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Mise en œuvre du rêve dans la littérature et les arts (Sousse, Tunisie)

Mise en œuvre du rêve dans la littérature et les arts (Sousse, Tunisie)

Publié le par Marc Escola (Source : NAIMA MEFTAH TLILI)

Mises en œuvre du rêve dans la littérature et les arts

Colloque international 

organisé par le Laboratoire de Recherche  École et Littératures (LAREL)

Faculté des lettres et des sciences humaines de Sousse, Université de Sousse, Tunisie.

Du 24 au 26 novembre 2022


Étant le fruit de l’imagination mais prenant naissance dans le monde sensible qu’il altère, le rêve érigé en droit par Gaston Bachelard (Le Droit de rêver), est un réservoir d’aspirations, de fantasmes et de frustrations et donc un espace de liberté. Freud y voit un système de signes où se lit tout ce qui est refoulé par les contraintes du monde réel. Le rêve, « sans lequel il n’y aurait pas d’écriture[1] » comme le signale Barthes, est donc susceptible d’être abordé de plusieurs manières dans le cadre de ses multiples représentations dans la littérature et les arts. 

Pendant l’Antiquité et jusqu’à la fin du Moyen Âge le rêve a une fonction pédagogique, dans les textes religieux, il a une valeur et une fonction communicatives, le rêve chamanique, associé également à la transe et à la vision est une communion avec les dieux, « La parole de l’Eternel fut adressée à Abraham dans une vision » lit-on dans la Genèse, et dans la parole du Christ les rêves sont des allégories et des paraboles à finalité didactique. 

Dans le théâtre Antique, le rêve reflète l’esprit de la société de l’époque et en renforce les codes. Les interprétations du rêve dans l’Antiquité sont donc pour la plupart herméneutiques et philosophiques ou pédagogiques. La découverte du Nouveau Monde au XVIème siècle nourrit les rêves et les fantasmes les plus divers. Plus tard, le siècle des Lumières a fait de la technique du rêve dans les contes philosophiques, surtout ceux de Voltaire, la dépositaire des visions sociales et politiques jugées subversives en leur garantissant une certaine immunité contre la censure et la persécution. 

C’est à partir du XIXème siècle que le rêve obtient ses lettres de noblesse en devenant une thématique clé pour les romantiques chez qui il fonctionne comme un refuge contre le mal du siècle et les mutations sociales. Il devient aussi une technique privilégiée de la littérature fantastique où il sert à exprimer et intégrer l’effroyable et l’inexplicable. Il est un moyen de création poétique pour les symbolistes à l’instar de Verlaine et plus tard pour les surréalistes comme Tzara et Desnos. (Célébration cette année 2022 du centenaire des « sommeils hypnotiques »)

Le dernier siècle, positiviste et rationaliste, est témoin d’une régression du pouvoir du rêve et de l’imagination, régression accrue par la mise en question de la fiction, mais cela n’a pas empêché le surgissement de l’inconscient à travers ses formes parallèles comme la transe, le somnambulisme, l’hypnose ou la schizophrénie, notamment dans le cinéma d’Alfred Hitchcock, David Lynch ou David Fincher.

Explorer le thème du rêve dans la littérature et les arts consisterait à  s’intéresser, entre autres, aux questions suivantes :

 ● Les formes de narration et de poétisation du rêve à travers les différents genres et courants littéraires (évolution, possibles frontières ou intersections, comparaison entre courants, auteurs, disciplines [roman/théâtre/poésie/cinéma/peinture etc…).

●Représentations oniriques majeures ayant marqué la littérature mondiale (mythes et utopies).

●Importance du rêve et de l’utopie dans les représentations politiques et religieuses modernes à travers les traités et les discours politiques, les oraisons religieuses ou les manifestes sectaires.

●Dans quelle mesure la littérature permet-elle de remodeler/repenser la frontière entre rêve et réalité ?

●Rôle de la psychanalyse dans l’analyse littéraire du rêve en tant que système sémiotique.

● « Rêver, délirer, imaginer…quelles frontières ? »

●Se rêver en littérature et dans les arts : l’autofiction

●Imaginaires littéraires et artistiques 

●Rêver le monde : les grandes utopies et dystopies du patrimoine 

 Bibliographie indicative

-BACHELARD Gaston, La Poétique de la rêverie, Paris, PUF, 1960.

-Le Droit de rêver (1939-1962), Paris, PUF, 1970.

-BONNOT Marie et LEBLOND Aude (dir.), Les Contours du rêve, Paris, Hermann, 2017.

-CARROY Jacqueline, Romantisme, n° 178 : « Rêver au XIXe siècle », Paris, Armand Colin, 2017.
­­-DÉCHANET-PLATZ, L’écrivain, le sommeil et les rêves, (1800-1945), Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des idées », 2008

-DENNETT Daniel, De beaux rêves : obstacles philosophiques à une science de la conscience, Paris, Gallimard, coll. « Folio essais », 2012.
-FORESTIER Georges, « Dramaturgie de l’oxymore dans la comédie du premier dix-septième siècle : le théâtre comique de Brosse (1642 -1650) » dans Cahiers de la littérature du XVIIe siècle, n°5, 1983, pp. 5-32.

-GOLLUT Jean-Daniel, Conter les rêves, la narration de l'expérience onirique dans les œuvres de la modernité, Paris, José Corti, 1993.

­-LAHIRE Bernard, L’interprétation sociologique des rêves, Paris, La Découverte, coll. « Laboratoire des sciences sociales », 2017.

 -MOREL Jacques, « La présentation scénique du songe dans les tragédies françaises au XVIIe siècle » dans  Revue d'Histoire du Théâtre, III , 1951, pp. 153-161.

- PONTALIS J-B. (dir.), L’espace du rêve, Paris, Gallimard, coll. « Folio essais », 2001.

-RAYNAL-ZOUGARI Mireille, Le rêve plastique des écrivains, Rennes, PUR, coll. « La Licorne », 2017.

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Les propositions de communication (500 mots environ) seront accompagnées d’une brève notice bio/bibliographique et envoyées au plus tard le 31 juillet 2022 à l’adresse électronique suivante : colloquereve@gmail.com

Date de réponse après examen du comité scientifique : 20 septembre2022. 

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Comité scientifique 

Naima Meftah Tlili (Université de  Sousse)

Ibtissem Bouslama (Université de  Sousse)

Hédia Abdelkefi (Université Tunis El Manar)

Amor Séoud (Université de  Sousse)

Nizar Ben Sâad (Université de  Sousse)

Mustapha Trabelsi (Université de  Sfax)

Radhouen Briki (Université de  Kairouan)

Abderrazak Sayadi (Université de La Manouba)

Comité d’organisation

Lamia Braham

Mouna Ben Ahmed

Mohamed Maalej 

 Faten Belazreg

 Amine Jaballah

 Chiraz Chahed

  Rim Limem

  Ines Letaief

  Saida Ben Salem

   Mériam Ben Khélifa

   Mohamed Ali Ben Saïd
   Arwa Ouannes

   Dalel Ghanem

  Ezzine Zaidi
 

 

 


 
[1] R. Barthes, Le Degré zéro de l’écriture, Seuil, 1972, p. 108.