Les éditions Ligne d'Ombre ont inauguré une collection "Revies" avec la réédition Prisons de Paris (1841) de Pierre Joigneaux, condamné en 1836 à quatre années de prison pour ses articles dans la presse républicaine clandestine, dont on peut lire sur Fabula les premières pages… Les mêmes presses nous offrent ces jours-ci une nouvelle découverte avec Mes Cahiers russes, publié pour la première fois en 1920 aux éditions Georges Crès par un témoin oublié de la révolution bolchévique : Maurice Verstraete (1866-1955). Observateur lucide de la fin de l’Empire russe, à partir de mai 1915, et des douze premiers mois du futur Empire soviétique, sa situation de banquier et diplomate lui a fait tôt fréquenter les sphères du pouvoir et tenu bien informé à des moments clefs de cette histoire. Un index de plus de deux cents noms, pour la plupart des acteurs contemporains des événements, reflète sa position un temps privilégiée. Son style est celui de quelqu’un qui sait regarder et écouter des événements dont il a vite conscience que, "cataclysme formidable", ils bouleversent le monde. Mais nulle grandiloquence chez lui, et le commentaire personnel se limite le plus souvent à tenter de mesurer leur portée. Fabula vous invite à en découvrir les premières pages…
Les éditions Bartillat rééditent de leur côté un autre des rares récits sur le vif de cette époque chaotique où le destin de la Russie a basculé : Jours maudits d'Ivan Bounine (1870-1953), journal tenu de janvier 1918 à juin 1919, à Moscou puis Odessa l’année suivante. Bounine rapporte des conversations saisies dans la rue, cite des extraits de journaux ou de discours de hautes personnalités politiques, évoque les grandes figures littéraires et politiques de cette époque (Maïakovski, Trotski, Lounatcharski…). Bounine reste l’écrivain souverain, qui, dans l’apocalypse de son temps, a saisi la signification secrète de ces jours qui ont ébranlé l’Histoire.
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