Espaces linguistiques
L’indéfinition dans les discours contemporains : stratégies, fonctions et enjeux énonciatifs
Numéro 13 (juin 2027)
Numéro coordonné par Antoine-Beauvard Zanga & Chrysta Pelissier
Longtemps appréhendée comme une marque d’imprécision ou comme le symptôme d’un déficit référentiel, l’indéfinition est aujourd’hui reconnue comme une ressource discursive majeure. Les travaux linguistiques ont en effet montré que l’indéfini ne relève pas d’un « manque », mais d’un mode spécifique de construction du sens. Dans une perspective guillaumienne, l’indéfinition correspond à un état du signifié en cours d’actualisation : elle relève d’un « virtuel » en voie de détermination (Guillaume, 2003 [1951]). Cette conception dynamique sera prolongée par Culioli (1999), pour qui les marqueurs indéfinis participent
d’opérations d’ajustement et de repérage, inscrites dans une activité énonciative fondamentalement instable.
Loin d’être une catégorie homogène, l’indéfinition traverse plusieurs niveaux de la langue : déterminants (un, des, certains), pronoms (on, quelqu’un, rien), adverbes (quelque part), expressions nominales floues (« des sources », « certains observateurs »), mais aussi constructions syntaxiques impersonnelles. Les analyses de Martin (1983) sur la référence et celles de Kleiber (1994, 2001) sur la sémantique des indéfinis ont montré que l’indéfini ne renvoie pas à une absence de référent, mais à un mode particulier de mise en relation entre le dire et le monde. L’indétermination peut ainsi constituer un opérateur de généralisation, d’anonymisation ou de mise à distance.
En analyse du discours, cette dimension stratégique a été particulièrement soulignée. Charaudeau (2005) montre que le discours médiatique repose sur un équilibre entre crédibilité et prudence : les formes indéfinies y jouent un rôle central pour signaler une information non totalement stabilisée (« des sources proches du dossier »), pour ménager la responsabilité énonciative ou pour préserver l’anonymat. Amossy (2010), dans sa réflexion sur l’argumentation dans le discours, met en évidence la fonction rhétorique de l’indéfinition : elle permet d’élargir la portée d’un énoncé, de construire un consensus implicite (« on sait que… »), ou d’éviter l’affrontement direct.
La pragmatique a également insisté sur la dimension interactionnelle de l’indéfini. Kerbrat-Orecchioni (2005) montre que l’indétermination participe des stratégies d’atténuation et de politesse, notamment dans les situations de conflit. Plantin (2011), dans l’étude de l’argumentation, observe que l’indéfini peut fonctionner comme un opérateur d’évitement : en diluant les responsabilités ou en élargissant indûment un groupe référentiel, il reconfigure les rapports de force discursifs. L’indéfinition devient alors un outil de gestion des faces et de négociation des positions.
Dans les discours politiques contemporains, l’indéfinition est souvent mobilisée comme instrument d’ambiguïté stratégique. Les formulations telles que « certains acteurs », « des forces extérieures » ou « on nous attaque » produisent un effet de mobilisation tout en maintenant un flou référentiel. Cette stratégie d’indétermination permet à la fois d’agréger des soutiens et de neutraliser la contradiction. Elle participe de ce que Rosanvallon (2008) décrit comme une « démocratie d’imputation diffuse », où la responsabilité est fréquemment diluée dans des entités indéterminées.
Dans les discours religieux, l’indéfinition relève d’une autre logique : elle constitue une modalité d’accès à l’indicible. Ricœur (1975) a montré que le langage symbolique procède souvent par indétermination, afin d’ouvrir un espace herméneutique. Marion (1997) insiste, dans sa phénoménologie du donné, sur l’excès du sens par rapport aux catégories déterminées. L’indéfini devient alors le signe d’une transcendance irréductible, d’un surplus qui échappe à
la clôture conceptuelle.
