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La toile retournée

La toile retournée

Publié le par Marc Escola

Après le philosophe Michel Foucault, l'historien de l'art Daniel Arasse et quelques autres bons esprits, Jérémie Koering mène l'Enquête sur Les Ménimes dans un essai qui paraît aux éditions Actes Sud avec une préface de Tanguy Viel et ce sous-titre : Velázquez et le regard du roi. Il lève le voile sur les mystères attachés à cette toile qui occupe une place particulière dans notre imaginaire artistique : mystère objectif, lié à notre méconnaissance du fonctionnement de la peinture du XVIIe siècle ; mystère subjectif, puisque Velázquez a tout fait pour que le regardeur se sente concerné par ce qui se donne à voir ; et mystère réflexif, celui d’une toile retournée, qui garde obstinément le secret de son sujet. L’enquête historique menée par Jérémie Koering révèle les ressorts par lesquels le peintre transforme la représentation en véritable intrigue picturale.

Paraît dans le même temps un essai de Javier Portús, Scénographie d’un chef-d’œuvre : Velázquez et la salle des Ménines au musée du Prado (Éditions 1:1) qui livre les résultats d'une tout autre enquête, menée parmi les per­sonnes ayant connu le musée du Prado avant 1978, pour recueillir les souvenirs associés à leurs visites et quels espaces ont marqué leur mémoire. Une façon de cerner le lieu où le tableau de Velázquez était alors exposé de façon in­dépendante : la "Salle des Ménimes" qui isolait la toile du reste de la collection ; le concept de « chef-d’œuvre » était, pour ainsi dire, « mis en scène » par le musée.