Au cours des dernières années, le street art a pris place au carrefour des démarches artistiques et des jugements esthétiques. On lui a consacré des études où son histoire et sa généalogie sont retracées ; au fil des pages, on a illustré ses chefs-d’œuvre à grands coups de photographies, pas toujours révélatrices de l’environnement des murs. On s’est moins interrogé sur l’impact de la pratique pariétale sur le promeneur ou le flâneur qui, en quelque sorte, est son public premier. C’est à ce regard particulier que s'attache Bertrand Westphal dans Street Art. Paysage mental Récit mural (Minuit). L’auteur y explore la production des graffeurs et des graffeuses, des plus connus (Rammellzee, Miss.Tic, Gérard Zlotykamien, Kouka, M. Chat...) aux anonymes, mais sollicite aussi le cinéma et le documentaire qui côtoient l’art pariétal (Wild Style, Agnès Varda, Chris Marker, Carlos Saura, Eric Rohmer, etc.), la littérature et ses illustrations plastiques (Georges Perec, Miguel Hernández, Julio Cortázar...), ainsi que les arts picturaux et autres installations (Daniel Spoerri...). Fabula vous invite à feuilleter l'ouvrage…
(Illustr. : dessin réalisé par Miss Tic au pochoir sur les murs de Paris en 2006)