Avec sa discrétion coutumière, la collection Poésie/Gallimard a récemment entrepris de nous ouvrir les portes de la poésie africaine subsaharienne, avec la publication l'an passé de L'âme blessée d'un éléphant noir, suivi de Stèles du point du jour et d'Apprendre à donner, apprendre à recevoir de Gabriel Mwéné Okoundji, dont Fabula vous invite à lire un extrait…, et la réédition des Labyrinthes du nigérian Christopher Okigbo paru en 2020, avec une préface de Chimamanda Ngozi Adichie. Paraissent ces jours-ci trois des plus fameux recueils de Tchicaya U Tam’si, Le mauvais sang suivi de Feu de brousse et de Le ventre de Tchicaya U Tams’i, préfacés par Boniface Mongo Mboussa. Né au Congo en 1931 et mort à Bazancourt dans l’Oise en 1988, Gérald-Félix Tchicaya prend à vingt-six ans le pseudonyme de U Tam’si qui, en langue vili, signifie celui qui parle pour son pays. Mais c’est pour tous les peuples d’Afrique Noire que se lève sa poésie dont l’élan, la fougue, l’intransigeance doivent beaucoup à Rimbaud qui inspire son premier livre Le Mauvais sang.
Les éditions Points ne sont pas en reste qui donnent une nouvelle édition augmentée de l'anthologie de Bernard Magnier, Poésie d'Afrique au sud du Sahara. 1945-2025 : un continent qui réunit près de 300 poèmes signés par 240 poètes dans 30 langues.