Essai
Nouvelle parution
Luca Di Gregorio, Médire des

Luca Di Gregorio, Médire des "cons". Histoire culturelle d'un snobisme populaire

Publié le par Marc Escola (Source : L. Di Gregorio)

Voici l’histoire inédite d’un terme apparemment trivial et d’un travers authentiquement national, l’enquête interdite qui dévoile le tréfonds de notre inconscient culturel, la somme infaillible qui éclaire les grands et les petits secrets de notre mentalité sociale.

Une découverte savante renversante de sérieux. Et de bout en bout époustouflante, hilarante, ébouriffante.

Voici pourquoi, du comptoir du Café du commerce au mur du Syndicat de la magistrature, il n’est question que de lui. Tout le monde en connaît un. Car quand on l’est, on l’est vraiment et c’est même à ça qu’on le reconnaît. Même si l’on finit toujours par découvrir qu’on l’est pour les autres.

Voici en quoi, des formules cultes d’Audiard aux refrains chocs de Brassens sans oublier les traits caustiques de Desproges, en passant par les tirades argotiques du Fleuve Noir et les caricatures déchaînées de Hara-Kiri, de Charlie ou du Canard, il n’a cessé de hanter les films, les concerts, les cabarets, les journaux et, débordant le langage populaire, a radicalement façonné notre imaginaire.

Voici comment, de génération en génération, l’idiot a vécu, comment le beauf est apparu, comment le con a triomphé.

Voici, pour la première fois, le répertoire complet et commenté de la plus paradoxale des passions françaises. Et, pour une fois, un livre dont vous êtes réellement le héros.

Docteur en langues et lettres, Luca Di Gregorio est professeur de l’enseignement supérieur à Namur (Belgique). Il est l’auteur de Wilderness et Western (2014) et du Sublime Enclos (2018).

Table des matières

Introduction : Pourquoi médisons‐nous des cons ?

Une nébuleuse éditoriale et médiatique

De la bêtise à la connerie

1. Le con émerge, du Moyen Âge au xxe siècle

Un fait culturel de langue française

Dans la langue : de l’eros à l’argot

En littérature : des frères Goncourt à Céline

Une guerre manquée : la « génération S.T.O. »

Brassens et René Fallet : les débuts du snobisme anti‐cons

René Nif et les cons : premier essai transformé 

2. Une gouaille française dans la culture médiatique des Trente Glorieuses

Le complexe de Cyrano : la gouaille et la France

Le polar et l’argot

Du dialogue à la citation : la petite fabrique de Michel Audiard

La tirade du con

La connerie en chanson : autour de Georges Brassens 

3. Politiques du con ?

Anarchisme de droite ?

La passion du péremptoire

Anti‐intellectualisme et culture scolaire

Tautologie, autodérision : l’ironie, une arme gagnante ?

La connerie : une frontière pseudo‐politique ?

Traquer les cons : un sport de copains

4. L’après 68, de la radicalité au retour à l’ordre

Le Pacha (1968) : requiem pour une époque

La galaxie Hara-Kiri

« Quand les cons sont braves » : les nuances de l’adjectif

1981 : « génération lyrique » et politisation du con

Et le con devint beauf

Voyez le con, cherchez la femme

Le temps du patrimoine et des fables morales

Conclusion : Et si l’on continuait à médire des cons ?

Éléments bibliographiques

Notes et références