Actualité
Appels à contributions
Le plaisir comme fin de l’art ? Statut et fonction du plaisir dans les théories et les pratiques artistiques de l’Europe du XVIIe s. (Lausanne)

Le plaisir comme fin de l’art ? Statut et fonction du plaisir dans les théories et les pratiques artistiques de l’Europe du XVIIe s. (Lausanne)

Publié le par Université de Lausanne (Source : Antoine Gallay)

[English below]

Le plaisir comme fin de l’art ? Statut et fonction du plaisir dans les théories et les pratiques artistiques de l’Europe du XVIIe siècle 

26-28 novembre 2026, Université de Lausanne 
 
« Sa fin est de plaire, et d’exciter en nous diverses passions », écrit Descartes à propos de la musique en 1618 ; « la poésie dramatique a pour but le seul plaisir des spectateurs », selon Corneille en 1660 ; quant à la peinture, « sa fin est la délectation », affirme Poussin en 1665. Alors que l’historiographie tend généralement à associer la notion de plaisir aux arts du XVIIIe siècle, force est de constater que le plaisir occupe déjà une place significative dans les tentatives de définition des arts au siècle précédent, place que ce colloque entend réévaluer. Clôturant le projet de recherche FNS Peindre et penser la peinture en France durant le premier XVIIe siècle (2023-2027), ces journées permettront de faire le point sur une notion qui, contre toute attente, a été récurrente dans les textes étudiés.

Si jusqu’alors le plaisir ne formait qu’une des trois fins communes de la rhétorique, de la musique et de la peinture – qui sont, dans l’ordre d’importance, instruire (docere), émouvoir (movere) et enfin plaire (placere) –, la réalité des pratiques et des discours qui se développent au cours du XVIIe siècle, en France et dans l’ensemble de l’Europe, permet de brosser un portrait plus nuancé, à travers lequel se forge progressivement la place prépondérante qu’occupera le plaisir durant le siècle suivant. Dans cette perspective, il ne s’agira pas pour autant de réduire le XVIIe siècle à une période de transition, mais de chercher à restituer les logiques propres qui s’y élaborent. Il convient tout d’abord de considérer les différentes conceptions du plaisir, lorsqu’il est associé aux sens de la vue et de l’ouïe ainsi qu’à certaines facultés cognitives (imagination, entendement). Pour ce faire, il importe également d’examiner la manière dont le plaisir est discuté, selon quelles métaphores, au sein de quels champs lexicaux (le jeu, l’amour), et à travers quels termes (la « délectation » employée par Poussin est ainsi devenue un « vieux mot qui ne se peut guère dire qu’en riant » selon Richelet).

Il s’agira ensuite de se pencher sur les différents contextes intellectuels, religieux et sociaux dans lesquels cette conception du plaisir s’élabore et se transforme. Longtemps subordonné à des fins supérieures (docere et movere), le plaisir tend au cours du XVIIe siècle à acquérir une certaine autonomie, jusqu’à se situer comme fin possible de l’expérience artistique. Cette légitimation semble alors pouvoir être rapprochée de certains courants philosophiques : dans quelle mesure, en France, l’épicurisme chrétien de Gassendi ou le néo-épicurisme de Saint-Évremond ont-ils pu contribuer à rendre le plaisir artistique compatible avec certaines exigences morales et spirituelles ? On pourra également considérer la manière dont cette question transparaît dans les discours sur l’art laissés par ceux que l’historiographie a qualifiés de « libertins érudits », en particulier François La Mothe Le Vayer et Samuel Sorbière.

En contrepoint, les résistances à l’égard du plaisir artistique permettent de mieux cerner les normes qu’il vient perturber. Quels sont les arguments qui visent à dévaloriser le plaisir comme fin de l’art, quelles conceptions religieuses, morales et intellectuelles véhiculent-ils et dans quels contextes sont-ils énoncés ? En outre, dans le domaine du jugement de goût, le plaisir peut apparaître comme un critère ambivalent qui tend également à diminuer sa valeur. En effet, s’il peut fonder l’appréciation esthétique, il peut aussi être accusé d’en compromettre la rigueur en introduisant une dimension personnelle et subjective.

Il s’agit enfin de considérer les pratiques concrètes dans lesquelles peuvent s’élaborer différentes conceptions du plaisir artistique. Les modalités de consommation des œuvres – lecture silencieuse ou à voix haute, expérience solitaire ou collective – produisent évidemment des formes différentes de plaisir, qui engagent des régimes d’attention, des temporalités et des sociabilités distincts. La lecture privée, notamment poétique, favorise une intériorisation du plaisir, tandis que les pratiques de lecture publique ou les performances théâtrales le déplacent vers une expérience partagée et médiatisée. De même, la conversation autour des œuvres peintes ou sculptées, en particulier dans les cercles lettrés ou chez les amateurs d’art, constitue un espace spécifique de production du plaisir, fondé sur la discussion et l’échange.