L’univers numérique accentue encore ces dynamiques. Jeanneret (2014) souligne que la circulation des discours sur les plateformes favorise des formes brèves, suggestives, souvent indéterminées, qui stimulent l’interprétation et la viralité. Cardon (2019) montre que les réseaux sociaux reposent sur des mécanismes d’amplification où l’ambiguïté peut devenir un moteur d’engagement. Les expressions indéfinies (« certains vont tomber », « il se passe des choses ») suscitent curiosité, suspicion ou indignation, tout en échappant aux contraintes de vérification immédiate.
Sur le plan strictement linguistique, les recherches sur les indéfinis ont permis de dépasser une conception purement morphologique. Corblin (1987) met en évidence la diversité des effets interprétatifs liés aux déterminants indéfinis, tandis qu’Anscombre et Ducrot (1983) montrent que les formes indéfinies peuvent orienter l’argumentation en activant des topoï implicites. L’indéfini ne se contente pas de référer : il préfigure des parcours interprétatifs. Dans cette perspective, l’indétermination constitue un espace d’instruction sémantique ouvert, qui engage activement le co-énonciateur.
Plus récemment, des travaux en analyse des discours numériques et médiatiques ont souligné la dimension protectrice et stratégique de l’indéfinition. Elle permet de dire sous contrainte, de contourner la censure, d’éviter l’accusation directe, ou de préserver des sources dans des contextes sensibles. Loin d’être un défaut, elle devient un opérateur de prudence, voire un outil de survie discursive. Elle participe ainsi d’une économie du risque communicationnel.
En somme, l’indéfinition apparaît aujourd’hui comme une catégorie transversale, située au croisement de la sémantique, de la pragmatique, de la rhétorique et de la sémiotique. Elle constitue une modalité spécifique de la relation au réel : non pas absence de sens, mais sens en suspens ; non pas vide référentiel, mais ouverture interprétative. En ce sens, elle invite à repenser la détermination non comme un aboutissement nécessaire, mais comme l’un des possibles du dire.
Les articles pourront s’inscrire dans des perspectives résolument interdisciplinaires (linguistique, analyse du discours, sémiotique, pragmatique, rhétorique, sciences de l’information et de la communication, traductologie, etc.) et s’attacheront à examiner les manifestations de l’indéfinition dans des corpus variés et contemporains. Une attention particulière pourra être portée aux dynamiques interdiscursives, intermédiales et intersémiotiques à travers lesquelles l’indétermination circule, se transforme et se reconfigure (discours médiatiques, politiques, littéraires, productions numériques, réseaux sociaux,
discours religieux ou institutionnels, etc.).
Sans être limitatifs, les articles pourront notamment s’inscrire dans les axes suivants :
- Axe 1 : Indéfinition et discours médiatiques et journalistiques
Dans les pratiques médiatiques, l’indéfinition constitue une ressource stratégique de gestion du flou informationnel et de protection énonciative. Les formules telles que « des sources proches », « certains observateurs » ou « on apprend que » relèvent de mécanismes de prudence analysés notamment par Patrick Charaudeau (2005) dans la mise en scène de l’information et par Ruth Amossy (2010) dans la construction de l’ethos discursif. Dans une perspective d’analyse du discours médiatique, Dominique Maingueneau (2014) souligne également que les stratégies d’énonciation journalistique reposent sur des dispositifs de
légitimation et de distanciation qui peuvent s’appuyer sur des formes d’indétermination. De même, les travaux de Jean-Michel Adam (2011) sur la textualité journalistique mettent en évidence le rôle de certaines formulations floues dans l’organisation argumentative des textes médiatiques. Les contributions pourront notamment s’interroger sur :
• les fonctions discursives et argumentatives des formes indéfinies dans les discours journalistiques ;
• les rapports entre indéfinition, crédibilité et responsabilité énonciative ;
• les stratégies d’anonymisation ou de dilution de la source dans la production de l’information ;
• les effets de l’indétermination dans la circulation médiatique des rumeurs, hypothèses ou informations incertaines.
