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La "transmission" (Doctoriales SAES 2023, Rennes)

Doctoriales SAES 2023 - La "transmission" - 1er Juin 2023 - Université Rennes 2

Questions disciplinaires 

« Le but d’une encyclopédie est de rassembler les connaissances éparses sur la surface de la terre ; d’en exposer le système général aux hommes avec qui nous vivons, et de les transmettre aux hommes qui viendront après nous. » Cette citation de Denis Diderot revient sur l’idée d’une transmission traditionnelle : verticale, obligatoire, considérée comme positive puisque portée sur la connaissance. D’ailleurs, la transmission, celle de connaissances, est le propre des activités de l’enseignant-chercheur, du professeur, du doctorant, que ce soit par ses communications, ses cours ou ses écrits. Or, ce dernier étant toujours une figure d’autorité dans ces différentes postures d’enseignement, il semble s’inscrire dans la continuité d’une transmission verticale, transmission qui soumettrait l’apprenant (récepteur de la transmission) au transmetteur de la connaissance.
Cette transmission verticale est remise en cause depuis les dernières décennies, et dans le podcast LSD sur la transmission de 2017 (France Culture), on parle même de crise de la transmission. Cette crise trouve ses origines dans plusieurs problématiques soulevées par la transmission. Quel doit être son contenu ? N’est-il pas parfois négatif ? De quelle(s) manière(s) est-il possible de bien transmettre ? Nos disciplines diverses peuvent nous permettre de comprendre les facettes diverses de cette transmission. En effet, l’histoire est la compréhension du passé qui permet de comprendre notre présent mais ce n’est possible que par la transmission d’informations. Puis, la linguistique et le langage sont essentiels à la transmission qui est souvent verbale. Quant à la littérature, on y trouve des personnages approuvant, rejetant ou encore qui réinventent la transmission.

L’obligation de la transmission

Le rapport de différentes personnes ou personnages à la transmission soulève la question primordiale de l’obligation dans la transmission. Ceux qui l’approuvent vont s’en charger et ceux qui la rejettent, refuseront de le faire. Alors, pourquoi transmettre serait-il une obligation et non un choix parmi d’autre ? Si la transmission était d’emblée une obligation, ou même une contrainte, nous ne serions plus libres de choisir. Et si la transmission n’était pas une obligation absolue mais relative, nous pourrions exercer un choix relatif dans cet acte (que transmettre et comment). En fait, l’idée de la transmission renvoie bien souvent à la transmission d’héritage et de traditions, surtout dans la sociologie. Prenons l’exemple de Pierre Bourdieu, qui par son déterminisme, suggère que ‘nos actes, et plus largement notre destin social’ sont déterminés par notre héritage. Ce dernier comporte une richesse économique certes, mais bien plus encore, un bagage culturel, familial et à plus grande échelle, social. Ce sont donc des ‘capitaux’ dont la transmission a lieu d’une personne à l’autre et d’une génération à la suivante. Bourdieu met l’accent sur l’importance de la transmission du patrimoine culturel dans nos sociétés contemporaines, une transmission porteuse et garante de stabilité et de continuité. Enfin, que se passerait-il si cette transmission n’avait plus lieu ? Fort probablement, son absence se fera sentir de façons bien profondes et diverses au sein de nos sociétés et de toutes ses unités et structures fondatrices.

L’absence de transmission

Parfois la transmission est tout simplement inexistante. Cette absence de transmission peut trouver un écho dans différents champs disciplinaires : patrimonial, artistique… En effet, la transmission ne se fait pas de la même manière entre hommes et femmes, père et fils ou fille, maître et élève masculin ou féminin… Cette absence de transmission pourrait ainsi être interrogée au prisme du genre.

Le rejet de la transmission

L’histoire de l’art peut se lire comme une succession de mouvements qui se construisent parfois en opposition les uns par rapport aux autres. Ainsi le néoclassicisme du XVIIIe siècle réagit aux extravagances du rococo, ou encore l’impressionnisme remet en question les principes académiques de la représentation picturale. Le même phénomène peut se vérifier dans d’autres champs disciplinaires, et interroge dans ce cas la notion de rejet de la transmission. Quand la transmission d’un modèle emprisonne ou véhicule un savoir obsolète, quels sont les moyens d’y échapper ?

Le renouveau de la transmission

Même si un renouveau de la transmission est à concevoir, il y a des domaines où l’on voit déjà les manières de transmettre mais aussi les outils de transmission évoluer dans ce sens. D’ailleurs, quand la transmission s’avère difficile voire impossible, que ce soit pour des raisons physiques, psychiques ou matérielles, comment l’adapter pour qu’elle s’effectue tout de même ? On peut penser aux enseignements adaptés qui permettent la transmission malgré les différents profils des apprenants : DYS, trouble autistique … Les inégalités de genre rendent également la transmission de certaines matières plus délicates. (la bosse des maths n’existe pas, Clémence Perronnet)

Vous pouvez retrouver le texte de cadrage en PDF ci-joint et aussi en cliquant sur le lien suivant 
https://congres2023.saesfrance.org/textes-de-cadrage/



Les propositions de 500 mots maximum, accompagnées d’une courte notice biblio-biographique, rédigées en français ou en anglais, devront être envoyées à l’adresse suivante (college.doctorants@saesfrance.org ou college.doctorants@gmail.com) avant le 15 janvier 2023.

Les Doctoriales sont une occasion pour tous les doctorants de nous enrichir de leur travail de thèse, que ce dernier s’insère dans le thème de la transmission ou non. Si vous souhaitez nous parler de votre sujet, n’hésitez pas à envoyer également un abstract.

Nous vous rappelons que le Collège des doctorants de la SAES accompagne tous les doctorant.e.s (membres de la SAES) tout au long de leur parcours.  Nous vous invitons donc à suivre toutes nos actualités sur notre page fb (Collège des doctorants de la SAES), sur twitter (@BureauDocSaes) et surtout sur notre carnet hypothèses (https ://doctoratsaes.hypotheses.org/) que vous trouverez bien utile !