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Oratures/Créatures. Fictions animales et performances décoloniales (Maison Heinrich Heine, Paris)

Oratures/Créatures. Fictions animales et performances décoloniales (Maison Heinrich Heine, Paris)

Publié le par Marc Escola (Source : Christine Roger)

Oratures/Créatures : Fictions animales et performances décoloniales.

Colloque performatif international

Paris, Maison Heinrich Heine, Cité internationale universitaire – 24 et 25 septembre 2026.

1. Présentation 

Aux XIXe et XXe siècles, des missionnaires, administrateurs coloniaux, médecins, explorateurs, officiers et ethnologues européens ont recueilli de nombreux récits issus de traditions orales qui ont été intégrés aux systèmes littéraires occidentaux. Ces récits ont pris diverses formes : littérature dite « exotique » à visée commerciale, matériau expérimental dans les avant-gardes artistiques du début du XXe siècle ou encore source de production du savoir anthropologique. Souvent considérées comme les témoins d’un patrimoine culturel immatériel menacé de disparition et qu’il conviendrait de « sauver », ces formes d’expression orale ou oratures (Pio Zimiru[1]; Ngũgĩ wa Thiong’o, 1986) ont également été adaptées pour un lectorat élargi. Elles furent publiées dans des revues ou sous des formats éditoriaux populaires, tels que des recueils de mythes, de contes, de proverbes, de fables ou de chansons, où leur ancrage culturel et historique se trouva fréquemment atténué, voire gommé. Certains de ces textes continuent de circuler aujourd’hui. 

Dans le cadre de ces transferts, ce n’est pas seulement une supposée « forme originelle » des récits qui a été altérée, mais surtout les contextes sociaux, performatifs et matériels dans lesquels ils existaient en tant que formes dynamiques et hybrides qui ont été perdus. Les oratures n’ont jamais constitué des traditions isolées. Elles ont toujours fait partie intégrante des pratiques sociales et rituelles. 

Des recherches anthropologiques dans la lignée de Franz Boas, Edward Sapir et d’autres, ont montré que leur ancrage social se traduisait par leur fonction de vecteurs de production collective de sens, que ce soit dans la transmission de normes morales, l’accompagnement de rites initiatiques, la régulation de conflits ou la préservation de la mémoire communautaire (voir Finnegan, 1970 ; Baumann, 1977 ; Goody, 1987 ; Bensa et Rivierre, 1994 ; Hymes, 1996). Cet enracinement dans la pratique vivante s’exprimait à travers la répétition et la variation des récits selon les locutrices et les locuteurs, leur adaptation au public et aux circonstances de l’énonciation, ainsi que leur imbrication avec d’autres formes expressives, telles que le chant et la danse. Les oratures s’alimentent ainsi de multiples sources et circulations. Issues d’échanges entre communautés, elles ont été sans cesse façonnées par les rencontres, les traductions et les adaptations (Goody, 2000). Dès l’origine, elles se présentent comme des textes en mouvement, traversés par une polyphonie culturelle et les dynamiques propres aux zones de contact.

L’extraction des oratures n’a pas seulement affaibli leur dimension performative, elle les a également coupées des espaces sociaux dans lesquels elles prenaient sens. Le réseau d’acteurs impliqués dans ces processus, conteurs et conteuses locaux, collectionneurs, traducteurs, éditeurs européens, est, quant à lui, resté largement invisible, entretenant l’illusion d’une « voix » authentique, immédiate et non médiatisée, émanant directement des textes publiés.

Or, la transcription et la traduction de cette « voix » n’ont jamais été des actes neutres de transmission. Elles relèvent de pratiques d’appropriation, de déplacement et d’altération sémantique, autant que de processus dans lesquels la différence n’était pas seulement médiée, mais souvent nivelée ou même effacée (Samoyault, 2020 ; Diagne, 2022). La reconstitution de ces médiations et transformations permet ainsi de questionner les conceptions eurocentriques de l’auctorialité, de l’originalité, de l’authenticité et de la formation des canons littéraires (Clifford, 1983). Dans le même temps, il importe de reconnaître la complexité de ces dynamiques. Toute traduction n’a pas nécessairement perpétué les formes de violence épistémique associées au recodage colonial. Une attention fine aux modalités de transmission, en particulier aux paratextes des éditions, peut faire apparaître des glissements de sens porteurs d’ambivalences, voire de renversements de perspective (Bacchilega, 2013). 