Cependant, si le plaisir artistique est avant tout appréhendé sous l’angle de la réception, il se laisse aussi saisir du côté de la production : plaisir de créer, de peindre, de jouer, d’écrire ou de composer, plaisir d’imiter, que les sources, depuis Aristote, laissent parfois affleurer. Dans quelle mesure le plaisir créatif a pu être appréhendé et formalisé par les théoriciens du XVIIe siècle et selon quelles temporalités ? Une temporalité anthropologique, historique ou mythologique ferait du plaisir un moteur de « l’invention » des arts ; une temporalité biographique renverrait à l’« inclination » précoce de l’artiste ; enfin, une temporalité proprement poétique éclairerait le plaisir éprouvé dans l’élaboration d’une œuvre singulière.

Le rapport entre le plaisir du créateur et celui du spectateur constitue un autre point d’analyse. Le plaisir attendu du public peut être perçu comme un horizon de la création, susceptible d’orienter les choix artistiques et les procédés mis en œuvre, et donc d’influencer le plaisir de l’artiste. La question des modes d’interaction entre ces deux formes de plaisir soulève un autre point crucial : celui de l’émergence d’une conception de l’art dans laquelle le plaisir créateur constitue la fin même de la pratique artistique. Cette dimension se manifeste notamment dans les pratiques en amateur, à des fins de délassement ou de divertissement, ou dans l’idée même du travail artistique comme « vocation » et non plus comme « métier » ou « profession ». Dans quelle mesure, à travers ce cadre conceptuel, le plaisir créatif peut-il alors se déployer comme argument en faveur de l’élévation du statut des arts ?

En tenant compte de la création comme de la réception, le présent colloque se propose donc d’examiner les différentes facettes du plaisir artistique dans l’Europe du XVIIe siècle. Les éclairages apportés pourraient alors inviter à repenser plus largement la place complexe du plaisir dans la pensée sur l’art dans l’Occident moderne, son rôle potentiel dans la construction d’un système des arts (Du Bos et surtout Batteux) ou dans le développement de l’esthétique au XVIIIe siècle (Baumgarten, Burke, Kant). Souvent considéré comme secondaire, le plaisir peut ainsi être réinvesti d’une vraie puissance heuristique tant pour analyser les discours et les pratiques du passé que pour réfléchir sur nos propres manières d’appréhender, de consommer et même d’étudier les œuvres d’art au sens le plus large. 

Les communications pourront porter sur les différents arts du long XVIIe siècle – peinture, littérature, architecture, musique, danse, théâtre –, notamment sous l’angle des thématiques suivantes :

  • la place du plaisir parmi les autres fonctions des arts dans les discours
  • la place du plaisir artistique parmi les différentes définitions du plaisir
  • les débats sur la légitimité du plaisir comme fin de l’art et les contextes intellectuels, religieux et sociaux dans lesquels ils sont formulés
  • les critères de valorisation ou de dévalorisation du plaisir artistique
  • l’assignation du plaisir à certaines formes et à certains genres artistiques
  • la place du plaisir créatif dans les écrits biographiques et historiographiques
  • les différents types de plaisir suscités par les différents modes de consommation des œuvres d’art
  • les interactions et tensions entre le plaisir du créateur et celui du spectateur
  • le plaisir créatif et la (dé-)professionnalisation des arts 

Seront considérées aussi bien les études de cas que les approches transversales et interdisciplinaires. Les contributions portant sur le plaisir créatif, encore peu étudié, sont particulièrement encouragées. Les communications pourront être présentées en français ou en anglais. 
 

Les propositions de communication, d’environ 500 mots, accompagnées d’une brève bio-bibliographie, sont à envoyer avant le 1er juillet 2026 à Gabriel Batalla-Lagleyre (gabriel.batalla@unil.ch) et à Antoine Gallay (antoine.gallay@unil.ch). 
 
Organisation :

Gabriel Batalla-Lagleyre (Université de Lausanne)
Antoine Gallay (Université de Lausanne) 
 
Comité scientifique :

Jan Blanc (Université de Lausanne) 
Léonie Marquaille (Université Bordeaux-Montaigne) 
Pauline Randonneix (Université de Lausanne) 
 
Indications bibliographiques :  
 
