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Appels à contributions
Penser et représenter le postmodernisme (webinaire, Égypte)

Penser et représenter le postmodernisme (webinaire, Égypte)

Appel à contributions
 
Le réseau de chercheurs Tahtawi
et
le DLLF - Faculté des Lettres - Université de Helwan 
ont l’honneur de vous inviter à participer
au Webinaire
 
« Penser et représenter le postmodernisme »
 
qui aura lieu
le 12 et 13 mars 2023
  

« Il n’est pas facile de raconter la postmodernité » écrit Zygmunt Bauman (Intimations ofpostmodernity, 1992), « Décrire la modernité (…) revient à décrire le cheminement d’une raison folle » dira Christian Bouchin d’homme (in Habermas, Discours philosophique de la modernité, Préface).

Face à la pensée unitaire et totalisante de la modernité et de son projet rationnel, « optimiste » et ses grands récits réconfortants, la postmodernité vit l’expérience de l’hétérogène, du « provisoire », du « contingent » et du dynamisme automatique sans espoir d’aboutir à un quelconque « royaume des fins ». C’est dans l’incertitude qu’avance cette ère du« post » presque sans repères, repères « conceptuels » ou projet défini, prise qu’elle est dans un devenir perpétuel peut être angoissant mais prometteur.

Qu’est-ce que le postmodernisme ? Comment le définir à travers cet ensemble de « notions » et d’expériences, d’aventures et de représentations dites postmodernes ? Qu’est-ce qu’être postmoderne ? Comment vit-on la postmodernité, ses enjeux et ses crises ? 

Comment vit-on dans un monde globalisé où prédomine le pouvoir presque « métaphysique » du marché mondial et de la technologie où le sujet semble se mirer dans un monde virtuel, peuplé par les « simulacres » d’une réalité (Baudrillard) qui reste à définir dans son rapport avec le « vide » qui travaille le sujet réduit au consommateur ? 

Comment définir cette ère de l’éclatement de tout, de la réalité devenue hétérogène, d’une « culture-show »(Kristeva), du savoir éclaté dans la « marchandise d’informations » (Lyotard), de la vérité émiettée en mille vérités partielles et du sujet « démembré » (Ihab Hassan), obsédé par la quête d’une identité hantée par l’altérité au sein du même ?

Quelle est la nouvelle vision que présente le postmodernisme du monde, de l’Homme, de la réalité, et de l’Histoire ? Il s’agit d’une remise en question de l’homme du « cogito » comme le pouvoir absolutisé de la raison. Il s’agit de remplacer cette « métaphysique » de l’Homme de la Raison par la vision du sujet humain « morcelé », et habité par cette « étrangeté inquiétante », l’inconscient que sous-tend la mort. Quel rapport y a-t-il entre la négation de la notion de progrès et la vision de l’Histoire chez les postmodernes ?

Le postmodernisme est aussi une nouvelle vision de l’Autre. Quelle est la vision postmoderne du rapport identité/altérité et ses problématiques, surtout en reconnaissant que la diversité culturelle est une source de richesse non celle de conflit ?

Le postmoderne est aussi un art et une littérature qui diraient l’identité flottante du sujet humain et la quête constante de se saisir à travers la créativité dans tous les domaines artistiques et littéraires, dans le récit où le personnage, représentant du sujet humain dans le monde de la fiction, souffre de l’incertain jusqu’à dans l’être et vit l’expérience des limites où il affronte ce « manque à être » à proprement parler, la vacuité mordante qui l’habite. Il s’agit d’un être « sans repères » dans le monde de la fragmentation et de l’hétérogène. Comment art et littérature représentent-ils la crise postmoderne, son manque de repères et sa durée propre ?

Comment enfin penser le postmodernisme, étroitement lié au phénomène de la mondialisation, dans des contextes culturels différents notamment le cas de l’Égypte.

 

Axes de recherche :

I- Postmodernisme : Problématiques, définitions, approches :

- Modernité/Postmodernité (continuité ou rupture).

- Habermas, Meschonnic et Lyotard (Modernité, projet inachevé/Échec du projet moderne et début de l’ère postmoderne).