Au centre d’Oratures/Créatures se trouve l’animal, qui, dans de nombreuses traditions orales, n’apparaît pas uniquement comme motif narratif, mais comme porteur de connaissances sur le monde, de pratiques environnementales et de valeurs culturelles. Dans ces traditions, les animaux ne sont pas de simples figures passives mises au service des récits humains, mais des sujets agissants dans un réseau relationnel du vivant. Dépositaires d’un savoir symbolique complexe, ils véhiculent des conceptions alternatives des relations entre humains et animaux (Derrida, 2006), des ordres moraux et des équilibres ontologiques qui contrastent souvent fortement avec les concepts occidentaux anthropocentrés de la nature (Escobar, 2018).

La transcription de ces récits animaliers dans des contextes coloniaux a non seulement entraîné une altération sémantique et culturelle de leurs univers de sens, mais elle a également contribué à la dévalorisation, voire à l’effacement des systèmes de savoirs écologiques autochtones (Naithani, 2024). Cette entreprise de collecte s’est déroulée à une époque marquée par l’exploitation massive du vivant : les animaux y étaient des trophées de chasse, des spécimens capturés pour enrichir les collections zoologiques, tandis que leurs milieux étaient transformés dans le cadre d’une économie extractiviste des ressources naturelles. Les transcriptions coloniales des oratures animalières ne sauraient dès lors être dissociées des violences systémiques exercées à l’encontre des animaux et des écosystèmes. Elles reflètent et occultent simultanément un contexte historique dans lequel la coexistence humain-animal a été profondément déstabilisée et a pris une nouvelle forme dans l’imaginaire colonial des « paradis verts » (Blanc, 2024). Il va des zoos, cirques, foires, imagiers, jouets et objets publicitaires du tournant du XXe siècle aux safaris et reportages animaliers anthropomorphisants d’aujourd’hui, en passant par le grand bestiaire globalisé de Disney.

Les oratures animalières ont ainsi été intégrées à des systèmes narratifs qui, d’une part, alimentaient la fascination pour « l’exotisme », et, de l’autre, perpétuaient les hiérarchies coloniales, les logiques de domination et les conceptions occidentales de la relation entre l’humain et l’animal. Par conséquent, elles ne sauraient être réduites à de simples documents ethnographiques ou à des artefacts littéraires. Elles doivent aussi être appréhendées comme les témoins de cosmologies (Diagne, 2024) que les pratiques impériales d’appropriation et d’extraction ont reléguées aux marges des systèmes de savoir institués. Leur étude ne soulève donc pas seulement des enjeux d’ordre littéraire et culturel, mais ouvre aussi des perspectives épistémologiques et écologiques. Elle invite à repenser les articulations entre savoir, pouvoir et imaginaire et à faire entendre autrement les voix portées par ces récits.

Oratures/Créatures s’inscrit méthodologiquement dans le sillage des travaux de Cristina Bacchilega (Bacchilega, 2007 et 2013) et de Sadhana Naithani (Naithani, 2010 et 2024) et s’appuie sur les avancées récentes menés en recherche de provenance appliquée à la philologie, telle que formulées par Irene Albers et Andreas Schmid à partir de l’étude de contes originaires du continent africain (Albers et Schmid, 2023). Cette approche vise à restituer l’ancrage matériel, discursif et idéologique des oratures, en reconstituant les conditions concrètes de leur collecte, de leur traduction, de leur mise en forme et de leur diffusion dans des contextes coloniaux et postcoloniaux. Croisant l’histoire des médias, les études littéraires, l’anthropologie sociale et les théories post- et décoloniales, la recherche de provenance appliquée à la philologie permet de dépasser les lectures strictement génériques ou thématiques. Elle interroge les dispositifs de médiation – collecte, captation sonore, transcription, traduction, réécriture, annotation, illustration, édition – par lesquels les récits ont été transformés, re-sémantisés et instrumentalisés (Wittenberg, 2012). Elle est ici enrichie par les apports de la théorie postcoloniale de la traduction (Diagne, 2022), attentive aux asymétries de pouvoir qui traversent les processus de transposition linguistique et symbolique, ainsi que par les Literary Animal Studies (Ritvo, 2007 ; Haraway, 2008 ; Borgards, 2017), qui proposent de reconsidérer les figures animales comme lieux de construction ou de subversion des hiérarchies spécifiques à l’espèce, raciales et coloniales. Oratures/Créatures souhaite ainsi contribuer aux débats actuels sur les formes possibles de restitution dans la littérature et, en explorant d’autres modes de circulation, d’appropriation et de renaissance artistique des récits liés aux animaux, aiguiser le regard sur d’autres formes de savoir. 