Blocker Déborah, Le Principe de plaisir : esthétique, savoirs et politique dans la Florence des Médicis (XVIe-XVIIe siècles), Paris, Les Belles Lettres, 2022 
Caviglia Susanna, History, Painting, and the Seriousness of Pleasure in the Age of Louis XV, Oxford, Voltaire Foundation, Liverpool University Press, 2020 
Colbus Jean-Claude et Hébert Brigitte (dir.), Approches critiques du plaisir (1450-1750), Paris, L’Harmattan, 2015 
Colbus Jean-Claude et Hébert Brigitte (dir.), De la satisfaction des besoins vitaux aux plaisirs des sens, aux délices de l’esprit et aux égarements de l’âme (1450-1750), Paris, L’Harmattan, 2015 
Darmon Jean-Charles, Philosophies du divertissement. Le Jardin imparfait des Modernes, Paris, Desjonquères, 2009 
Dekoninck Ralph, « Beauté et émotion. Du statut incertain du plaisir dans la littérature spirituelle illustrée des seizième et dix-septième siècles », dans Marc Van Haeck, Hugo Brems et Geert Claassens (dir.), The Stone of Alciato. Literature and Visual Culture in the Low Countries. Essays in Honour of Karel Porteman, Louvain, Peeters, 2003, p. 945-960 
Favier Thierry et Couvreur Manuel (dir.), Le Plaisir musical en France au XVIIe siècle, Sprimont, Mardaga, 2006 
Frigo Alberto, L’Expérience peinture. Le temps, l’intérêt et le plaisir, Lyon, Fage, 2020 
Godnair Nathalie, « De merveille esperdu ». Écrire l’émotion esthétique à la Renaissance (1500-1620), Genève, Droz, 2026 
Gustin-Gomez Clémentine, L’Avènement du plaisir dans la peinture française, de Le Brun à Watteau, Dijon, Faton, 2011 
Lafond Jean, « Augustinisme et épicurisme au XVIIe siècle », XVIIe siècle 135, 1982, p. 149-168 
Lafouge Marion, « Finis ut delectet. Mystère du plaisir et valeur de l’émotion dans les discours sur la musique à l’âge classique », dans Pierre-Henry Frangne, Timothée Picard, Hervé Lacombe et Marianne Massin (dir.), La Valeur de l’émotion musicale, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017, p. 101-114 
Lichtenstein Jacqueline, La Couleur éloquente. Rhétorique et peinture à l’âge classique, Paris, Flammarion, 1989 
Lichtenstein Jacqueline, « Le plaisir de l’art et ses règles au XVIIe siècle », dans Jacques Jouanna, Laurent Pernot et Michel Zink (dir.), Charmer, convaincre : la rhétorique dans l'histoire, Paris, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2014, p. 217-223 
Lontrade Agnès, Le Plaisir esthétique. Naissance d’une notion, Paris, L’Harmattan, 2004 
McClary Susan, Desire and Pleasure in Seventeenth-Century Music, Berkeley, University of California Press, 2012 
Michel Patrick, Peinture et Plaisir. Les goûts picturaux des collectionneurs parisiens au XVIIIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010 
Pichet Isabelle et Kluge Doris (dir.), Le Corps sensoriel au sein des loisirs et des divertissements, Paris, Hermann, 2023 
Shapiro Lisa (dir.), Pleasure: A History, New York, Oxford University Press, 2018 
Wajeman Lise, L’Amour de l’art. Érotique de l’artiste et du spectateur au XVIe siècle, Genève, Droz, 2015 


 
Pleasure as the Aim of Art? The Place of Pleasure in Seventeenth-Century European Art Theory and Practice 

26–28 November 2026, University of Lausanne

“Its purpose is to please and to arouse various passions in us,” wrote Descartes about music in 1618; “dramatic poetry aims solely at the pleasure of the spectators,” according to Corneille in 1660; as for painting, “its end is delectation,” asserted Poussin in 1665. While historiography generally associated the notion of pleasure with eighteenth-century art and literature, it appears that pleasure already had a significant place in attempts to define the arts during the previous century – a place that this conference seeks to reassess. This event, which marks the conclusion of the SNSF research project Peindre et penser la peinture en France durant le premier XVIIe siècle (2023-2027), will provide an opportunity to discuss a notion that was unexpectedly frequent throughout the texts under consideration. 
 
