
"Faire littérature à Madagascar : mutations et résistances" (revue Interculturel Francophonies)
Faire littérature à Madagascar : mutations et résistances
Revue Interculturel Francophonies, Alliance française de Lecce.
Sous la direction de Raharimanana (écrivain) et Murielle Perrier (Princeton University).
Sous l’impulsion de trois figures majeures, Michèle Rakotoson, Raharimanana et Johary Ravaloson, la littérature malgache d’expression française connaît depuis une dizaine d’années une transformation discrète mais significative. Longtemps dominée par la poésie, sous la férule de l’incontournable Jean-Joseph Rabearivelo dans les années 30, cette production littéraire s’est progressivement diversifiée depuis les années 90. Comme l’a souligné Tirthankar Chanda dans un article publié à l’occasion du sommet de la Francophonie de 2016 (RFI, Littérature francophone malgache : engagement et double appartenance), l’île de Madagascar est aujourd’hui devenue « l’un des pourvoyeurs majeurs de l’imaginaire francophone », où francophonie et « malgachitude coexistent dans un champ littéraire encore largement méconnu ». Et cette mutation discrète, tout en conservant l’originalité d’une double appartenance à la culture malgache et à la culture française, se manifeste par une présence accrue du roman, une diversification générique (théâtre, slam, performance poétique) et une interdisciplinarité de plus en plus affirmée chez les écrivains-artistes. À côté des auteurs déjà reconnus, de nouvelles voix émergent, parmi lesquelles Marie Ranjanoro, Raozy Pellerin, Élie Ramanankavana ou encore Na Hassi, qui participent à ce renouvellement. Toutefois, cette vitalité littéraire se déploie dans un contexte marqué par de fortes contraintes : pauvreté persistante, instabilité politique, corruption, et absence de structures éditoriales et de politiques de diffusion du livre. Ces conditions interrogent les modalités de production, de circulation et de réception des œuvres. Nous invitons ainsi des contributions qui pourront prendre la forme d’articles académiques (études critiques, réflexions théoriques, compte-rendus) aussi bien que de créations littéraires inédites (poèmes, nouvelles, récits, textes hybrides). L’objectif est de rendre compte, dans la pluralité des approches et des formes, de la manière dont les auteurs et autrices malgaches, établis ou émergents, contournent les contraintes structurelles et inventent de nouvelles pratiques d’écriture, de diffusion et de performance, afin de « faire littérature » dans un contexte de fragilité institutionnelle et politique.
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Modalités de soumission
Les auteur·rice·s sont invités à soumettre une proposition de contribution (résumé de 300 à 400 mots, accompagné d’une courte notice bio-bibliographique) avant le 15 décembre 2025 à l’adresse suivante : fairelitteraturemada@gmail.com
Les propositions feront l’objet d’une évaluation, et une réponse leur sera communiquée avant le 15 janvier 2026.
La date limite de soumission des contributions définitives est fixée au 31 mai 2026.
La publication est prévue dans la revue Interculturel Francophonies de l’Alliance française de Lecce (Italie), au premier semestre 2027.
Police : Times New Roman, taille 12.
Articles académiques : entre 5 000 et 7 000 mots.
Comptes rendus d’ouvrages : entre 1 000 et 1 500 mots.
Créations littéraires inédites (nouvelles, récits, textes hybrides) : entre 2 000 et 2 500 mots.
Poésie : 5 pages maximum.