- Postmodernisme et Notions (La remise en question des notions comme : le progrès, la rationalité, la « Vérité », l’universalisme, etc…).

- Le sujet postmoderne.

II- Postmodernisme et postcolonialisme :

- Questionner la thèse d’Edward Saïd (L’Orientalisme, Culture et Impérialisme).

- La prise de la parole par l’ex-colonisé dans la littérature postcoloniale.

- Le souci obsessionnel du regard de l’Autre aliénant.

- Auto-représentation de soi/Représentation de l’Autre.

III - Postmodernisme et Fondamentalisme :

- Échec de l’État nationaliste postcolonial/régression aux identités religieuses, ethniques et à celles de groupes, de sectes …

- Monde globalisé et identités menacées, fragiles et régressives.

- Fondamentalisme et marge sociale (désintégration).

- Fondamentalisme et « Éternels adolescents » à la quête des idéaux (Kristeva).

IV- Arts, Littérature postmodernes :

- Disparition des mouvements avant-gardistes.

- Arts et Littérature et la remise en question perpétuelle et ouverte des notions de Beau, de Vrai, ces notions d’une modernité hantée par des valeurs « universalistes ».

- Comment dire l’incertitude, le provisoire toujours « éphémère », l'hétérogène inquiétant et l'altérité comme une étrangeté qui nous habite ?

- Les petites histoires/les grands récits.

- Souci autobiographique et quête identitaire.

- Retour du sujet après la disparition « symptomatique » du personnage dans le Nouveau Roman.

- La polyphonie.

- La durée entre reconstruction et éclatement.

- Le métissage des genres et des styles : tenter d'établir l'harmonie au sein de l'hétérogène ou remise en question de la notion même d'harmonie et d'unité.

V- Postmodernisme entre déconstruction et reconstruction du sens :

- Les textes postmodernes caractérisés par la fragmentation, la non-linéarité, les flashbacks, les ruptures, l’ironie et le paradoxe semblent renverser les critères de cohésion de jadis. Il s’agit d’une révolution contre les formes de signification traditionnelle. Ce jeu de déconstruction du sens nécessite son interprétation ou plutôt sa reconstruction. Dans quelle mesure les diverses approches linguistiques permettent-elles alors de mieux aborder et de mieux comprendre le postmodernisme ? 

VI- Postmodernisme et le cas de l'Égypte :

- Repenser le postmodernisme dans le contexte culturel, littéraire et artistique égyptien. « Vivre plusieurs temps en même temps », ces paroles de Scarpetta semblent s'appliquer parfaitement au cas Égypte.

- L'Égypte entre « pré-modernité » et postmodernité.

- Le projet moderne de Al NAHDA (Renaissance égyptienne) : échec ou remise en question, projet irréalisable ou projet en devenir.

- Le projet de la modernité entre le progrès et la régression.

- Fondamentalisme passéiste/Modernité, projet inachevé.

- Les discours religieux/Le discours laïque.

- Le débat entre le renouveau du « discours » religieux et la réforme de la « pensée » religieuse.

Comité scientifique :

Salwa Hussein (Professeur de linguistique au DLLF)
Mona Saafan (Professeur de littérature et sciences humaines au DLLF)
Essam Abdel Fattah (Professeur-adjoint des sciences du langage au DLLF)
Wafaa Raouf (Professeur de littérature au département de langue et de littérature italienne)
  

Dates importantes :

  • Début septembre 2022 : lancement de l’appel à communication.
  • Fin octobre 2022 : date limite d’envoi des propositions de communication.
  • Fin novembre 2022 : réponse du comité scientifique.
  • 12 et 13 mars : le webinaire.

 

Les propositions de communication :

  • Les résumés doivent comporter l’axe dans lequel le travail s’inscrit et les références des auteurs (noms, prénoms etinstitution de rattachement).
  • L’intervention ne dépasse pas 15 minutes
  • La participation est ouverte aux enseignants, aux chercheurs, aux doctorants et aux professionnels.
  • Les interventions sont à présenter en français ou en arabe
  • Les résumés ne doivent pas dépasser les 300 mots

 

Les résumés sont à envoyer à l’adresse suivante : rft.helwan@gmail.com