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Littérature et développement économique et social

Littérature et développement économique et social

Publié le par Perrine Coudurier (Source : Koné Yacouba)

Selon le Dictionnaire de la philosophie et des sciences humaines (2007, p.129), le développement implique une dynamique, un mouvement continu mettant en scène un phénomène ou un être qui est sujet à une métamorphose consistant à rendre apparent ou explicite ce qui jusque-là était caché, c’est-à-dire implicite. Mais, c’est en économie que l’on a l’impression que le concept s’exprime de façon massive et profonde puisque le développement économique est supposé porter la charge de la transformation structurelle de la société, impliquant la prise en compte de tous ses aspects. À cet effet, Louis-Marie Morfaux et Jean Lefranc (2007) estiment que « le développement économique d’une nation s’apprécie par l’industrialisation, la modernisation des structures traditionnelles, la division du travail. Il se mesure par l’augmentation des échanges et du produit national brut (PNB) ». Ce sens constitue la trame réelle de toutes les approches disciplinaires spécialisées.

À l’analyse, le développement, vu sous l’angle économique et social, promeut le triomphe de l’avoir matériel. Quand on sait que l’idée même de développement charrie celle d’amélioration qualitative, on peut, et à bon droit, rejoindre Georges Clémenceau (1841-1929) en soutenant que le développement est une chose suffisamment sérieuse pour qu’elle soit confiée seulement à des économistes. Et l’histoire même de cette idée en témoigne.
 La biologie en donne le sens de transformation successive d’un sujet de sa naissance à l’âge adulte, c’est-à-dire à une période de plein épanouissement de ses capacités. En psychologie, il faut entendre par développement, le processus d’acquisition des conduites intelligentes à partir du développement des capacités d’un sujet à surmonter les obstacles qui se présentent à lui. 

Quant à ce qui concerne la littérature, en parlant de développement, l’on fait allusion à l’idée d’argumenter ou d’éclaircir une idée. Par ailleurs, dans la littérature qui précède l’invention de la pensée économique, l’on note avec Claire Pignol la permanence des questions économiques – la subsistance, le travail, l’intérêt personnel et le rapport à autrui – en même temps que la modernité politique qui caractérise à la fois l’agent économique et le personnage romanesque. (2016, p.1).
L’économie, telle que nous la concevons, que nous la nommions « économie politique » ou « science économique », est, en effet, un discours récemment apparu. Il faut attendre le XVIIIe siècle pour en observer les premières analyses. Avec l’histoire et la philosophie, les récits de la littérature lui préexistent, car ils s’étaient emparés des objets dont traite l’économie. De la Bible aux auteurs de l’Antiquité grecque et latine, tels Hésiode ou Pétrone, les notions économiques apparaissent au détour des textes : il y est question de travail, de subsistance et de luxe, du désir de richesse ou des contraintes de l’épargne. Ainsi un préfacier du Roman de Renart a-t-il pu écrire que
« Les animaux du Roman de Renart vivent en marge des petites communautés rustiques dont ils tirent leur subsistance soit par ruse, soit par violence, soit en vertu d’un contrat tacite. Ils suivent leurs instincts spécifiques. Ils gîtent dans des tanières. Ils chassent dans des bosquets. Ils s’introduisent par effraction dans des métairies. Ou attendent de la générosité sagace d’un fermier leur nourriture journalière. Ils sont tous engagés dans une lutte sans merci pour survivre » (1, p. 9).

Cette lutte pour la subsistance est le point de départ de toute volonté de développement. Keynes l’identifiait en 1930 comme « le problème primordial et le plus pressant de l’espèce humaine » (1971, p. 134). Cette lutte pour la subsistance est exprimée dans la littérature avant de l’être dans la pensée économique. La plupart des notions ou des questions économiques ou de développement n’ont fait l’objet d’un discours proprement économique que très tard dans l’histoire de l’humanité, alors qu’elles pouvaient faire l’objet de discours philosophiques, historiques, religieux ou littéraires. Il y a donc une antériorité de la littérature sur la pensée économique. 
Un genre littéraire nouveau s’invente aussi avec le développement de la société marchande moderne qui accompagne la formation de la pensée économique. Cette littérature témoigne des changements du monde social tout en contribuant à faire émerger une nouvelle pensée du développement, celle qui prend en compte la dynamique migratoire actuelle, les questions d’employabilité, celles de la fonction professionnelle du personnage, celles de sa place sur l’échiquier professionnel, etc.