Axe 2 : Indéfinition et discours politiques
Le discours politique mobilise fréquemment l’indéfinition comme opérateur d’ambiguïté stratégique : promesses générales, désignations floues ou formulations englobantes favorisent un consensus implicite tout en maintenant une marge d’interprétation. Les analyses de Pierre Rosanvallon (2008) sur la « démocratie d’imputation diffuse » montrent que la responsabilité politique tend parfois à être diluée dans des entités indéterminées. Dans une perspective
d’analyse du discours politique, Teun A. van Dijk (1998) et Marc Angenot (2008) ont également mis en évidence le rôle des catégories discursives floues dans la construction de représentations collectives et de positions idéologiques. De même, Christian Le Bart (2015) souligne que l’ambiguïté lexicale et référentielle constitue souvent une ressource stratégique dans la communication politique contemporaine. Les contributions pourront notamment explorer :
• les usages de l’indéfinition dans la construction du consensus politique ;
• les effets argumentatifs des désignations floues (« certains acteurs », « des forces extérieures », etc.) ;
• les rapports entre indétermination, responsabilité politique et imputabilité ;
• les formes contemporaines d’« imputation diffuse » dans les discours publics.
Axe 3 : Indéfinition et discours religieux
Dans les discours religieux, l’indéfinition peut relever d’une dynamique herméneutique orientée vers l’évocation du mystère, de l’indicible ou de la transcendance. Les analyses de Paul Ricœur (1975) sur le langage symbolique et celles de Jean-Luc Marion (1997) sur l’excès du donné mettent en évidence le rôle de l’indétermination dans l’ouverture interprétative du sens. Dans une perspective sémiotique et herméneutique, Umberto Eco (1992) a également
montré que certains dispositifs discursifs reposent sur une ouverture interprétative structurée, permettant une pluralité de lectures. Les travaux de Louis Panier (2002) sur le discours religieux soulignent par ailleurs que les formes d’indétermination participent à la médiation entre langage humain et expérience du sacré. Les contributions pourront notamment examiner :
• les fonctions sémiotiques de l’indéfinition dans les discours religieux ou spirituels ;
• les rapports entre indétermination linguistique et expérience du sacré ;
• les formes discursives de l’indicible et leurs effets herméneutiques ;
• la place de l’indéfini dans les genres discursifs religieux (prédication, exégèse, témoignage, etc.).
Axe 4 : Indéfinition et environnements numériques
Les environnements numériques favorisent des formes discursives brèves, fragmentées et fortement interprétables. Dans ces contextes, l’indéfinition peut fonctionner comme un déclencheur d’interprétation, un vecteur de viralité ou une stratégie d’évitement des contraintes discursives. Les travaux de Yves Jeanneret (2014) sur la trivialité des discours numériques montrent comment les contenus circulent et se transforment dans des dispositifs médiatiques
caractérisés par la reprise et la reformulation. Dominique Cardon (2019) souligne quant à lui que les réseaux sociaux reposent sur des mécanismes d’amplification où l’ambiguïté peut favoriser l’engagement des publics. Dans une perspective d’analyse des discours numériques, Alice Krieg-Planque (2012) a également mis en évidence le rôle des formules et des expressions vagues dans la circulation des discours publics. Les contributions pourront notamment interroger :
• le rôle de l’indéfinition dans les dynamiques de circulation et de trivialité des contenus numériques ;
• les usages du flou référentiel dans les réseaux sociaux ;
• les stratégies discursives d’indétermination dans les contextes de modération ou de censure ;
• les effets interprétatifs et participatifs produits par l’indéfini dans les dispositifs numériques.
