Questions de société
Éducation populaire et université : les sœurs ennemies ? (Bordeaux)

Éducation populaire et université : les sœurs ennemies ? (Bordeaux)

Publié le par Justine Brisson (Source : Benoist Blanchard)

Appel à contribution à l'attention des doctorant.e.s

Séminaire d’Initiative Doctorale, à la Maison de la Recherche, Pessac.
Les  8 et 16 décembre 2022

 Éducation populaire et université : les sœurs ennemies ?
un séminaire à l’initiative de Benoist Blanchard, doctorant au laboratoire MICA, Université Bordeaux-Montaigne

___________________



> Présentation du séminaire 
L’Éducation Populaire, dans son rapport contestataire au politique (Besse et al. : 2016), n’aime pas se savoir examinée : pourtant, en tant que militante, être négligée serait son drame. Pleine de cette vigueur farouche, sa nature rebelle l’enjoint à déplacer les cadres d’analyse d’un modèle universitaire qui prétend, lui aussi, donner aux individus les moyens d’une liberté de penser et d’une autonomie intellectuelle, voire politique. Est-ce alors par caprice, ou nécessité de survie, que l’Éducation Populaire se définit elle-même dans une succession de rejets ? rejet de la transmission, rejet de la médiation, rejet de sa catégorisation, rejet du modèle universitaire en somme. Elle affirme sa démarche dans des espaces d’actions et prétend restituer aux individus les moyens de leur autonomie d’agir et de penser, loin des lieux canoniques du Savoir…

Dans une tribune du 7 décembre 2020, la Fédération des Centres sociaux et Socioculturels de France, reconnue d’utilité publique en 1931 et agréée au titre de l’éducation populaire, s’associe à des acteurs de l’éducation populaire, des organisations de la société civile et des chercheur.euse.s du monde universitaire pour interpeller pouvoirs publics, associations, médias et grand public sur l’urgence et la nécessité de mener un « combat démocratique ». Et tandis que ce texte réaffirme l’urgence à agir avec les citoyens pour réactiver la démocratie « qui ne saurait se réduire au droit de vote », un appel de ralliement est adressé en fin de tribune à l’attention de l’ensemble des organisations politiques, médiatiques, syndicales, associatives, mais pas aux institutions d’État : seraient-elles finalement perçues comme aliénantes et non libératrices ?

Ce séminaire est né de l’envie d’aborder cette tension et de comprendre en quelle mesure la collaboration, entre Éducation Populaire et monde universitaire, serait possible sans réduire l’identité de la première (liberté politique, action sociale) au profit du cadre institutionnel et d’autorité du second.

De façon pluridisciplinaire, trois axes d'étude sur l'Éducation populaire sont envisagés :

1/ la manière dont ce mouvement a été abordé, pensé et défini dans la recherche en SHS ;
2/ les conditions, enjeux et perspectives d'un dialogue entre Éducation Populaire et recherche scientifique, notamment dans la médiation et la transmission des savoirs, et donc les liens possible entre milieu académiques et milieux militants ;
3/ aborder la question du déplacement politique de la recherche et la revalorisation des émotions dans les Sciences Politiques comme pratiques transversales à la Recherche et à l’Éducation Populaire.

> Organisation et intervenants
Ce séminaire sera réparti sur trois demi-journées, dont deux seront ouvertes à la participation de doctorant.e.s : 

- Jeudi 1er décembre, après midi : Table ronde avec des professionnel.le.s et bénévoles locaux, animé par Hugo Fourcade (Labo LACES, Université de Bordeaux) et la participation du public,

- Jeudi 8 décembre, après midi : L’histoire de l’Éducation Populaire avec Laurent Besse, (IUT de Tour, MCF en histoire de l’éducation XXe siècle, histoire de la jeunesse), et l’Histoire du Sport dans l’éducation populaire avec Julien Fuchs (STAPS de Brest) + 1 doctorant.e ;

- Vendredi 16 décembre, matin : Histoire des Idées par Florence Boulerie (équipe "Plurielles", UBM) et contexte et enjeux de l’Éducation Populaire aujourd’hui par Emmanuel Porte (chargé d’études et de recherche à l’INJEP et codirection de la revue « les cahiers de l’action ») + 1 doctorant.e.

> Format des propositions 
Les doctorant.e.s et doctorantes intéressé.e.s doivent soumettre une proposition de communication (.pdf) comprenant les éléments suivants :
 • Nom, Prénom, laboratoire et axe, statut et courriels ;
• Le titre de la communication ;
• L'axe d’intervention choisi ;
• Un résumé de 300 mots (références bibliographiques non comprises) faisant ressortir l’intérêt de la contribution et comportant un aperçu de la problématique et du cadre théorique ;
• Une liste des références citées (5 maximum).

Les propositions de communication sont à envoyer au plus tard le 13 novembre 2022 à cette adresse : benoist.blanchard@etu.u-bordeaux-montaigne.fr

> Lieu du séminaire
Maison de la Recherche de l’Université Bordeaux Montaigne, Pessac.