La littérature fait relation du monde. Elle en relate les histoires, les événements, en décrit les espaces, les fonctionnements, les modes d’être. Elle met en œuvre les relations humaines et les relations que les humains développent avec leur environnement, leurs territoires. Elle fait mémoire de ce qui fut, dessine ce qui pourrait être, arpente les contrées de l’imaginaire. C’est là sa vocation originelle. Notre temps se caractérise peut-être par les dialogues qu'elle engage avec les disciplines qui se sont donné ces questions pour objet : l’histoire, la sociologie, l’anthropologie… S’inventent alors des échanges inédits, des emprunts réciproques, des partages singuliers. C’est à cette dimension relationnelle de la littérature contemporaine que, reprenant à Édouard Glissant sa formule, que s'attache le sommaire préparé par Tiphaine Samoyault, Ana Kiffer, Alexandre Gefen et Dominique Viart et accueilli au sein des Colloques en ligne de Fabula sous le titre "Littérature et relations : l’hypothèse d’une littérature relationnelle".
(Illustr. : Clara Moreira, tous droits réservés)