Oratures/Créatures a pour ambition d’accorder un même poids à ses volets scientifique et artistique qui dialoguent pour interroger les oratures et les réinscrire dans l’espace public grâce à des contributions scientifiques, des mises en voix et des lectures performées. La rencontre à la Maison Heinrich Heine à Paris prend ainsi la forme d’un colloque performatif placé sous une double direction, scientifique et artistique.

Nous invitons les chercheuses et chercheurs, les conteuses et conteurs, les artistes et le public à explorer ensemble, de manière interdisciplinaire et créative, les liens entre les oratures animalières et les épistémologies écologiques. L’objectif d’Oratures/Créatures est d’ouvrir un espace collectif de réflexion et de création propice à l’exploration des voies possibles d’une restitution symbolique, épistémologique et créative de l’autorité interprétative. 

2. Axes thématiques

Mise par écrit et appropriation en contexte colonial : Dans quelles conditions ces récits animaliers, issus de traditions orales en territoires colonisés, ont-ils été collectés, traduits et publiés ? Que sait-on des informatrices et informateurs, de leur ancrage culturel et de leur participation à la production des transcriptions ? Comment ces questions peuvent-elles être appréhendées non seulement de manière théorique, mais aussi dans une perspective performative ? Transformations médiatiques et didactiques : Quelles altérations ont été opérées à travers les pratiques éditoriales (sélections, réécritures, paratextes, illustrations) et à quelles finalités pédagogiques ou idéologiques répondaient-elles ? Circulations culturelles et économiques : Comment ces récits ont-ils été mobilisés dans les dispositifs de savoir coloniaux ? De quelle manière ont-ils été valorisés dans des publications populaires ou savantes, de la période coloniale à nos jours ? Cosmologies du vivant et écopoétique décoloniale : En quoi les récits animaliers issus de traditions orales portent-ils une vision située du vivant, différente de l’anthropocentrisme occidental ? Comment ces formes d’expression ont-elles été reconfigurées dans un cadre colonial fondé sur l’extraction, la hiérarchisation des espèces et la négation des épistémologies autochtones ? Comment peuvent-elles être réactivées aujourd’hui dans une perspective créative et ouvrir d’autres voies d’accès à ces cosmologies ? Provenance et restitution : Comment rendre visibles les contextes de collecte, de traduction et de circulation de ces textes ? Quelles formes de partage, de reconnaissance ou de restitution de l’autorité interprétative pourraient être envisagées et mises en œuvre ? Comment cet enjeu pourrait-il être appréhendé et rendu perceptible au moyen de coopérations artistiques et scientifiques ?

3. Formats d’intervention

Nous invitons les chercheuses et les chercheurs, artistes, interprètes, conteuses et conteurs à partager leurs perspectives sous des formes variées. Au-delà des communications scientifiques classiques, les propositions artistiques, performatives ou hybrides sont particulièrement encouragées :

  • Contributions scientifiques : communications en littérature, anthropologie, linguistique, histoire de l’art, Animal Studies, écopoésie et écocritique, études postcoloniales/décoloniales.
  • Contributions artistiques : lectures performées, interventions musicales, installations visuelles ou sonores.
  • Formats hybrides : projets associant sciences et arts, expérimentations multimédias (film, vidéo, créations numériques), performances dans l’espace public et formes transdisciplinaires innovantes.

L’objectif est de faire émerger un espace collectif de réflexion et d’expérience, où les savoirs se partagent et se renégocient non seulement sur le plan théorique, mais aussi par le biais du langage, du corps et de la voix.

