La revue Corneille présent avait publié en 2021 le premier volet d’un triptyque consacré à "Corneille : un théâtre où la vie est un jeu", qui s'intéressait à la prégnance, dans l’œuvre dramatique cornélienne, de la pensée des jeux réglés, recourant à des supports matériels divers, et reposant sur le hasard, la stratégie, ou l’habileté physique. Après avoir ainsi envisagé, sur la scène cornélienne, l’action indirecte de la pensée des jeux de cartes, de table, de plein air, une seconde livraison supervisée toujours par Liliane Picciola vient mesurer l’importance du jeu dans le théâtre de Corneille en envisageant celui-ci comme amusement fantaisiste, plaisanterie, bon tour. Ce jeu peut être verbal, mais il peut aussi concerner l’action elle-même ; parfois il se révèle pur, gratuit, mais il lui arrive aussi de correspondre au désir de s’assurer un certain ascendant, fût-ce pour un court instant. Les comédies semblent devoir être concernées au premier chef par ces jeux de l’esprit et ces tours, qui les égaient ; en réalité, les tragédies se trouvent bien loin d’en être exemptes car les héros créés par Corneille pratiquent volontiers les pointes de malice, l’ironie, la double entente, déchiffrable immédiatement ou ultérieurement par le spectateur mais que l'interlocuteur saisit ou ne saisit pas.
Rappelons la précente livraison de la revue consacrée à La Place Royale, Le Menteur, La Suite du Menteur, à l'initiative de Yohann Deguin & Bénédicte Louvat.