Parce qu’un album de bande dessinée a le défaut de servir souvent de prétexte à des voyages dans le temps, propices à maintenir sous cloche des émotions liées à des lectures passées, le Docteur Guido propose une méthode de relectures délivrée de ces casseroles de nostalgie bien ordonnée (qui commence toujours par soi-même).
Le second tome de la collection Autopsie d’une œuvre propose donc une méthode de lecture inédite de Tintin au Tibet ; un album présenté systématiquement comme étant celui de l’amitié glorifiée et du courage qui permet de surmonter toutes les épreuves (ou de déplacer des montagnes...). Selon le Docteur Guido, il était temps qu’un premier de cordée se propose de tracer une nouvelle voie dans cette histoire - plus sombre que ce que sa couverture tente d'imposer aux lecteurs - afin de révéler tout le potentiel philosophique et tragique d’un album qui n’avait pas encore dit son dernier mot.
Une autopsie littéraire n’ayant pas vocation à mettre en exergue les évidences d’une œuvre, c'est le philosophe Plotin qui sera convoqué pour déployer l'étendue du désastre annoncé par cette affirmation qui signe le projet de cet essai : « L'ennui ? C'est l'antichambre de la mort »..
« Si vous continuez de douter, si vous souhaitez rester convaincus que votre passion pour la bande dessinée est liée à vos souvenirs de jeunesse, alors désolés de devoir vous l’annoncer aussi brutalement, mais voilà : nous ne sommes pas nostalgiques par amour de notre prochain, ni parce que c’était mieux avant, ni parce que les albums de BD sont des balises posées dans le temps, mais parce que nous nous laissons berner par notre interprétation de ces histoires dessinées que nous assimilons à un souvenir…
Alors que c’est la réalité. » - Docteur Guido