À partir d’un souvenir de lecture d’enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l’étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu’à devenir l’un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable.
La question « Faut-il réécrire les classiques ? » apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives.
De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l’autrice montre qu’un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s’affranchir de son original.
Face à des polémiques souvent caricaturales opposant « cancel culture » et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l’enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l’indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n’est pas synonyme d’annulation, bien au contraire, puisqu’elle prolonge le plus souvent la vie des œuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire.
Lire sur Fabula l'Avant-Propos de l'ouvrage…
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Tiphaine Samoyault : "Toute culture est à sa manière, une cancel culture" | France Culture ("Le Point Culture", par Marie Sorbier).
T. Samoyault dialogue avec Marie Richeux dans l’émission Le Book Club du lundi 30 mars…
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On peut lire sur en-attendant-nadeau.fr un article sur cet ouvrage :
"Réécritures et relectures", par Florence Naugrette (en ligne le 26 mars 2026)
Toutes sortes de Misérables de Tiphaine Samoyault ne traite pas des innombrables réécritures et adaptations du chef d’œuvre de Victor Hugo. Parce qu’il a tant contribué à lui donner l’amour de la littérature, ce roman, découvert dans une version pour enfants, est le point de départ de sa réflexion, et resurgit par moments, tel un fil rouge. Quant au titre de l’ouvrage, il s’explique par la très belle dernière phrase de l’essai, qui oriente rétrospectivement la démonstration vers les pouvoirs contestataires de la littérature.