Publié en feuilleton dans L’Aurore avant sa sortie en volume en 1901, Travail s’inscrit dans le sillage des grands débats sociaux de la Troisième République, alors que la France est secouée par les grèves et la question sociale. L’intrigue suit Luc Froment, jeune ingénieur utopiste, qui quitte Paris pour fonder dans les Ardennes la cité idéale de Beaurepaire, où il expérimente une organisation du travail fondée sur la coopération, l’innovation technique et le partage des savoirs. Entre récits de chantiers collectifs (comme la construction du canal d’irrigation en Beauce, symbole de l’alliance entre science et labeur paysan), conflits acharnés avec les propriétaires terriens accaparant les sources et les terres, et scènes de vie paysanne, Zola y déploie une fresque où chaque épisode illustre sa conviction : le progrès naît de l’alliance entre la science, l’effort commun et la volonté de justice. Jacques Noiray réédite testament politique de Zola pour la première fois dans un format de poche (Folio Classiques). Fabula vous invite à feuilleter l'ouvrage…
Mais pour voir Zola lui-même au travail, on pourra se tourner vers l'essai d'Olivier Lumbroso, Dans l’atelier d’Émile Zola, déjà salué par Fabula et dont Acta fabula vient de rendre compte : Zola vu d’en haut, par Élisabeth Darrobers. Mais aussi se plonger dans l'édition numérique comparative d'Une Page d'amour (1877-1878) tout juste établie par Hortense Delair et Chiara Corpace pour la plateforme Variance.ch vouée à la génétique post-éditoriale.