Axe 5 : Indéfinition, traduction et circulation interlinguistique des discours
La traduction constitue un terrain privilégié pour observer les transformations de l’indéfinition entre langues et systèmes discursifs. Les marqueurs indéfinis, souvent étroitement liés aux opérations énonciatives propres à chaque langue, peuvent faire l’objet de reconfigurations sémantiques et pragmatiques lors du passage d’une langue à une autre. Les travaux de Lawrence Venuti (2012) ont montré que la traduction implique toujours des choix interprétatifs qui peuvent affecter les nuances discursives d’un texte. Dans le champ de la traductologie, Mona Baker (1992) et Anthony Pym (2014) ont également souligné que les
phénomènes d’implicitation, d’explicitation ou de reformulation peuvent transformer les effets pragmatiques liés à l’indétermination. Les contributions pourront notamment porter sur :
• la traduction des déterminants et pronoms indéfinis ;
• les stratégies traductives face aux formes floues ou sous-déterminées ;
• les transformations pragmatiques de l’indéfinition dans les traductions médiatiques, littéraires ou politiques ;
• les enjeux interculturels de l’indétermination dans la circulation internationale des discours.
Axe 6 : Perspectives théoriques et méthodologiques
Les approches linguistiques et sémiotiques offrent un cadre pour repenser l’indéfinition comme potentialité du sens. Dans la perspective guillaumienne, Gustave Guillaume (2003 [1951]) envisage l’indétermination comme un état virtuel du signifié en voie d’actualisation, tandis que Antoine Culioli (1999) l’analyse comme le produit d’opérations de repérage et d’ajustement énonciatif. Les travaux de Georges Kleiber (1994 ; 2001) et de Francis Corblin (1987) ont également contribué à éclairer la complexité sémantique des déterminants indéfinis et leurs effets interprétatifs. Plus récemment, les approches corpus-based et les méthodes issues de la linguistique de corpus offrent de nouvelles perspectives pour l’étude empirique des formes d’indétermination dans les discours contemporains. Les contributions pourront notamment proposer :
• des modèles théoriques de l’indéfinition ;
• des approches comparatives entre cadres théoriques ;
• des analyses corpus-based des marqueurs indéfinis ;
• des réflexions méthodologiques sur l’étude de l’indétermination dans les discours contemporains.
Calendrier prévisionnel :
Date de lancement de l’appel : 23 mars 2026.
Remise des articles entièrement rédigés selon la feuille de style de la revue : 9 novembre 2026, par mail, conjointement à antoine.zanga@univ-yaounde1.cm et chrysta.pelissier@umontpellier.fr
Le modèle de document et les consignes éditoriales sont disponibles à cette adresse : https://www.unilim.fr/espaces-linguistiques/90
Retour des évaluations en double aveugle (notification des acceptations ou refus) : 25 janvier 2027.
Date de retour des articles corrigés : 25 mars 2027
Date de publication : juin 2027
Bibliographie
Adam, J.-M. (2011). Les textes : types et prototypes. Récit, description, argumentation, explication et dialogue. 4e éd. Paris : Armand Colin.
Amossy, R. (2010). L’argumentation dans le discours. Armand Colin.
Amossy, R. (2010). La présentation de soi : Ethos et identité verbale. Presses universitaires de France.
Angenot, M. (2008). Dialogues de sourds : traité de rhétorique antilogique. Mille et une nuits.
Anscombre, J.-C., & Ducrot, O. (1983). L’argumentation dans la langue. Pierre Mardaga.
Baker, M. (1992). In Other Words: A Coursebook on Translation. Routledge.
Cardon, D. (2019). Culture numérique. Presses de Sciences Po.
Charaudeau, P. & Maingueneau, D. (dir.). (2002). Dictionnaire d’analyse du discours. Seuil.
Charaudeau, P. (2005). Les médias et l’information : L’impossible transparence du discours. De Boeck.
Corblin, F. (1987). Indéfini, défini et démonstratif. Droz.
