Dans Madame Bovary, ma mère et moi qui paraît ces jours-ci aux éditions de l'Aube, Samira El Ayachi explore l’héritage procuré mères et les livres. L'ombre du personnage de Flaubert hante l'héroïne de ce roman qui tient sans doute beaucoup de l'autobiographie fragmentaire. Le livre tisse l’intime, la mémoire familiale et la littérature, pour approcher la relation entre une mère silencieuse et une fille soucieuse des mots, en explorant un angle mort de notre histoire collective : la santé mentale des femmes arrivées en France avec le "regroupement familial", au tournant des années 80.
Signalons la parution à l'automne dernier du récit-essai de Smaïn Laacher, L'Algérie, ma mère et moi (Grasset), sur l'incommunicabilité dans les relations parents-enfants chez les immigrés des années 1950-70, venant de mondes colonisés.