Édition
Nouvelle parution
Pierre Schneider, Les dialogues du Louvre

Pierre Schneider, Les dialogues du Louvre

Publié le par Marc Escola

Marc Chagall
Sam Francis
Alberto Giacometti
Joan Miró
Barnett Newman
Jean-Paul Riopelle
Pierre Soulages
Saul Steinberg
Bram van Velde
Maria Elena Vieira da Silva
Zao Wou-ki

Ce livre comprend un cahier couleur de reproductions d’œuvres convoquées dans les dialogues, ainsi qu’une œuvre reproduite de chacun des onze artistes-interlocuteurs, parmi celles qu’ils avaient offertes à l’auteur à l’occasion de la première édition.

Essayiste de premier plan, Pierre Schneider (1925-2013) noua des amitiés avec nombre d’artistes, dont ceux présents en cet ouvrage, Les Dialogues du Louvre, avec lesquels il s’était rendu au Louvre. Il est par ailleurs spécialiste reconnu de l’œuvre de Matisse dont il est l’auteur d’une monographie de référence parue en 1984 aux éditions Flammarion. Jeune homme, alors réfugié aux États-Unis avec ses parents et sa sœur, il étudia à Berkeley où enseignait Thomas Mann. Encouragé par ce dernier, il poursuivit ses études à l’université de Harvard où il soutint un doctorat sur la poésie française au XIXe siècle. A son retour en France où il s’établit définitivement, il obtint un second doctorat en histoire de l’art à la Sorbonne. Cependant, Pierre Schneider s’est « toujours considéré et comporté en essayiste », aussi, précisait-il : « me suis-je efforcé d’échapper à la spécialisation […] en diversifiant mes thèmes et leur approche à travers l’organisation d’expositions et la rédaction d’essais où s’entrecroisent art et littérature, ou en élargissant les convictions que j’avais tiré de mon Matisse à un horizon englobant l’histoire de l’art et l’histoire des idées… ».C’est Samuel Beckett qui proposa son premier essai, La Voix vive, aux éditions de Minuit.

Texte de présentation courant sur les rabats de la couverture :

"Cet ouvrage, Les Dialogues du Louvre de Pierre Schneider, d’abord édité aux États-Unis en 1971 (New York, édition Atheneum), parut l’année suivante en français aux éditions Denoël. En 1991, l’auteur en acceptait la réédition chez Adam Biro, sans chercher à le réactualiser, autrement dit à lui ajouter de nouveaux dialogues, mais en l’agrémentant d’un « Avertissement » et surtout d’une importante postface, état des lieux d’une époque où domine l’« Histoire », assurant ainsi sa mainmise sur les œuvres et le présent, interrogation de ce présent reconduite à travers la notion même de musée alors en mutation, mise au point sur soi-même tout aussi intransigeante que subtile…

Partant de cette dernière édition, il s’est agi, dans la proposition d’une forme nouvelle (un nouveau livre), de lui redonner la place qu’il mérite parmi les livres qui auront ouvert « la nature du regard jeté sur la peinture », par le fait même, déjà, d’accueillir la parole de quelques-uns des artistes les plus considérables de la seconde moitié du XXe siècle avec lesquels l’auteur s’était rendu au Louvre ; occasion donnée de nous offrir en sus un portrait « vivant » de chacun d’eux dont il fut le contemporain.

Restitution « d’un univers englouti dans le silence », chacun de ses dialogues ressort ainsi « sur un même fond de signifiance », cependant que, rappelant en cela, de loin en loin, le Dante de Mandelstam, l’entretien côtoie l’essai, « avec la liberté — mais aussi le risque — que ce genre indéfinissable comporte ». C’est aussi que, contraint de fuir jeune homme l’Allemagne nazie jusqu’aux États-Unis, en passant par la France qu’il dut fuir aussi, puis l’Espagne et le Portugal (expérience dont il fit part alors âgé d’environ dix-huit ans dans un texte demeuré secret sa vie durant, librement titré Vivre, paru en 2021 aux éditions Harpo &), Pierre Schneider avait « cessé d’être restreint par les limites d’une frontière », fût-elle celle d’un genre bien déterminé." — Oliver Gallon