Actualité
Appels à contributions
Les échos et résonances des Rêveries du promeneur solitaire dans les littératures de langues romanes (Poznań, Pologne)

Les échos et résonances des Rêveries du promeneur solitaire dans les littératures de langues romanes (Poznań, Pologne)

Publié le par Marc Escola (Source : Barbara Łuczak)

Les échos et résonances des Rêveries du promeneur solitaire dans les littératures de langues romanes

 Institut des Langues et Littératures Romanes de l’Université Adam Mickiewicz à Poznań, les 20 et 21 mai 2027

À l’approche du 250e anniversaire de la mort de Jean-Jacques Rousseau, qui sera célébré en 2028, l’Institut des Langues et Littératures Romanes de l’Université Adam Mickiewicz à Poznań organise, les 20 et 21 mai 2027, un colloque consacré aux échos des Rêveries du promeneur solitaire dans les littératures de langues romanes.

Jean-Jacques Rousseau commence à rédiger Les Rêveries du promeneur solitaire deux ans avant sa mort, en 1776. L’ouvrage, inachevé, sera publié à titre posthume en 1782. Cette dernière œuvre de l’écrivain est étroitement liée à son état d’esprit à la fin de sa vie. Bien qu’écrite dans un but et avec une attitude différents, elle constitue, comme les Confessions et les Dialogues, un règlement de comptes avec le monde et avec les autres (ses ennemis réels ou imaginaires), ainsi qu’une quête du « moi » intérieur. Il s’agit d’une déclaration de rejet définitif du monde extérieur et de la société, avec le mensonge, la fausse gloire et l’hypocrisie qui, selon Rousseau, les caractérisent. Néanmoins, la rupture entre celui qui aspire à proscrire et ceux qui, selon son jugement, l’ont proscrit, ne saurait être absolue. Les tensions entre « moi » et « eux », « extérieur » et « intérieur », « individu » et « société », « nature » et « culture », etc. sont toujours perceptibles et structurent le récit.

Ce colloque souhaite examiner les résonances des Rêveries du promeneur solitaire sur les littératures de langues romanes. Notre objectif est de comprendre comment les tensions que nous avons mentionnées ont influencé les textes des écrivains et des écrivaines du XIXe au XXIe siècle. De quelle manière ont-ils rejeté, affirmé ou transformé les postures exprimées par Rousseau dans leurs propres ouvrages ? Comment son récit a-t-il été revisité à notre époque, marquée par une conscience de la subjectivité proclamée partout, et comment a-t-il influencé la manière de percevoir l’opposition entre l’individu et la collectivité, ainsi que le lien indissoluble et chargé de conflits divers qui les unit ? Nous nous intéresserons aussi à la vision du monde naturel telle qu’elle est esquissée dans Les Rêveries du promeneur solitaire, afin de déterminer dans quelle mesure elle est devenue une référence pour la sensibilité écologique exprimée dans les littératures contemporaines. Il s’agira également d’examiner si la rêverie rousseauiste, en tant que forme de réflexion et de discours littéraire, a servi de source d’inspiration pour raconter cette subjectivité à une époque où de nouvelles formes d’écriture de soi (autofiction, autothéorie, autosociobiographie, écobiographie, etc.) se développent. Se dépeindre comme un homme rejeté par la société, « l’horreur de la race humaine », est-ce un modèle de récit de soi présent dans la littérature de notre temps ? L’attitude consistant à se retirer du monde, qui a pourtant des racines classiques, et le geste de « ne s’occuper que de soi » sont-ils devenus une réponse au monde d’après-pandémie, une forme de souci de soi et une manière de résister face à un monde de plus en plus chaotique et en proie à des conflits toujours plus nombreux ? Dans quelle mesure le dernier ouvrage de Rousseau invite-t-il encore à réfléchir à la possibilité de trouver son « moi » authentique à travers le récit de soi ou le dialogue avec soi-même, et quel rôle le langage joue-t-il dans ce processus ? Dans une perspective de réception, nous pourrons enfin nous demander si Les Rêveries du promeneur solitaire ont suscité une réflexion sur le rôle paradoxal du lecteur, qui apparaît d’une part comme un intrus – l’auteur affirmant : « Je n’écris mes rêveries que pour moi » – et d’autre part comme un élément indispensable à la réussite de l’acte de communication.

Seront privilégiées les propositions démontrant une filiation directe avec l’œuvre de Rousseau, au-delà d’une simple parenté de thèmes ou de méthodes.

Les propositions de communication (nom, prénom, affiliation institutionnelle, adresse électronique de l’auteur/autrice, titre de la communication, résumé de 300 mots) sont à adresser à Barbara Łuczak (barbara.luczak@amu.edu.pl) avant le 20 juin 2026.

Notification d’acceptation : 30 juin 2026.

Durée des communications : 20 minutes

Langue de présentation : français

Frais de participation : 550 PLN / 130 €

Les frais de transport et d’hébergement sont à la charge des participants.

Le colloque se tiendra à l’Institut des Langues et Littératures Romanes de l’Université Adam Mickiewicz à Poznań (Pologne).

Comité d’organisation : 

Mirosław Loba, Barbara Łuczak (Université Adam Mickiewicz à Poznań)