Le street art suscite de vives réactions. Tantôt il est porté aux nues, tantôt il est voué aux gémonies. Sa nature hétérogène a beau dérouter, des expositions le célèbrent et, devant l’institution, le légitiment, mais, dans la rue, quel effet produit-il sur le promeneur, le flâneur, son public premier ? Ce regard-là importe, c’est le tien.
Un paysage s’esquisse. Peu à peu surgit un récit fait de textes et d’images. Il se nourrit des œuvres de graffeurs et de graffeuses, des plus connus aux anonymes. Il sollicite le cinéma et le documentaire, la littérature et les arts plastiques ; il s’inscrit dans une histoire du hip-hop. Cinq décennies défilent, maints espaces aussi. La démarche est intime mais ambitieuse. Jubilatoire, elle rend hommage à l’art de la rue, à l’âme des villes.
Un tel parcours associe les images et les textes. L’auteur y explore certes la production des graffeurs et des graffeuses, dont près de deux cents, des plus connus (Rammellzee, Miss.Tic, Gérard Zlotyka- mien, Kouka, M. Chat...) aux anonymes, sont mentionnés, mais il y sollicite aussi le cinéma et le documentaire qui côtoient l’art pariétal (Wild Style, Agnès Varda, Chris Marker, Carlos Saura, Eric Rohmer, etc.) la littérature et ses illustrations plastiques (Georges Perec, Mi- guel Hernández, Julio Cortázar...) et les arts picturaux et autres instal- lations (Daniel Spoerri...).
En définitive, ce sont cinq décennies et de nombreux pays et villes qui sont ici passés au crible jubilatoire du street art.