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Représenter l'auteur.ice : images, voix et archives à l'ère numérique (Besançon)

Représenter l'auteur.ice : images, voix et archives à l'ère numérique (Besançon)

Publié le par Marc Escola (Source : https://represent.sciencescall.org/)

Représenter l’auteur.ice : images, voix et archives à l’ère numérique

Cette journée d'étude organisée à l'Université Marie & Louis Pasteur (Besançon) le vendredi 16 octobre 2026 propose d'étudier la circulation des représentations d'auteurs et d'autrices à l'ère numérique, à travers leurs paratextes.

Les représentations iconographiques d’écrivain.e.s ne sont pas un fait nouveau. Aux États-Unis, les écrivains se sont emparés de la photographie dès son apparition au 19e siècle, de Frederick Douglass à Ernest Hemingway, en passant par Toni Morrison ou Edgar Allan Poe. En 2017, le livre L’Écrivain vu par la photographie : Formes, usages, enjeux dirigé par David Martens, Jean-Pierre Montier et Anne Reverseau confirme l’omniprésence de l’image des écrivain.e.s, et leur manière d’utiliser et d’user de leurs images, de créer une figure d’auteur.ice à travers celles-ci.

Pour cette journée, nous nous intéressons à cette figure d’auteur.ice, créée à travers son paratexte. Le paratexte, tel que défini par Gérard Genette (1987), désigne l’ensemble des éléments qui entourent et prolongent le texte : titres, préfaces, notes, interviews, images. José-Luis Diaz parle lui de scénographie auctoriale, des présentations de soi qui permettent une réception particulière d’un.e auteur.ice et son oeuvre. À l’ère numérique, ces concepts s’étendent considérablement. Les images, voix et archives d’écrivain.e.s circulent en ligne, se transforment, se remédiatisent (Bolter et Grusin), créant un paratexte numérique collaboratif, les internautes participant de sa création sur les réseaux sociaux, les blogs, podcasts et archives digitales. Ce paratexte numérique n’est plus uniquement produit par les auteur.ice.s ou les institutions, mais aussi par les lecteur.ice.s. Les archives « rogues » (DeKosnik), les forums de fans, les remédiatisations vidéo et audio créent de nouveaux paratextes et réinventent parfois la scénographie de leur auteur.ice.

Cette journée d’étude propose d’explorer les stratégies de mise en scène que les écrivain.e.s créent en ligne, puis les appropriations et reconfigurations de ces représentations par les lecteur.ice.s.

Les paratextes d’auteur.ice.s

Les auteur.ice.s contemporain.e.s utilisent le numérique pour créer leur propre scénographie. Elles ou ils mettent en avant leur image sur les réseaux sociaux comme Instagram, discutent de leurs projets ou de leurs avis sur X ou Bluesky, créent des blogs pour partager leurs informations, leurs nouveautés, ou encore échanger avec leurs lecteurs et lectrices.
Par exemple, Ta-Nehisi Coates a fédéré un lectorat national avec ses textes de non-fiction, Between the World and Me, ou « The Case for Reparations ». Sa présence active sur The Atlantic et Twitter a précédé un changement notable dans sa trajectoire professionnelle : Marvel Publishing l’a engagé comme scénariste pour la série de super-héros The Black Panther, rôle qui a marqué une transition et une évolution de scénographie auctoriale, par rapport à sa réputation établie d’auteur de non-fiction.

Les lecteur.ice.s en ligne : appropriation et remédiation

Les écrivain.e.s ne sont pas seul.e.s en ligne. Le collectif entre en jeu, comme Beth Driscoll l’explique dans son nouvel ouvrage What Readers Do (2025). Le public souhaite communiquer ou même communier, autour de leurs auteur.ice.s favori.te.s. Les archives non-institutionnelles créées par ces lecteur.ice.s en sont un exemple. Le site Bukowski.net recense des données autour de Charles Bukowski grâce aux échanges sur son forum. Cette archive créée par et pour le lecteur.ice/fan de l’auteur, vient étendre le paratexte auctorial et éditorial. Les lecteur.ice.s présentent aussi les auteur.ice.s et leur oeuvre sur des réseaux sociaux comme Reddit, Goodreads ou Babelio. Ils remédiatisent leurs images et voix sur YouTube et Spotify dépassant la scénographie visuelle pour y ajouter une dimension audio, et entraînent à nouveau des commentaires, des communications entre internautes sur la représentation des écrivain.e.s en ligne.

Cette journée d’étude vise à croiser études littéraires, humanités numériques et archivistique pour comprendre comment les représentations d’écrivain.e.s circulent, se transforment et se remédiatisent en ligne. Nous invitons les chercheur.euse.s (études anglophones, humanités numériques, sociologie, fan studies, archivistique, etc.) à participer. Les propositions peuvent porter sur des écrivain.e.s de toute aire du monde anglophone et de toute période, avec un intérêt particulier (mais non exclusif) pour les écrivain.e.s états-unien.ne.s.

Divers angles d’approches peuvent être abordés :

● Les images ou textes (ou image-texte) remédiatisés sous diverses formes (vidéos, photographies, dessins)
● Les enregistrements audio et vocaux
● La voix comme outil de remédiatisation
● Les échanges entre écrivains contemporains et leurs lecteur.ice.s sur les réseaux sociaux
● Les blogs (ou toute autre forme d’écrits en ligne) d’écrivain.e.s
● Les forums de lecteurs (publics, privés)
● Les représentations textuelles (ex : fanfictions, BookTok, Goodreads)
● Les archives digitales dites « rogue »
● Les manuscrits et brouillons en ligne : quand le processus créatif devient paratexte public
● Les représentations par l’intelligence artificielle

Les propositions (300 mots) accompagnées d’une brève notice biobibliographique sont à envoyer avant le 30 mai 2026 à amelie.macaud@umlp.fr, sahar.kheirandish@etu.u-bordeaux-montaigne.fr, et magali.bigey@univ-fcomte.fr.

Les propositions retenues seront communiquées le 30 juin 2026.

Les communications pourront être présentées en français ou en anglais.

Une bibliographie non-exhaustive se trouve sur le site de l'appel à communications: https://represent.sciencescall.org/

Journée d'étude organisée par

Amélie Macaud (ELLIADD, Université Marie et Louis Pasteur)

Sahar Kheirandish (CLIMAS, Université Bordeaux Montaigne)

Magali Bigey (ELLIADD, Université Marie et Louis Pasteur)