Editos
Actualités
Anticipons !
Publié le par Marc Escola

Sous le titre "Les temps de l'anticipation" la nouvelle livraison de la revue Belphégor supervisée par Mathieu Letourneux et Claire Barel-Moisan se propose de confronter le genre de l’anticipation à la question du temps : c’est apparemment engager une réflexion tautologique, car, par son nom même, l’anticipation suppose une projection dans l’avenir. La tentation est forte d’ailleurs de l’associer à une logique d’extrapolation – qu’elle présente quelque société future ou qu’elle imagine les possibilités d’exploitation de découvertes scientifiques actuelles. Mais une lecture attentive des corpus a tôt fait de montrer que les romans sont nombreux à se situer dans le présent, voire, comme chez Jules Verne, dans un passé récent, quand bien même ils évoqueraient des objets techniques n’existant pas encore. Définie comme projection à partir du présent dans un récit qui en exploite les virtualités (sans se situer nécessairement dans l’avenir), l’anticipation est liée aux modes de pensée d’une modernité qui, au XIXe siècle et dans une bonne partie du XXe siècle, fait du temps une matrice herméneutique

Signalons, dans le sommaire de juin d'Acta fabula, le compte rendu proposé par Ana Machado Santos de l'essai de Laure Lévêque, Le Rouge ou le Noir ? Quand la fiction futurologique française prophétisait des lendemains qui (dé)chantent (1800-1975), sous le titre "Du nouveau sur l’avenir. Lectures prospectives et heuristiques de la fiction d’anticipation française".