Face à ces problèmes dominants des sociétés, les chercheurs sont invités à apporter des réponses susceptibles de concilier littérature et développement lors du colloque qu’organise, le Laboratoire d’Études et de Recherche en Littératures Française et Francophone (LABERLIF) sur la thématique « Littérature et développement économique et social » autour des axes de réflexion suivants :

Axe 1 : Littérature, sciences humaines et employabilité ;
Axe 2 : La place de la littérature sur l’échiquier professionnel ;
Axe 3 : Littérature et fonction professionnelle du personnage ;
Axe 4 : Littérature, entrepreneuriat et entreprises ;
Axe 5 : littérature et actions sociales du personnage ;
Axe 6 : Littérature, développement et dynamique migratoire ;
Axe 7 : Sciences fictions et développement économique et social ;
Axe 8 : Littérature ludique et conséquences psycho-sociales du développement;
Axe 9 : La question du chômage dans la littérature contemporaine
Axe 10 : Croissance, culture et développement dans la littérature
Axe 11 : Les conséquences du progrès techniques sur l’emploi dans la littérature.


Références bibliographiques
BRAS P., 2016, PIGNOL C. (Dir.), « Littérature et économie », L’Homme et la société, Paris, L’Harmattan.
DE SAINT-CLOUD Pierre, DE LISON Richard, Roman de Renart, Vikidia, l'encyclopédie des 8-13 ans.
KEYNES John M., 1971 [1930], « Perspectives économiques pour nos petits-enfants », Essais sur la monnaie et l’économie, Paris, Payot, p. 127-141.
MORFAUX Louis-Marie et LEFRANC Jean, 2007, Vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines, Paris, Armand Colin.
PAPE Paul VI, 1967, Populorum progressio, Éditions Bellarmin.
PIGNOL Claire, 2016, « L’économie à l’épreuve de la littérature » in Idées économiques et sociales n°186, pp.30-41.

Modalités de participation :
-    Les participants potentiels sont invités à soumettre un résumé en anglais ou en français de 350 mots maximum, à l’exclusion des mots-clés, à l’adresse : lescahiersdulaberlif@gmail.com 
Les résumés doivent comporter : 
•    Titre de la communication ; 
•    Nom(s) et Prénom(s) de(s) auteur(s) ;
•    Affiliation : Institution,  laboratoire,  centre  de  recherche,  ville,  pays ;
•    E-mail de(s) auteur(s) et numéro de téléphone du correspondant principal ;
•    Axe de la communication ;
•    Résumé de la communication  (350 mots) : Il s’agit de présenter de façon concise l’originalité de la communication, les objectifs, la méthodologie utilisée, les principaux résultats obtenus ;
•    Mots-clés : Cinq au maximum.
-    Les propositions de communication seront rédigées au format Word, police Arial Narrow, taille de police 12, interligne 1.5. Le style APA est recommandé.

Calendrier :
Date limite de soumission des résumés : 1er février 2023
Notification d’acceptation : 15 février 2023
Envoi du programme provisoire du colloque : 1er mars 2023
Date du colloque : 15, 16 et 17 mars 2023
Publication des actes : Décembre 2023

Lieu : Université Alassane Ouattara – Bouaké (Côte d’Ivoire)

Frais de participation :
Enseignant-chercheur et chercheur : 50 000F CFA (77 Euro)
Étudiant (Doctorant, Mastérant) : 20 000F CFA (32 Euro)
Autres : 50 000F CFA (77 Euro)
NB : Les frais de participation prennent en compte l’inscription, la restauration (pause-café, déjeuner) et la publication.

Président du Comité d’Organisation :
•    MINDIÉ Manhan Pascal

Porteurs du projet :
•    KONÉ Yacouba (koney1@live.fr)
•    EBA Axel Richard
•    ANIAN Ékaza Emmanuel

Comité scientifique du colloque
Prof. POAMÉ Lazare Marcelin (Université A. Ouattara de Bouaké)
Prof. ZIGUI Koléa Paulin (Université A. Ouattara de Bouaké)
Prof. DIANÉ Badara-Alioune (Univ. Cheikh Anta Diop de Dakar)
Prof. LARROUX Guy (Université Toulouse Jean Jaurès)
Prof. KOUAKOU Jean-Marie (Université Félix H. Boigny d’Abidjan)
Prof. DADIÉ Djah Célestin (Université A. Ouattara de Bouaké)
Prof. TRAORÉ Bruno (Université Félix H. Boigny d’Abidjan)
Prof. TRO Dého Roger (Université A. Ouattara de Bouaké)
Prof. MINDIÉ Manhan Pascal (Université A. Ouattara de Bouaké)
Prof. KOUAKOU Antoine (Université A. Ouattara de Bouaké)
Prof. MASSOUMOU Omer (Université Marien Ngouabi - Brazzaville)
Prof. TOSSOU Okro Pascal (Université Abomey-Calavi)
Prof. KABLAN Adiaba Vincent (Université A. Ouattara de Bouaké)
Prof. DIENG Alioune (Université Cheikh Anta Diop - Dakar)
Dr. MOUMOUNI-AGBOKE Ayaovi Xolali (Maître de Conférences, Université de Lomé)