4. Modalités de soumission des propositions

Proposition : 350 mots maximum. Joindre un lien pour les contributions artistiques.

Notice bio-bibliographique : 200 mots maximum.

Langues de travail : allemand et français

Date limite de soumission : 23 mars 2026

Notification des propositions retenues : 13 avril 2026

5. Comité d’organisation 

Ilhem Belarbi (direction artistique, doctorante, université de Paris-8 / PH Karlsruhe) – mail@ilhembelarbi.com

Anne Friederike Müller-Delouis (MCF, université d’Orléans) –  anne.delouis@univ-orleans.fr 

Michael Penzold (MCF, Ludwig-Maximilians-Universität, Munich) – Michael.Penzold@germanistik.uni-muenchen.de 

Christine Roger (MCF, université de Picardie Jules Verne) – christine.roger@u-picardie.fr 

6. Date et lieu

Les 24 et 25 septembre 2026, Maison Heinrich Heine – Fondation de l’Allemagne (Cité internationale universitaire), Paris : https://www.maison-heinrich-heine.org/  

7. Contact

oratur-kreatur@proton.me

8. Bibliographie indicative

Albers, Irene et Andreas Schmid. « Literatur als koloniale Beute ? Für eine philologische Provenienzforschung. » Deutsche Vierteljahrsschrift für Literaturwissenschaft und Geistesgeschichte, vol. 97, 2023, p. 1003–1018.

Albers, Irene et Eléonore Devevey, éd. « Paroles spoliées. Itinéraires de la littérature orale. Plundered Words. Trajectories of Oral Literature. » Gradhiva, n°38, 2024.

Bacchilega, Cristina. Legendary Hawai’i and the Politics of Place : Tradition, Translation, and Tourism. Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 2007.

—. Fairy Tales Transformed ? Twenty-First-Century Adaptations and the Politics of Wonder. Detroit, Wayne State University Press, 2013.

Baumann, Richard. Verbal Art as Performance. Prospect Heights, Waveland, 1977.

Bensa, Alban et Jean-Claude Rivierre. Les filles du Rocher Até. Contes et récits paicî. Paris, Geuthner-ADCK, 1994.

Blanc, Guillaume. La nature des hommes. Une mission écologique pour « sauver » l’Afrique. Paris, La Découverte, 2024.

Boas, Franz, Handbook of American Indian Languages, t. 1. Washington, Government Printing Office, 1911.

Borgards, Roland. « Märchentiere. Ein ‘animal reading’ der Kinder- und Hausmärchen der Brüder Grimm », dans Harlinda Lox et Sabine Lutkat, éd. Macht und Ohnmacht. Erfahrungen im Märchen und im Leben. Forschungsbeiträge aus der Welt der Märchen. Krummwisch, Königsfurt-Urania, 2017, p. 49–71.

Buekens, Sara. Écologies littéraires africaines. L’imaginaire de l’environnement dans la littérature francophone postcoloniale. Leiden, Boston, Brill, 2025.

Buell, Laurence. The Future of Environmental Criticism. Environmental Crisis and Literary Imagination. Malden, Blackwell, 2005.

Clifford, James. « On Ethnographic Authority ». Representations, n°2, 1983, p. 118–46.

Debaene, Vincent, La Source et le Signe. Anthropologie, littérature et parole indigène. Paris, Seuil, 2025.

Derive, Jean. Collecte et traduction des littératures orales. Un exemple négro-africain : les contes ngbaka-ma' bo de RCA. Paris, Société d’Études linguistiques et anthropologiques de France, 1975.

Derrida, Jacques. L’Animal que donc je suis. Paris, Galilée, 2006.

Descola, Philippe. Par-delà nature et culture. Paris, Gallimard, 2005.

Diagne, Souleymane Bachir. De langue à langue. L’hospitalité de la traduction. Paris, Albin Michel, 2022.

Escobar, Arturo. Designs for the Pluriverse : Radical Interdependence, Autonomy, and the Making of Worlds. Durham, Duke University Press, 2018.

Ferdinand, Malcolm. Une écologie décoloniale. Penser l'écologie depuis le monde caribéen. Paris, Seuil, 2019.

Finnegan, Ruth. Oral Literature in Africa. Oxford, Oxford University Press, 1970.

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