Until then, pleasure had been only one of the three shared aims of rhetoric, music and painting – ranked in order of importance as instructing (docere), moving (movere), and finally pleasing (placere). Yet the practices and discourses that developed over the course of the seventeenth century, in France and across Europe, offer a more nuanced picture, in which the pre-eminent role that pleasure would assume in the following century gradually takes shape. From this perspective, the aim is not to reduce the seventeenth century to a mere transitional period, but rather to analyse the specific logics that emerge within it. First, it is necessary to consider the various conceptions of pleasure when associated with the senses of sight and hearing, as well as with certain cognitive faculties (imagination, understanding). This also entails examining how pleasure was discussed – through which metaphors, within which lexical fields (play, love), and by means of which terms (the “delectation” used by Poussin had already become, according to Richelet, “an old word scarcely used except in jest”). 
One will then turn to the intellectual, religious and social contexts in which this conception of pleasure was elaborated and transformed. Long subordinated to higher ends (docere and movere), pleasure gradually acquired a degree of autonomy over the course of the seventeenth century, to the point of being posited as a possible end of artistic experience. This development may be related to certain philosophical currents: in France, to what extent did Gassendi’s Christian Epicureanism or Saint-Évremond’s neo-Epicureanism contribute to making artistic pleasure compatible with moral and spiritual demands? Consideration will also be given to how this issue appears in writings on art by those whom historiography has termed the “libertins érudits”, particularly François La Mothe Le Vayer and Samuel Sorbière. 
Conversely, resistance to artistic pleasure helps to clarify the norms it disrupted. What arguments sought to devalue pleasure as the end of art? What religious, moral and intellectual conceptions do they convey, and in what contexts were they articulated? Moreover, in matters of taste, pleasure may appear as an ambivalent criterion that can also diminish its value: while it may provide support to aesthetic judgement, it may also be accused of undermining its rigour by introducing a personal and subjective dimension. 
Finally, it is important to consider the concrete practices in which different conceptions of artistic pleasure were shaped. Modes of engaging with works – silent or aloud reading, solitary or collective experience – clearly generate different forms of pleasure, involving distinct regimes of attention, temporalities and sociabilities. Private reading, particularly of poetry, encourages an internalisation of pleasure, whereas public reading or theatrical performances shift it towards a shared and mediated experience. Likewise, conversation about painted or sculpted works, especially in learned circles or amongst art amateurs, constitutes a specific space to produce pleasure, grounded in discussion and exchange. 
Although artistic pleasure is primarily approached from the standpoint of reception, it may also be considered from that of production: the pleasure of creating – painting, performing, writing or composing – as well as the pleasure of imitation, which goes back to Aristotle. To what extent was creative pleasure conceptualised and theorised by seventeenth-century writers, and according to what temporal frameworks? An anthropological, historical or mythological temporality would present pleasure as a driving force in the “invention” of the arts; a biographical temporality would refer to the artist’s early “inclination”; finally, a properly poetic temporality would enlighten the pleasure experienced in the making of a singular artwork. 
The relationship between the pleasure of the creator and that of the spectator constitutes another key line of enquiry. The pleasure anticipated from the audience may be understood as a horizon of creation, capable of shaping artistic choices and procedures, and thus of influencing the artist’s own pleasure. The modes of interaction between these two forms of pleasure raise a further crucial issue: the emergence of a conception of art in which creative pleasure becomes the very end of artistic practice. This dimension is evident, for example, in amateur practices pursued for relaxation or entertainment, or in the very idea of artistic work as a “vocation” rather than a “trade” or “profession”. Within this conceptual framework, to what extent can creative pleasure function as an argument for elevating the status of the arts? 
Considering both creation and reception, this conference proposes to examine the various facets of artistic pleasure in seventeenth-century Europe. The perspectives developed may invite a broader reconsideration of the complex place of pleasure in early modern thought on art, its potential role in the construction of a system of the arts (Du Bos and especially Batteux) and in the development of eighteenth-century aesthetics (Baumgarten, Burke, Kant). Often regarded as secondary, pleasure may thus be reinvested with genuine heuristic value, both for analysing past discourses and practices and for reflecting on our own ways of apprehending, engaging with and even studying works of art in the broadest sense. 
 
Papers may address the various arts of the long seventeenth century – painting, literature, architecture, music, dance, theatre – particularly from the following perspectives: 
 
• the place of pleasure among the other functions of the arts in theoretical discourse 
• the place of artistic pleasure among different definitions of pleasure 
• debates on the legitimacy of pleasure as the end of art and the intellectual, religious and social contexts in which they were formulated 
• criteria for the valorisation or devalorisation of artistic pleasure 
• the assignment of pleasure to specific artistic forms or genres 
• the place of creative pleasure in biography and historiography  
• the different types of pleasure generated by different modes of engaging with artworks 
• interactions and tensions between the pleasure of the creator and that of the spectator 
• creative pleasure and the (de-)professionalisation of the arts 
 
Both case studies and broader, cross-disciplinary approaches are welcome. Contributions addressing creative pleasure, still relatively understudied, are especially encouraged. Papers may be delivered in French or English, but a passive understanding of French is recommended. 
 

Proposals (approximately 500 words) with a short bio-bibliography, should be sent by 1 July 2026 to Gabriel Batalla-Lagleyre (gabriel.batalla@unil.ch) and Antoine Gallay (antoine.gallay@unil.ch). 
 
Organizers:

Gabriel Batalla-Lagleyre (University of Lausanne) 
Antoine Gallay (University of Lausanne) 
 
Scientific committee:

Jan Blanc (University of Lausanne) 
Léonie Marquaille (University Bordeaux-Montaigne) 
Pauline Randonneix (University of Lausanne)