Culioli, A. (1999). Pour une linguistique de l’énonciation : Tome 2. Formalisation et opérations de repérage. Ophrys.
Eco, U. (1992). Les limites de l’interprétation. Paris : Grasset.
Guillaume, G. (2003). Leçons de linguistique, 1948–1949 : Série C, Grammaire particulière du français et grammaire générale (4e éd.). Presses de l’Université Laval. (Œuvre originale publiée en 1951)
Jeanneret, Y. (2014). Penser la trivialité : Volume 1. La vie triviale des êtres culturels. Hermès Lavoisier.
Kerbrat-Orecchioni, C. (2005). Le discours en interaction. Armand Colin.
Kleiber, G. (1994). Anaphores et pronoms. Duculot.
Kleiber, G. (2001). Problèmes de sémantique : La polysémie en questions. Presses universitaires du Septentrion.
Krieg-Planque, A. (2012). Analyser les discours institutionnels. Armand Colin.
Le Bart, C. (2015). La politique en discours. Armand Colin.
Maingueneau, D. (2014). Discours et analyse du discours. Armand Colin.
Marion, J.-L. (1997). Étant donné : Essai d’une phénoménologie de la donation. Presses universitaires de France.
Martin, R. (1983). Pour une logique du sens. Presses universitaires de France.
Panier, L. (2002). Le discours religieux. Cerf.
Plantin, C. (2011). L’argumentation (2e éd.). Presses universitaires de France.
Pym, A. (2014). Exploring Translation Theories. 2nd ed. Routledge.
Ricœur, P. (1975). La métaphore vive. Seuil.
Rosanvallon, P. (2008). La légitimité démocratique : Impartialité, réflexivité, proximité. Seuil.
Van D., Teun A. (1998). Ideology: A Multidisciplinary Approach. London : Sage.
Venuti, L. (2012). The Translator’s Invisibility: A History of Translation. 2nd ed.: Routledge.
Comité scientifique
Pr Jacques EVOUNA (Université de Yaoundé 1, Cameroun)
Pr Léonie METANGMO-TATOU (Université de Ngaoundéré, Cameroun)
Pr Venant ELOUNDOU ELOUNDOU (Université de Yaoundé 1, Cameroun)
Pr Abdelouahid TIOUIDIOUINE (Université Ahmed Zabana de Relizane, Algérie)
Pr Gérard BOUELET (Université de Douala, Cameroun)
Pr Salomé Chantal NTSAMA ESSENGUE (Université de Yaoundé 1, Cameroun)
Pr Edgard ABESSO ZAMBO (Université de Yaoundé 1, Cameroun)
Pr Marie-Renée ATANGANA (Université de Bertoua, Cameroun)
Pr Brice Martin AKONO (Université de Yaoundé 1, Cameroun)
Pr François MBARGA (Université de Yaoundé 1, Cameroun)
Dr Christelle COMBE (Aix Marseille Université, France)
Dr Damien DEIAS (Aix Marseille Université, France)
Dr Christian MANGA (Université de Yaoundé 1, Cameroun)
Dr Achille ALIMA (Université de Yaoundé 1, Cameroun)
Dr Alain Blaise MBELLA NTOUBA (Université de Yaoundé 1, Cameroun)
Dr Lénée Bertèle ABOMO (Université de Yaoundé 1, Cameroun)
Dr Audrey DE CEGLIE (Université de Montpellier, France)
Dr Brahim AZAOUI (Université de Montpellier, France)
Dr Camille ROELENS (Université de St Etienne, France)
Dr Caroline VINCENT (Université Aix Marseille, France)
Dr Catherine NGO BIUMLA (Université de Yaoundé 1, Cameroun)
Dr Frédéric TORTERAT (Université de Montpellier, France)
Dr Lucie ALIDIERES (Université de Montpellier 3, France)
Dr Pierre Crépin MBIDA BIKANA (Université d’Ebolowa, Cameroun)