S’il va de soi que les oeuvres cinématographiques et romanesques nous transportent dans des univers inattendus, mettant en scène des personnages déroutants et des dénouements parfois inacceptables, il est plus difficile de comprendre pourquoi nous y recherchons, de notre plein gré, la peur, les larmes ou l’indignation. Ne seraitce pas que la terreur et le dégoût ressentis sont une façon de prouver que nous sommes bel et bien en vie ?
Par le spectacle de l’abject sublime, les oeuvres provoquent une émotion forte, que l’on a pour réflexe premier d’occulter. Pourtant, ces représentations qui nous appâtent avec leurs histoires imaginées le font souvent dans le but de nous secouer, procurant un choc esthétique nous conjurant de sortir de l’apathie.
Et les émotions qui en découlent perdurent en nous, parfois bien malgré nous. C’est ce projet de vivification par l’art que l’autrice dévoile dans cet ouvrage en analysant une trentaine d’oeuvres canadiennes, dont la série télévisée La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé (Xavier Dolan), le film Crash ! (David Cronenberg) et le récit Kuessipan (Naomi Fontaine).
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Marie Pascal est professeure adjointe à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard depuis septembre 2024. Elle a créé et dirige la revue sur l’intermédialité Transcr(é)ation depuis 2021 et a publié son premier livre, De l’exclusion à l’abjection, aux Presses de l’Université de Montréal (2023).