Gonzalez Roux Maya, Cheminements de l'étranger. Écritures migrantes chez Edgardo Cozarinsky et Sylvia Molloy
Trouver sa voix dans la fiction semblerait être le parcours de tout écrivain. Mais quand ce parcours est amorcé, bâti et arpenté sous le trait de la migration une question s’impose : celle de l’étrangéité de l’œuvre. Cet ouvrage nous entraîne sur les pas des écrivains Edgardo Cozarinsky (1939-2024) et Sylvia Molloy (1938-2022), Argentins ayant vécu longtemps en France, chez qui l’identité est constamment refoulée, interrogée, placée en amont de leurs cheminements. Contrairement à d’autres travaux où on aborde les œuvres d’écrivains qui habitent hors de leurs pays de naissance à travers la figure de l’exilé, c’est la figure de l’étranger que nous découvrons afin d’interpeller la catégorie de « littérature nationale » et redéfinir de manière originale l’idée d’une « littérature mondiale ». C’est ainsi que, en esquissant les enjeux de ces écritures, pointées par un intérêt tout particulier pour le cosmopolitisme, le débordement de la langue et la mémoire, l’apport original de cet ouvrage pour les études en littérature (et latino-américaine et comparée) sous le cadre des études culturelles est de mettre en lumière les questions extrêmement actuelles de ce que l’on appelle les « écritures migrantes ».
Publié avec le soutien de l'université Paris 8 (École doctorale Pratiques et théories du sens et Laboratoire d'études romanes) et du Conicet
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Maya González Roux (Louvain, 1977). Diplômée en Lettres (Universidad Nacional de La Plata, Argentine) et Docteur en Études hispaniques (Université Paris 8). Elle est actuellement chercheuse au CONICET (Argentine), enseignante de littérature latino-américaine et comparée (Universidad de Buenos Aires et Universidad Católica Argentina) et traductrice littéraire (elle a notamment traduit Le Clézio, Éric Marty, Tiphaine Samoyault, Françoise Héritier, Henri Thomas et Karine Tuil, parmi autres). Elle a également enseigné à l’étranger (France, Espagne et Allemagne). Ses recherches, publiées dans des revues et des ouvrages nationaux et internationaux, portent sur les littératures de la migration, avec une attention particulière aux défis de la traduction, ainsi que sur les différentes dimensions auxquelles donnent lieu l’élaboration et la récupération d’une mémoire.
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