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Deuxième séance du séminaire 'Le terrain en arts, langues et littératures: Imaginaires politiques de la création contemporaine'

Deuxième séance du séminaire 'Le terrain en arts, langues et littératures: Imaginaires politiques de la création contemporaine'

Publié le par Perrine Coudurier (Source : Morgane Kieffer)

Deuxième séance du séminaire interdisciplinaire Le terrain en arts, langues et littératures: Imaginaires politiques de la création contemporaine

(Laboratoire ECLLA, Université Jean Monnet - Saint-Étienne)

Intervention collective par des doctorant·es de l'association ALT.516 (http://alt516.fr/) : Oscar Barnay, Marie Bouchereau, Delphine Hyvrier, Madeleine Savart, Jonathan Tichit.

 

Objectif du séminaire

Nous souhaitons mener une réflexion collective à partir de la notion de terrain, habituellement apanage des sciences sociales, et de ses multiples déclinaisons possibles (milieu, écosystème, territoire, etc.). Le postulat de ce séminaire est que la notion de terrain est révélatrice des interactions entre arts, littératures et langues, aussi bien que des imaginaires politiques de la création et de la critique contemporaines. En réfléchissant à partir du terrain, nous entendons étudier les pratiques et les postures artistiques et littéraires d’aujourd’hui dans leurs dimensions politiques, questionner les approches critiques et leurs choix d’objets, cerner l’évolution récente des champs artistiques et littéraires, mais aussi interroger nos propres méthodes.

Argumentaire 

S’interroger sur le réel (approche disciplinaire). Depuis quelques années maintenant, la question du terrain occupe vivement le champ de la critique littéraire et artistique – et pas seulement contemporaine. L’intérêt pour ce type particulier de confrontation entre la production textuelle ou visuelle et le réel a emprunté plusieurs voies au cours de la dernière décennie : des « littératures de terrain » (Alison James et Dominique Viart) en premier lieu aux travaux consacrés à l’art documentaire ( « factographies » de Marie-Jeanne Zenetti, « représentations factuelles » de Frédéric Pouillaude), aux formes de l’enquête (Aline Caillet, Laurent Demanze, Danièle Méaux, etc.), ou à la recherche création comme pratique de terrain. 

Intervenir dans le réel (pratiques, gestes et postures). Face à la première figure de l’artiste/écrivain.e en chercheur.se, en enquêteur.rice, en expérimentateur.rice, il s’agira de réfléchir à la figure réciproque du scientifique (historien.nes, anthropologues, sociologues…) faisant œuvre d’art et/ou de littérature (N. Martin, Ph. Artières, I. Jablonka, E. Chauvier…), ainsi qu’aux pratiques du terrain en recherche-création. Le terrain, entendu comme une extension du domaine de la création artistique, permet en outre de réfléchir aux formes littéraires hors du livre, aux formes artistiques hors des institutions muséales, ainsi qu’à ce que la création fait aux terrains qu’elle aborde/intègre/pénètre (intervention, performance, atelier d’écriture, art dans l’espace public, artist run space). 

Mythologies du terrain (critique de la critique). Depuis le « tournant éthique » des années 1990-2000, l’imaginaire contemporain de la représentation connaît une inflexion en termes pragmatiques (la création artistique comme un mode possible d’intervention sociale). Opposées à ces propositions, les approches matérialistes de la création connaissent elles aussi un nouvel essor depuis une décennie. Il importe d’affiner ces modes de saisie du rapport de la création artistique et littéraire au politique, en analysant sur un plan épistémologique la manière dont s’élaborent les discours de la critique autour de la notion de terrain.

Contrefictions depuis le(s) terrain(s). De Christian Salmon, dont les travaux mettent en évidence un goût actuel pour le storytelling, à Yves Citton réfléchissant aux enjeux d’une redistribution de l’attention et des conduites au sein d’un régime de « mythocratie », une part importante de la réflexion critique actuelle se consacre à l’articulation entre les récits, les médias et les enjeux socio-politiques. Dans cette perspective, on se demandera comment les terrains ou encore les milieux de création peuvent défaire certaines fictions indésirables, les fendre, les interroger pour ouvrir à d’autres, plus attentionnées et émancipatrices (du point des vue des relations genrées, décoloniales, écologiques, sociales, etc.). On interrogera également les gestes du public face aux scénarios proposés et les contextes de réception comme des terrains créatifs et critiques.

 

Contacts: 

Morgane Kieffer : morgane.kieffer@univ-st-etienne.fr 

Frédéric Martin-Achard : frederic.martin.achard@univ-st-etienne.fr 

Carole Nosella : carole.nosella@univ-st-etienne.fr

Jacopo Rasmi:  jacopo.rasmi@univ-st-etienne.fr