Gatien de Courtilz de Sandras, Mémoires de Madame la Marquise de Fresne (éd. Érik Leborgne, Léa Van den Driessche)
Gatien de Courtilz de Sandras
Mémoires de Madame la Marquise de Fresne
Édition d'Érik Leborgne et Léa Van den Driessche
Paris, Société des Textes Français Modernes, coll. « Société des Textes Français Modernes », n° 273, 2025.
Les Mémoires de la Marquise de Fresne (1701) se composent du roman conjugal des époux de Fresne dans la société parisienne, d’un roman oriental (enlèvement de la marquise, combats et pillages du corsaire Gendron), puis du roman juridique coïncidant avec le retour dans la chrétienté (Malte et Rome).
Début du texte de présentation :
"Les Mémoires de la Marquise de Fresne (publiés en 1701) sont les seuls pseudo-mémoires au féminin écrits par Courtilz de Sandras, les autres étant attribués à des militaires, espions à l’occasion, ou à des aventuriers comme Montbrun. L’affaire judiciaire qui les a inspirés est singulière : une demoiselle issue d’un clan de robins et de financiers épouse un homme qui se révèle colérique, jaloux et dangereux. Il fait pire : il se débarrasse de sa femme en la vendant à un corsaire, un Français nommé Gendron qui a son repaire à Dulcigno, sur la côte orientale de l’Adriatique. Or rien ne va se passer comme cet époux bradeur et criminel l’avait prévu. Plusieurs années après, en 1671, il retrouve sa femme – qu’il espérait morte ou réduite à l’état d’esclave de sérail – bien vivante et libre, à Paris, en train d’engager un procès en séparation contre lui, tandis que lui-même se voit enfermé sur ordre du Roi dans une prison lyonnaise. Que s’est-il passé entre temps? La réponse figure dans ces Mémoires de la marquise écrits par Courtilz au cours d’une intense activité éditoriale. L’auteur qui vient de passer plusieurs années à la Bastille ne s’y est point ennuyé : il a recueilli un nombre considérable d’anecdotes historiques, de singularités, d’intrigues secrètes. Il coud cette masse d’informations dans des récits de destinée hors du commun, écrits en forme de mémoires apocryphes, genre qu’il créé en 1687 avec les Mémoires de LCDR. […]"
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