange et de découverte. Grâce aux illustrations, à la voix et à l’interprétation de l’adulte, l’enfant entre dans le texte par les sens. Cette médiation favorise le développement du vocabulaire, de l’imaginaire et du goût de lire. Elle constitue une étape charnière vers une éducation littéraire intégrant plaisir, langage et sensibilité (Beauvais, 2023).

Longtemps perçue comme un simple outil de divertissement ou d’édification morale, la littérature de jeunesse (LJ) est aujourd’hui reconnue comme un objet d’étude pluridisciplinaire, à la fois artistique, linguistique et didactique. Loin d’être une “sous-littérature” (Prince, 2009), elle mobilise des codes sémiotiques complexes et des dispositifs textuels et iconiques qui stimulent la réflexion, la créativité et la construction du sens.

D’un point de vue linguistique, les textes de jeunesse représentent un terrain privilégié d’apprentissage. Comme le souligne Le Boterf (2001), ils permettent un accès à une langue vivante, incarnée, propice à l’observation et à l’appropriation. Sur le plan esthétique, la littérature jeunesse convoque des formes artistiques multiples — plastiques, graphiques, musicales — où l’image ne se limite plus à illustrer le texte mais participe activement à la narration (Van der Linden, 2006).

À cette richesse sémiotique et didactique s’ajoutent aujourd’hui les mutations numériques. L’émergence de l’intelligence artificielle générative renouvelle profondément la création et la médiation littéraire. Elle permet la production d’images, la coécriture de récits, la personnalisation de supports pédagogiques, tout en soulevant des questions éthiques et éducatives liées à la créativité et à la transmission culturelle. Ces technologies, loin de s’opposer à la littérature jeunesse, ouvrent un espace inédit d’expérimentation et de réflexion sur la lecture, la narration et la formation du lecteur de demain.

C’est à la lumière de ces constats que se formule la problématique centrale de ce colloque :

Comment la littérature de jeunesse, à la croisée des arts, de la linguistique et des technologies numériques, peut-elle contribuer à renouveler les approches didactiques, esthétiques et culturelles de la lecture, tout en formant des lecteurs critiques, sensibles et créatifs ?

Trois axes complémentaires sont proposés autour de cette problématique, afin d’explorer les dimensions artistiques, pédagogiques et numériques de la littérature de jeunesse 

Axe 1 : Littérature jeunesse à la croisée des arts : Sémiotique et linguistique

L'acte de "lire" un texte de LJ est un processus double : il est à la fois linguistique et iconique. L'album illustré, en particulier, est un objet sémiotique par excellence. Comme l'affirme Roland Barthes, « L’image ne vient plus illustrer la parole » (Rhétorique de l'image, 1964) ; elle interagit avec le texte pour produire un sens qui lui est propre ou qui le dépasse. Les communications dans cet axe analyseront :

La relation texte-image : Comment l’œuvre jeunesse se construit au prisme d’une double narration iconique et textuelle (redondance, relais, contradiction intertextualité, intericonicité).
La relation texte- formes artistiques : Quels choix esthétiques façonnent une œuvre de littérature jeunesse ? De quelle manière le livre pour enfants mobilise-t-il différentes formes d’expression artistique (peinture, cinéma, littérature, musique, arts plastiques) au sein d’un même dispositif narratif et visuel ?
La stylistique linguistique : Quelles sont les particularités des discours destinés à l’enfance et en quoi participent-ils à l’éducation à la littérature ? L’analyse des structures syntaxiques, du vocabulaire thématique et des jeux sonores — phonologiques et rythmiques — permet de comprendre les compétences linguistiques mises en œuvre par ces textes ainsi que celles qu’ils contribuent à développer, tant sur le plan de la maîtrise de la langue que sur celui de l’entrée progressive dans la culture littéraire.

Axe 2 : Applications didactiques : Langues étrangères et interculturalité 

Cet axe interroge les usages pédagogiques de la littérature de jeunesse dans l’enseignement des langues étrangères et dans la construction d’une compétence interculturelle. Il s’intéresse notamment à la manière dont les supports narratifs — albums, contes, BD, imagiers ou romans jeunesse — favorisent le développement des compétences linguistiques, discursives et culturelles des apprenants.

L'approche actionnelle et interculturelle : Comment les récits jeunesse permettent-ils de développer les quatre compétences (compréhension et production orales et écrites) tout en ouvrant une fenêtre sur la culture de la langue cible ?
·         Lecture guidée / Lecture à haute voix : la lecture à haute voix, pratique devenue centrale dans l’apprentissage des langues : elle mobilise la prosodie, le rythme, l’intonation, et facilite l’accès au sens, tout en renforçant l’attention, la mémorisation et le plaisir de lire. La lecture expressive d’albums jeunesse, en classe de LE ou dans des ateliers d’interculturalité, constitue ainsi un levier d’immersion, de compréhension et de médiation culturelle.

Ecriture créative : L'œuvre peut être le point de départ d'une transposition créative (illustration, mise en scène, création d'un carnet de voyage) qui engage les apprenants de manière kinesthésique et visuelle.

Axe 3 : Défis et perspectives à l'ère du numérique (IA)

L'émergence des technologies numériques, notamment l'Intelligence Artificielle (IA), renouvelle profondément la manière d'analyser et d'exploiter la LJ. L'IA n'est pas seulement un sujet de la littérature jeunesse (science-fiction), mais elle devient un outil méthodologique. 

L'IA en classe : Quels sont les potentiels didactiques de l'IA générative (réécriture de chapitres, personnalisation des exercices linguistiques, traduction assistée) et quels sont les garde-fous éthiques à considérer ?

Ce colloque invite les chercheurs, en littérature, en didactique en sciences du langage, en art, les professionnels de’ l’édition jeunesse (auteur, illustrateurs, ...) et bibliothécaires, à soumettre leurs travaux pour éclairer les multiples facettes de la littérature jeunesse, la repositionnant comme un objet d'étude fondamental au croisement des pratiques classiques et des défis technologiques contemporains.

Modalités de soumission

Les propositions de communication doivent comporter :

Le titre : 
L’axe de la contribution
La problématique clairement formulée ;
Le résumé de 300 à 500 signes ;
3 à 5 mots-clés ;
Références bibliographique (5 à 6 lignes).

Calendrier

Diffusion de l’appel à communication : 8 janvier2026
Date limite d’envoi des propositions : 15 Février 2026
Notification aux auteurs : 08 Mars 2026
Date limite d’envoi des communications intégrales : 20 Mars 2026
Programme définitif : 01/Avril 2026
Dates du colloque : 15 /16 Avril 2026
Contacts et envoi des propositions :

 Les propositions sont à envoyer à l'adresse mail du colloque : litteraturejeuness22@gmail.com

Bibliographie : 

Nathalie Prince, Littérature de jeunesse, Armand colin, 2021
Nathalie Prince, Littérature de jeunesse en question (s), Presse universitaire de Rennes, 2009.
Van der Linden, Sophie, Lire l’album, Atelier du poisson soluble, 2006.
Clémentine Beauvais, Ecrire comme une abeille, Gallimard jeunesse 2023
Gérard, Mendel, Analyse de l’image en littérature jeunesse, Nathan, 2001.
Roland Barthes, Rhétorique de l’image, 1964
Marie-Claire Boterd, le texte littéraire, outil pour une didactique des langues, Le français dans le monde N°30, janvier 2001.
Catherine Tauvereau , Lire la littérature à l’école. Pourquoi et comment conduire cet apprentissage spécifique ? De la GS au CM, Fondamental, Promotion de la lecture littéraire et du texte résistant Hatier 2002.