Acta Fabula
ISSN 2115-8037

DOSSIER CRITIQUE n°15

2011Mars 2011 (volume 12, numéro 3)
titre du numéro

Poétiques médiévales : lire, inventer, composer

Comment composait-on un manuscrit au Moyen Âge ? Cette question conduit le critique à suivre pas à pas les différents moments de la création et de la diffusion d'un texte : auteur, copiste, commanditaire ou lecteur sont autant de figures que la critique médiévale tente de saisir. Les deux importants volumes consacrés à la question de la mise en recueil, que présente C. Dauphant, balaient amplement ce spectre. Plus précisément, A. Mussou et C. Lagormisini questionnent à partir des études de M. Mikhaïlova‑Makarius sur Robert de Blois, et deS. Albert et N. Morato sur Guiron le Courtois, la malléabilité des textes médiévaux. F. Plet‑Nicolas revient, pour sa part, sur l'épineuse question de la composition du Tristan en prose sur laquelle D. de Carne apporte un nouvel éclairage, quand A. Rochebouet, en s'intéressant à la poétique du dialogue médiévale élaborée par C. Denoyelle, évalue les stratégies de composition de textes courtois des XIIe et XIIIe siècles. Enfin, N. Koble présente la mémoire formelle et générique des textes médiévaux, qu'étudie D. Hüe dans Rémanences, et apprécie les signes de reconnaissance. Aussi ces études de poétique médiévale décomposent-elles avec minutie des objets littéraires dont on appréciera l'étonnante complexité et la modernité théorique.